LOGINAri et le Chevalier de l'Ombre Ari a passé toute sa vie à voler de la nourriture pour survivre dans les bidonvilles. Puis la Garde Royale l'emmène au palais et révèle la vérité. Elle est la dernière héritière vivante du trône. Maintenant, le palais est devenu l'endroit le plus dangereux qu'elle ait jamais connu. Chaque repas pourrait être empoisonné. Chaque sourire pourrait cacher un mensonge. Chaque jour apporte une nouvelle tentative sur sa vie. La seule personne sur qui elle peut compter est Cassian, le redouté Chevalier de l'Ombre du royaume. Il est froid, discipliné, et lié par un serment pour protéger la lignée royale. Il a été élevé pour combattre, pas pour s'attacher, mais plus il passe de temps avec Ari, plus il devient difficile d'ignorer ce qui grandit entre eux. Pour revendiquer le trône, Ari doit survivre aux meurtres, aux trahisons, et aux gens qui feront n'importe quoi pour garder le pouvoir. Parce que dans ce palais, les ennemis les plus dangereux ne se cachent pas dans l'ombre. Ils sont assis sur le trône.
View MoreLa Saleté Sous Mes Ongles
La botte s'écrasa dans mes omoplates et chassa l'air de mes poumons.
La boue inonda ma bouche. Elle avait le goût de rouille et de pourriture.
Je crachai la boue grise sur les pavés tandis que ma joue raclait le bord d'un caniveau en pierre. Mes doigts grattèrent les fissures entre les pavés mouillés, cherchant quelque chose que je pourrais utiliser pour me relever. J'ai failli retrouver l'équilibre avant qu'un lourd talon ne s'abatte sur ma main droite.
La douleur traversa mes doigts tandis que les os s'écrasaient l'un contre l'autre sous la botte du garde. Je serrai les dents assez fort pour m'empêcher de crier, mais un sifflement aigu s'échappa quand même.
"Maintenez-la au sol," grogna l'un des gardes. "La petite vermine a failli me crever l'œil avec ce couteau."
Mon couteau gisait à quelques mètres dans une flaque de boue. Il n'avait rien d'impressionnant, juste un morceau de fer de récupération émoussé que j'avais passé des heures à aiguiser sur une pierre de rivière, mais il était à moi. J'étais presque arrivée aux quais. Encore une minute et je me serais glissée entre les péniches de charbon et j'aurais disparu dans la brume de la rivière.
Au lieu de ça, trois gardes royaux m'avaient piégée derrière les étals de poisson salé après avoir renversé des caisses de harengs pourris pour bloquer l'allée.
Personne ne bougea.
Le vieux Corin baissa tranquillement la toile de son étal sans me regarder. Autour de lui, les autres marchands trouvèrent autre chose à regarder. Personne dans le Quartier Bas n'était assez stupide pour s'interposer avec des gardes royaux à moins de vouloir une place dans la prochaine charrette de prisonniers.
"C'est elle ?" demanda un autre garde.
Quelqu'un attrapa une poignée de mes cheveux mouillés et tira ma tête en arrière.
La pluie piqua mes yeux tandis que je levais les yeux.
L'homme qui se tenait au-dessus de moi n'était pas habillé comme les autres. Une armure d'argent polie brillait sous une cape sombre qui restait étrangement sèche malgré l'averse. Un parchemin froissé reposait dans une de ses mains. Il étudia le croquis au charbon avant de lever les yeux vers mon visage.
Je refusai de détourner le regard.
Le sang coulait de mon nez et se mélangeait à la pluie qui ruisselait sur mon menton.
"Cheveux noirs," lut-il doucement. "Yeux gris."
Il tira sur le col de ma tunique.
L'air froid toucha la vieille cicatrice près de ma gorge avant que ses doigts ne le fassent. Son regard se posa sur la marque dentelée en forme d'étoile.
"La marque est là," dit-il. "C'est elle."
"Je n'ai pas volé le poisson salé," dis-je à travers mes dents serrées. "Il était déjà pourri. Corin allait le jeter."
Le capitaine n'accorda même pas un mot à mes paroles.
Il roula le parchemin, le glissa dans sa cape, et regarda les gardes.
"Attachez-la. Si elle arrive à défaire la corde, je déduirai le coût de son transport de vos salaires."
"Oui, Capitaine."
Ils me tirèrent sur mes pieds.
Au lieu de menottes en fer, ils enroulèrent une corde épaisse de chanvre autour de mes poignets jusqu'à ce que les fibres rugueuses mordent ma peau. Chaque tirage resserrait les nœuds et envoyait une nouvelle douleur fulgurante dans mes épaules.
Je cherchai une issue dans le marché.
Il n'y en avait pas.
Mon couteau avait disparu.
Les rues étaient bloquées.
Tous ceux qui auraient pu m'aider avaient déjà décidé de ne pas me voir.
