LOGIN6 mois, pour succomber Au cours d'une cérémonie,Laura croise le regard glacial de Lorenzo, l’homme le plus riche et le plus puissant d’Amérique. PDG d’un empire, froid, distant, il hait les femmes et abhorre le mariage. Pourtant, quand ses yeux se posent sur elle, un mystère s’empare de lui : l’amour, cette énigme qu’il croyait impossible. Il lui fait alors une proposition aussi claire qu’un contrat : devenir sa maîtresse pendant six mois, contre 5000 euros par mois. Leur relation ne doit reposer que sur le désir, rien de plus. Aucun sentiment, aucune attache. Mais très vite, l’interdit les rattrape. Lorenzo sent son masque de glace se fissurer, tandis que Laura lutte contre l’emprise qu’il exerce sur son cœur. Jalousies brûlantes, secrets explosifs, manipulations et trahisons s’enchaînent… Et quand leur contrat menace de voler en éclats, tous deux comprennent que leurs cœurs battent désormais au même rythme, dans une danse aussi dangereuse qu’irrésistible.
View MoreChapitre 1 — Le regard qui tue
Laura
Le champagne coule à flots dans la salle de bal de l'université. Je navigue entre les corps parfumés, mon plateau en équilibre précaire, le sourire vissé aux lèvres comme on m'a appris à le faire. Les riches philanthropes, les anciens élèves au portefeuille bien garni, les professeurs en quête de financement — ils sont tous là, à rire trop fort, à briller de mille feux sous les lustres en cristal. Et moi, je suis invisible. La boursière. La serveuse. Celle qui nettoiera les verres quand les lumières s'éteindront.
Je déteste cet endroit. Je déteste la façon dont leurs regards me traversent comme si je n'existais pas. Mais j'ai besoin de cet argent. Chaque pourboire me rapproche un peu plus du traitement de maman. Alors je souris. Je sers. Je me tais.
C'est à ce moment-là que je le sens.
Un regard. Pas un regard ordinaire — non, quelque chose de plus lourd, de plus intense. Une pression presque physique sur ma nuque. Je me retourne lentement, mon cœur battant soudain plus vite sans que je comprenne pourquoi.
Il est là.
Adossé à une colonne de marbre, un verre de whisky à la main, il me fixe. Ses yeux sont d'un gris si pâle qu'ils en paraissent presque transparents. Glace. Acier. Hiver. Aucune chaleur, aucune émotion. Juste une intensité qui me cloue sur place. Ses cheveux noirs sont impeccablement coiffés, sa mâchoire carrée semble taillée dans la pierre, et son costume — je ne connais rien aux marques, mais je sais qu'il coûte plus cher que mes études entières — épouse ses épaules larges comme une seconde peau.
Lorenzo Moretti.
Même moi, qui ne lis jamais les journaux économiques, je connais ce nom. Le PDG de Moretti Industries. L'homme le plus riche d'Amérique. Le fantôme que personne n'ose approcher. On raconte qu'il a bâti son empire sur les cendres de son passé, qu'il a écrasé tous ses concurrents sans pitié, qu'il n'a jamais souri en public. On raconte aussi qu'il déteste les femmes depuis la mort mystérieuse de sa fiancée.
Et il me regarde. Moi. Laura Castellano, la fille de rien, la serveuse au tablier taché.
Je devrais détourner les yeux. C'est ce que font les gens normaux face à un prédateur. Mais quelque chose en moi refuse de céder. Peut-être l'orgueil. Peut-être la bêtise. Je soutiens son regard sans ciller, le menton relevé, le plateau tremblant légèrement entre mes doigts.
Une seconde. Deux. Dix.
Le temps s'étire comme du caramel brûlant. Autour de nous, la fête continue, inconsciente de ce duel silencieux. Quelqu'un me bouscule — je sursaute, manque de renverser mes coupes — et quand je relève les yeux, il a disparu.
Je respire enfin. Mes jambes flageolent. Qu'est-ce qui m'a pris ? Pourquoi ai-je fait ça ?
