LOGINMais Lucas continua de frapper, si fort qu’Éléna finit par craindre qu’il ne réveille Noah, qui dormait paisiblement dans sa chambre. Elle déverrouilla finalement la porte, avec l’intention de lui demander de s’éloigner avant que toute la maison ne soit réveillée, mais elle n’eut même pas le temps de prononcer un mot que Lucas poussa brusquement le battant et entra, manquant de la faire reculer. — Lucas ! s’exclama-t-elle en refermant aussitôt la porte derrière lui. Mais qu’est-ce qui vous prend ? Il se retourna vers elle, les yeux rougis, les cheveux en désordre et les mouvements maladroits, tandis qu’une forte odeur d’alcool se dégageait de ses vêtements. Éléna comprit immédiatement qu’il était ivre. — Vous avez bu ? — Ça ne te regarde pas. — Vous êtes complètement soûl ! Elle jeta un regard inquiet vers le couloir menant à la chambre de Noah, puis revint vers lui en serrant les pans de son peignoir. — Sortez d’ici, Lucas. Mon fils dort et je ne veux pas que vous l
Lucas n’était pas rentré chez lui après avoir quitté l’appartement d’Éléna, car malgré les kilomètres qu’il avait parcourus depuis qu’il s’était éloigné de cette porte devant laquelle il avait espéré obtenir quelques réponses, son esprit refusait de se détacher du visage froid de son ancienne épouse, de la manière dont elle lui avait demandé de partir sans même chercher à retenir son attention, et surtout de cette présence devenue presque insupportable à ses yeux, celle de John, qui semblait désormais occuper une place auprès d’elle qu’il aurait autrefois tout donné pour conserver Il avait pourtant essayé de se convaincre qu’il n’avait aucune raison de souffrir, puisqu’il avait lui-même choisi de quitter Éléna, de divorcer et de construire une nouvelle famille avec Claire, mais cette logique, qui lui avait paru si évidente quelques années auparavant, ne suffisait plus à calmer les regrets qui s’accumulaient dans sa poitrine depuis qu’il avait découvert l’existence de Noah. Ce peti
Éléna avait passé toute la journée à faire semblant que rien ne s’était produit, accueillant les parents avec son sourire habituel, répondant aux questions de ses collègues et s’occupant des enfants avec la même patience qu’à l’ordinaire, alors qu’au fond d’elle, les paroles de Madame Beaumont continuaient de résonner comme une humiliation dont elle ne parvenait pas à se débarrasser. Elle avait pourtant essayé de ne pas y penser, se répétant que cette femme ne connaissait ni ses sacrifices ni les efforts qu’elle avait fournis pour se reconstruire après son divorce, mais chaque fois qu’elle croisait le regard d’un collègue qui avait assisté à la scène, elle ressentait une nouvelle pointe de honte, même si elle savait parfaitement qu’elle n’avait rien fait pour mériter ce traitement. En fin de journée, elle récupéra Noah à l’école, l’écouta lui raconter ce qu’il avait appris en classe et répondit à ses nombreuses questions, s’efforçant de ne rien laisser paraître devant son fils, car
Claire avait finalement réussi à retourner la situation à son avantage. Après la dispute d’hier soir avec Lucas , elle s’était présentée chez sa belle-mère avec les yeux rougis, la voix tremblante et cette expression de femme épuisée qu’elle maîtrisait désormais à la perfection, racontant une version soigneusement arrangée des événements, suffisamment douloureuse pour inspirer la compassion, mais suffisamment floue pour éviter toute question embarrassante. Madame Beaumont, mère de Lucas, l’avait écoutée en silence. Claire lui avait parlé d’Éléna, de son retour dans la vie de Lucas, de leurs rencontres, des regards qu’elle avait surpris, de cette impression insupportable que son mari lui échappait peu à peu, jusqu’à finir par laisser entendre qu’Éléna cherchait volontairement à détruire sa famille. — Je ne sais plus quoi faire, avait-elle murmuré. J’ai l’impression qu’elle veut récupérer Lucas. Madame Beaumont avait soupiré, profondément troublée. Elle n’aimait pas voir son fils m
Lorsque Claire rentra à la maison, la colère qu’elle ressentait encore après sa confrontation avec Éléna ne s’était pas dissipée, bien au contraire, car plus elle repensait aux paroles de son ancienne sœur, plus elle avait l’impression que cette dernière avait retrouvé une assurance qu’elle n’avait pas auparavant, une assurance qui inquiétait profondément Claire parce qu’elle signifiait qu’Éléna n’était plus cette femme blessée et silencieuse qu’elle pouvait facilement intimider. Elle ouvrit la porte d’entrée et pénétra dans la maison, À peine eut-elle fait quelques pas qu’elle aperçut Lucas dans le salon. Il était debout, les bras croisés, le visage fermé. Claire s’arrêta. — Tu es encore réveillé ? Lucas ne répondit pas immédiatement. Il la regarda simplement. — Où étais-tu ? Claire haussa légèrement les sourcils. — Dehors. — Je sais que tu étais dehors. — Alors pourquoi tu me poses la question ? Lucas serra les mâchoires. — Pourquoi es-tu allée chez Éléna ? Le visage d
Quelques minutes plus tard, Claire quitta la chambre sans ajouter un mot, enfila rapidement une veste et descendit les escaliers avec cette colère froide qui lui brûlait la poitrine, tandis que Lucas, allongé sur le lit, la regardait faire sans chercher à l’arrêter, trop préoccupé par les paroles d’Éléna, par celles de sa grand-mère et surtout par les nombreuses incohérences qui commençaient à s’accumuler devant lui. Il entendit la porte d’entrée claquer. Claire était partie,Il ne la suivit pas, Il resta simplement allongé, les yeux fixés au plafond, essayant de comprendre à quel moment sa vie était devenue aussi compliquée. Pendant ce temps, Éléna essayait de dormir. La maison était plongée dans le calme, Noah ayant déjà rejoint sa chambre après avoir souhaité bonne nuit à sa mère, et Éléna, épuisée par les événements des derniers jours, venait à peine de s’allonger lorsqu’un bruit sourd résonna contre la porte d’entrée. Elle fronça les sourcils, Un deuxième coup retentit.Puis







