MasukChapitre 35
Elyan
Je m'assois dans le noir, seul dans mon bureau. La maison est silencieuse. Serena est partie chez sa mère, me laissant face à mes pensées. Pour la première fois, je ne cherche pas à me trouver des excuses. Je regarde mon passé en face, sans détour. Et ce que je vois me fait honte.
J'ai été cruel avec Liora. D'une cruauté sourde, quotidienne, in
Chapitre 35ElyanJe m'assois dans le noir, seul dans mon bureau. La maison est silencieuse. Serena est partie chez sa mère, me laissant face à mes pensées. Pour la première fois, je ne cherche pas à me trouver des excuses. Je regarde mon passé en face, sans détour. Et ce que je vois me fait honte.J'ai été cruel avec Liora. D'une cruauté sourde, quotidienne, insidieuse. Je la rejetais sans même m'en rendre compte. Elle essayait de me parler, et je répondais à peine. Elle me préparait des repas, et je ne les touchais pas. Elle m'attendait chaque soir, et je rentrais toujours plus tard. Elle pleurait, et je ne voyais rien.Je me souviens de ses sourires timides, de ses attentions délicates, de ses silences remplis d'espoir. Elle m'aimait. Vraiment. Et je n'ai rien fait pour mériter cet amour.
Chapitre 34LioraIl est parti. Enfin. Je referme la porte derrière lui, m'appuie contre le bois. Mes jambes tremblent. Mon cœur bat trop vite. Je ferme les yeux, inspire profondément. Mais les souvenirs remontent, comme une vague noire qui m'engloutit.Les humiliations. Les nuits solitaires. Les dîners que je préparais en espérant un regard. Les silences qui me tuaient à petit feu. Et ce jour où j'avais quitté la maison, une valise à la main, un secret dans mon ventre. Elyan ne savait rien. Il ne s'était même pas retourné.Aujourd'hui, il veut des réponses. Il veut une famille. Il veut réclamer ce qu'il a lui-même abandonné. Et moi, je refuse de lui offrir cette rédemption.Je m'approche de la fenêtre. La ville est calme, indifférente. Je revois
Chapitre 33ElyanJe me tiens devant elle, le cœur battant. Liora est assise dans le salon de son appartement. Elle ne m'a pas invité à entrer, mais elle ne m'a pas non plus claqué la porte au nez. C'est déjà quelque chose.— Qu'est-ce que tu veux, Elyan ? demande-t-elle, les bras croisés.— Te parler.— Encore ? Tu ne te lasses jamais ?— Non. Pas quand il s'agit de toi.Elle soupire, s'adosse au mur. Son visage est fermé, mais je vois de la lassitude dans ses yeux.— Alors parle. Et après, tu partiras.Je m'avance d'un pas. Elle se raidit, mais ne recule pas.— Qui est le père de Noah ?La question claque dans l'air. Liora pâlit. Ses doigts se c
Chapitre 32LioraJe sens qu'Elyan se rapproche dangereusement de la vérité. Chaque regard, chaque question, chaque apparition imprévue. Il rôde autour de nous comme un prédateur patient. Et moi, je deviens de plus en plus prudente.Je refuse que Noah rencontre Elyan seul. Je refuse les sorties au parc trop exposées, les trajets trop prévisibles, les instants de vulnérabilité. Je change mes habitudes, je surveille chaque coin de rue. Cette tension devient difficile à supporter. Je vis dans la peur constante que tout explose.Sarah me le fait remarquer un soir.— Tu es épuisée, Liora. Tu ne peux pas continuer comme ça.— Je n'ai pas le choix.— Si, tu as le choix. Tu peux affronter la vérité.&mdash
Chapitre 31ElyanLe visage de Noah ne quitte plus mon esprit. Ses boucles brunes, son sourire, cette façon qu'il a de pencher la tête. Chaque détail me revient avec une précision troublante. Plus je pense à lui, plus la ressemblance me paraît évidente.Je fais le calcul, encore et encore. Noah a trois ans. Le divorce a eu lieu il y a trois ans. Si Liora était enceinte à ce moment-là, tout concorde. Les dates, l'âge, les traits. Une idée terrible naît en moi, grandit, m'obsède. Et si Liora portait mon enfant lorsqu'elle a signé ces papiers ?Je me souviens de son visage ce jour-là. Pâle, fermé, les yeux secs. Elle n'avait pas pleuré. Elle n'avait pas protesté. Elle avait signé, puis elle était partie. J'avais cru à de l'indifférence. Mais s
Chapitre 30ElyanLa maison est silencieuse. Serena s'est enfermée dans la chambre en rentrant. Elle ne m'a pas adressé un mot de toute la soirée. Peu m'importe. Mes pensées sont ailleurs. Elles sont toutes tournées vers Liora.Je m'assois dans le salon, un verre de whisky à la main. Les images défilent dans ma tête, précises, cruelles. Le jour du divorce. Son visage pâle, ses mains posées sur ses genoux, ses yeux secs. Elle n'avait pas pleuré. Elle n'avait pas supplié. Elle avait signé, puis elle était partie.J'avais cru à de l'indifférence. À de la froideur. Mais ce soir, je comprends enfin. Elle n'était pas indifférente. Elle était arrivée au bout de sa souffrance. Elle n'avait plus la force de se battre pour un homme qui ne la voyait pas.Cette réalisation me frappe violemment. Pendant trois ans, je me suis caché derrière l'idée qu'elle était trop fragile, trop dépendante, trop soumise. Mais c'est faux. Elle était forte. Plus forte que moi. Elle a encaissé mes silences, mes absen