Je ne sais pas encore que ce regard vient de sceller mon destin.
Lorenzo
Je n'aurais jamais dû venir à ce gala.
Les événements mondains me donnent la nausée. Tous ces hypocrites qui me lèchent les bottes en espérant un financement, une faveur, un regard. Tous ces regards avides qui ne voient en moi qu'un portefeuille sur pattes. Je les méprise tous, collectivement et individuellement.
Mais le doyen est un vieil ami de mon père. J'ai fait un don à cette université une somme ridicule, de l'argent de poche et il a insisté pour que je vienne. Alors je suis venu. Je bois mon whisky. Je compte les minutes.
C'est alors que je la vois.
Elle traverse la salle avec un plateau de coupes de champagne, et quelque chose en elle arrête mon regard. Ce n'est pas seulement sa beauté bien qu'elle soit belle, d'une beauté naturelle qui contraste avec les créatures siliconées qui peuplent habituellement ce genre de soirées. Ses cheveux bruns sont attachés en une queue-de-cheval négligée, quelques mèches folles encadrent son visage. Elle ne porte pas de maquillage, ou si peu. Son tablier est taché. Ses chaussures sont usées.
Mais c'est autre chose qui m'attire. Une flamme dans ses yeux. Une dignité silencieuse dans sa façon de se tenir droite malgré l'humilité de sa tâche. Elle n'est pas à sa place ici, et elle le sait, mais elle refuse de s'excuser d'exister.
Je la regarde servir un groupe de femmes couvertes de bijoux. L'une d'elles lui fait une remarque je n'entends pas les mots, mais je vois le mépris sur ses lèvres et la fille ne baisse pas la tête. Elle sourit, un sourire poli mais ferme, et continue son chemin.
Intéressant.
Puis elle se retourne. Nos regards se croisent.
Je m'attends à ce qu'elle détourne les yeux, comme tout le monde. Les gens me craignent c'est ainsi que je les veux, ainsi que je les contrôle. Mais elle ne baisse pas le regard. Ses yeux marron foncé plongent dans les miens avec une intensité qui me prend au dépourvu. Elle ne me regarde pas comme les autres. Il n'y a pas d'avidité dans ses yeux. Pas de peur non plus. Juste... de la défiance.
Qui est cette fille ?
Elle soutient mon regard pendant ce qui semble être une éternité. Je sens quelque chose bouger dans ma poitrine une sensation que je n'ai pas éprouvée depuis des années. Curiosité ? Intérêt ? Je ne sais plus. J'avais enterré tout ça avec Sofia.
Quelqu'un la bouscule. Le moment se brise. Elle détourne les yeux, et je m'éclipse avant qu'elle ne puisse me chercher du regard à nouveau.
Je traverse la salle, ignorant les mains tendues, les sourires obséquieux. Mon assistant Marcus me rejoint près de la sortie.
— Tout va bien, monsieur Moretti ?
Je ne réponds pas tout de suite. Je cherche encore son visage dans la foule.
— La serveuse, dis-je enfin. Les cheveux bruns. Le plateau de champagne.
Marcus suit mon regard, perplexe.
— Je veux tout savoir sur elle. Son nom. Son âge. Sa situation. Tout.
Il ne pose pas de questions. Il ne le fait jamais. C'est pour cela que je le paie.
— Bien, monsieur.
Je quitte la salle sans me retourner. Mais dans la voiture qui me ramène au penthouse, je revois ses yeux. Cette flamme. Cette défi.
Elle n'a pas baissé le regard.
Personne ne me résiste.
Personne.