Le capitaine se retourna et s'éloigna.
"Avance."
La poussée arriva avant que je ne puisse réagir.
Je trébuchai à leur suite sous la pluie.
Le Quartier Bas s'étendait autour de nous exactement comme toujours. Des immeubles délabrés se penchaient au-dessus des rues étroites. Des enfants affamés regardaient depuis des fenêtres brisées. La fumée de charbon était si épaisse dans l'air que chaque respiration avait un goût amer.
Devant nous, les grilles de fer séparant le Quartier Bas du Quartier Moyen étaient ouvertes.
La plupart des gens ne franchissaient jamais ces grilles. Les gardes postés le long des murs ne posèrent aucune question. Un signe de tête du capitaine suffisait.
La ville changea au moment où je passai.
La boue disparut sous le granit poli. L'odeur de charbon laissa place à l'odeur du pain frais et de la fumée de bois. Les vitrines brillaient derrière des vitres impeccables, et des gens bien habillés se hâtaient sous de fins parapluies.
Ils me regardèrent.
Leurs yeux s'attardèrent sur mes vêtements déchirés, la boue incrustée sur mes bottes, et les cordes autour de mes poignets avant de se détourner.
Nous passâmes devant le palais de justice sans ralentir.
Un nœud se serra dans mon estomac.
S'ils ne m'emmenaient pas au tribunal, où m'emmenaient-ils ?
Les rues montaient vers les falaises blanches du Quartier Haut, où une calèche noire se tenait à côté du Grand Ascenseur.
Même sous la pluie elle brillait.
Un blason doré ornait la porte. Un rapace à trois têtes serrait une épée brisée dans ses serres.
Je connaissais ce blason.
La Maison Royale de Lowen.
Mes pieds s'arrêtèrent avant que je ne puisse me raisonner.
"Je ne monte pas là-dedans."
Le garde derrière moi rit.
"Tu n'as pas le choix."
Sa poussée faillit m'envoyer face contre terre dans la calèche.
Le capitaine ouvrit la porte sans un mot et s'écarta.
Du velours bleu couvrait les sièges. Un tapis épais tapissait le sol sans la moindre trace de saleté.
"Je vais l'abîmer," murmurai-je. "La boue ne part pas du velours."
"Alors assieds-toi par terre."
Avant que je ne réponde, des mains rudes attrapèrent mon épaule et me jetèrent à l'intérieur. Je heurtai le plancher de bois durement.
La porte de la calèche claqua derrière moi avec un lourd déclic métallique.
La seule fenêtre était couverte d'une épaisse grille de fer.
Je me relevai et regardai à travers les barreaux étroits tandis que le Grand Ascenseur tremblait sous nous. D'énormes engrenages gémirent sous la plateforme avant que la calèche ne commence à monter.
Je regardai les toits du Quartier Bas disparaître sous la pluie. Les rues où j'avais passé toute ma vie devinrent plus petites jusqu'à devenir un patchwork de pierre grise et de fumée dérivante.
Je n'étais jamais montée aussi haut.
Le bois sentait le cèdre et la cire d'abeille, mais une autre odeur persistait sous les deux.
Du vieux sang.
Il n'était pas frais. L'odeur s'était imprégnée dans le bois il y a des années et n'était jamais partie.
Je rejouai la matinée, cherchant quelque chose que j'avais manqué.
Je n'avais rien volé qui vaille de mourir pour ça. Je n'avais attaqué aucun noble.
Puis les gardes royaux étaient apparus.
Pas le guet de la ville.
Des gardes royaux.
Ils ne m'avaient accusée d'aucun crime.
Ils étaient venus pour une seule chose.
La cicatrice.
Ma main glissa vers la marque dentelée près de ma gorge avant que les cordes ne m'arrêtent.
Je l'avais depuis aussi loin que je me souvienne. Maintenant des inconnus me traquaient à cause d'elle.
Cela n'avait rien à voir avec du poisson volé.
Ils étaient venus pour moi.
Dehors, le Grand Ascenseur gémit une dernière fois avant de s'arrêter avec une lourde secousse.
Un instant plus tard la calèche se remit en mouvement.
Les roues ne claquaient plus sur le bois. Elles roulaient doucement sur la pierre.
Nous étions arrivés au Quartier Haut.
La calèche tourna à travers une paire de grilles de fer imposantes.
Au-delà se dressait le palais.
Des tours blanches disparaissaient dans la brume. Chaque mur semblait intact, sans fumée, suie ou saleté, comme si la ville en dessous n'avait jamais existé.
La calèche ralentit.
Puis elle s'arrêta.
Des pas résonnèrent dehors.
Le loquet cliqueta.
La lumière se déversa dans la calèche tandis que la porte s'ouvrait.
Le capitaine se tenait là, me regardant.
"Sors."
Je restai où j'étais.
Quelque chose n'allait pas.
Je savais comment ce royaume fonctionnait. Si quelqu'un du Quartier Bas volait un pain, on le battait, on l'amendait, ou on le pendait sur la place du marché pour que tout le monde voie.
Les gardes royaux ne perdaient pas leur temps avec des voleurs.
Ils n'envoyaient pas une calèche noire portant le blason de la Maison Lowen.
Ils n'amenaient pas des gens comme moi au
palais.
Ils ne t'amenaient ici que quand ils voulaient que tu disparaisses à un endroit où personne ne t'entendrait crier.
LA PROPOSITIONLes portes de la Chambre du Haut Conseil s’ouvrirent à notre entrée, et les voix à l’intérieur s’éteignirent l’une après l’autre. Lord Karo se tenait près de la table du conseil avec plusieurs commandants du Nord derrière lui. La baronne Alice se tenait près des hautes fenêtres, les bras croisés, tandis que les autres seigneurs observaient le duc Varn des différents côtés de la pièce. Varn se tenait au centre de la chambre, sans armure ni épée. Il avait l’air calme. Ça m’inquiéta plus que de le voir prêt pour le combat.Karo s’avança vers lui. « Tu as demandé cette réunion, Varn, alors parle. » Varn balaya la pièce du regard avant que ses yeux ne se posent sur moi. « Je veux que ce combat cesse avant que d’autres personnes ne meurent. » Alice fit un pas en avant. « Alors abdique de la régence. » Varn se tourna vers elle. « Tu crois que ma démission mettra fin au combat ? » « Tu es la raison pour laquelle nous battons pour le trône, » répliqua Ali
L’ODEUR DU FER ET DE LA GUERRETrois lourds coups de cor de guerre en fer résonnèrent depuis les remparts extérieurs et firent trembler la pierre sous nos bottes.« La corne du Nord, » souffla Cassian en écoutant. « Karo est aux portes. »Au-dessus de nous, le plafond gémit sous le poids des pas qui couraient. Les gardes du duc Varn se précipitaient pour défendre la cour inférieure et abandonnèrent l’aile de Clara. Le couloir resta imprégné de l’odeur de sueur froide et d’huile de lampe brûlée.Cassian ouvrit d’un coup violent le panneau caché derrière la garde-robe. Il attrapa mon poignet et me tira dans le couloir vide où des hallebardes abandonnées traînaient sur le sol poli.Au lieu de prendre l’étroit passage des serviteurs, il me conduisit vers le grand escalier qui montait jusqu’au corps de garde. Nous contourna l’arche de la salle d’entrée et tombâmes droit sur un groupe de nobles paniqués et de gardes armés.« Rangez vos armes, bande d’imbéciles ! » cria une voix tranchante a
LE CHOIX DE L’OMBRELes lourdes bottes devant la chambre de Clara finirent enfin par s’éloigner dans le couloir de pierre. Le silence à l’intérieur de la gaine du mur était si profond que je pouvais entendre le cœur de Cassian battre contre ma clavicule. Sa grande main restait posée sur ma bouche tandis que nous attendions que le dernier bruit des soldats de Drake disparaisse.Lentement, ses doigts glissèrent de mes lèvres jusqu’à ma mâchoire. Il ne s’éloigna pas.Le passage exigu derrière la garde-robe était à peine assez large pour deux personnes. Mon dos était plaqué contre le granit froid tandis que le corps de Cassian bloquait l’étroit passage. La poussière flottait dans l’obscurité tandis que de fines raies de lumière de torches filtraient à travers les fissures de la pierre.Je glissai la main dans la poche de ma tunique et sentis mes doigts tremblants se refermer sur le petit carnet que nous avions pris derrière la plinthe de Clara.« Il faut bouger, » murmura Cassian près d
L’AILE NORDLa lourde porte du passage secret fit taire le chaos rugissant de la Salle du Haut Conseil dans un sourd bruit sourd.Un air humide et glacial nous enveloppa tandis que je m’adossais au mur de granit rugueux et que je respirais profondément. Mon cœur battait contre mes côtes tandis que de pâles filets de lumière s’infiltraient à travers les fissures entre les pierres.À côté de moi, Cassian se tenait immobile dans la pénombre. Ses oreilles se dressaient vers le mur tandis qu’il écoutait les coups étouffés des hommes de Drake qui criaient de l’autre côté.« Ils ne briseront pas ce panneau rapidement, » chuchota Cassian. « C’est quatre pouces de chêne renforcé de fer. »Je baissai les yeux sur mes poignets en sang là où les menottes venaient à peine de me retenir.« Où mène ce tunnel ? »« Il traverse le mur extérieur de la forteresse. » Cassian tendit la main et m’assura en me tenant le coude. « Il relie les galeries inférieures aux quartiers résidentiels. »Une idée soudai






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