Chapitre 42 — L'orage approcheLorenzoSamedi matin. Le jour J.Je me lève avant l'aube, incapable de dormir plus longtemps. Laura repose paisiblement à côté de moi, ses cheveux bruns étalés sur l'oreiller, son visage détendu. Elle a traversé tant d'épreuves. Elle en a triomphé. Aujourd'hui, elle triomphera encore.Je m'habille en silence, descends dans mon bureau. Marcus m'a laissé un dossier sur la table — le récapitulatif des preuves contre Isabella. Tout y est. Les relevés bancaires, les témoignages, les enregistrements. De quoi l'envoyer en prison pour plusieurs années.À sept heures, j'appelle le procureur que je connais depuis mes débuts dans les affaires. Un homme intègre, qui ne se laisse pas acheter.— Moretti ? Vous m'appelez bien tôt.— J'ai un dossier pour vous, Richard. Violation de la vie privée, diffamation, chantage, tentative d'intrusion dans un établissement médical. Des preuves solides. Une accusée qui ne pourra pas s'en sortir avec de l'argent.— Qui est l'accusée
Chapitre 41 — Le bonheur fragileLauraLe vendredi s'étire comme un élastique prêt à rompre. Chaque minute qui passe me rapproche de la soirée de charité, de la confrontation avec Isabella, de ce moment où tout va basculer. Mais pour l'instant, enfermée dans le penthouse avec Lorenzo, je fais semblant. Semblant d'être calme. Semblant d'être sereine. Semblant de ne pas savoir ce qui nous attend.Le mensonge me pèse comme une chape de plomb. La vidéo. Les caméras cachées. Le plan d'Isabella. Je devrais tout dire à Lorenzo. Il a le droit de savoir. Il a les moyens d'agir. Mais si je parle, Nathan sera démasqué. Sa famille sera en danger. Et Lorenzo, fou de rage, risquera de commettre l'irréparable. Je dois tenir. Jusqu'à demain soir. Jusqu'à ce que Nathan récupère la clé USB.— À quoi penses-tu ? demande Lorenzo en posant sa tasse de café sur la table.Nous sommes dans la cuisine. Maria est sortie faire des courses. Viktor vérifie les systèmes de sécurité à l'étage inférieur. Nous sommes
Chapitre 40 — La déclaration masquéeLauraVendredi matin. Le compte à rebours a commencé.Le penthouse est en effervescence. Des agents de sécurité vont et viennent. Des fleuristes livrent des compositions pour la soirée de charité. Marcus fait des allers-retours entre le bureau de Lorenzo et l'extérieur, des dossiers plein les bras. Maria prépare des plateaux de nourriture pour nourrir tout ce monde. Viktor coordonne les équipes, donne des ordres brefs dans son oreillette.Dans ce tourbillon, je me sens étrangement calme. Peut-être est-ce le calme qui précède la tempête. Peut-être est-ce la certitude que, quoi qu'il arrive, nous sommes prêts.En fin de matinée, Nathan m'envoie enfin un message.Laura, je sais ce qu'elle prépare. Retrouve-moi à la bibliothèque de l'université à quatorze heures. Viens seule. N'en parle à personne, pas même à Lorenzo. C'est trop dangereux.Mon cœur s'emballe. Nathan a découvert le plan d'Isabella. Il veut me le révéler. Mais pourquoi me demande-t-il de
Chapitre 39 — Le retour volontaireLorenzoLa nuit est tombée depuis longtemps quand je retrouve Laura dans l'ancienne galerie des fantômes. Elle a passé la journée à travailler sur les plans de son futur atelier d'architecte. Les murs nus sont couverts de croquis punaisés à la hâte — des esquisses de la pièce, des plans en coupe, des dessins de meubles. Une table à dessin trône au centre de la pièce, achetée le matin même sur mes instructions. Laura est assise devant, un crayon à la main, absorbée dans son travail.— Tu devrais dormir, dis-je depuis le seuil. Il est tard.— Je n'arrive pas à dormir. Chaque fois que je ferme les yeux, je vois le visage d'Isabella. Cette expression qu'elle avait en partant. Ce n'était pas de la haine, Lorenzo. C'était de la douleur.— Isabella ne mérite pas ta compassion.— Peut-être. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Je sais ce que c'est que d'être prisonnière. Pas d'une cellule, mais d'une vie qu'on n'a pas choisie. Isabella est prisonnière de sa ri












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