LOGINChapitre 48
Elyan
Je me tiens devant la porte de Liora. Ce n'est pas la première fois que je viens. Mais cette fois, c'est différent. Cette fois, je viens en tant que père. Pas comme un étranger qui joue aux cubes. Pas comme un invité qu'on tolère. Cette fois, je sais. Et ce savoir me terrasse.
Liora ouvre. Elle me regarde, le visage fermé, mais je vois d
Chapitre 48ElyanJe me tiens devant la porte de Liora. Ce n'est pas la première fois que je viens. Mais cette fois, c'est différent. Cette fois, je viens en tant que père. Pas comme un étranger qui joue aux cubes. Pas comme un invité qu'on tolère. Cette fois, je sais. Et ce savoir me terrasse.Liora ouvre. Elle me regarde, le visage fermé, mais je vois dans ses yeux une fatigue qu'elle ne peut plus cacher.— Tu es prêt ? demande-t-elle.— Non.— Alors tu n'es pas obligé.— Si. Je veux le voir.Elle s'efface, me laisse entrer. Le salon est baigné de lumière. Noah est assis par terre, entouré de ses jouets. Il lève la tête quand j'entre. Ses grands yeux bruns me fixent, cur
Chapitre 47LioraIl est parti. La porte s'est refermée, et le silence est retombé. Je reste seule au milieu du salon, les jambes tremblantes. Je m'assois sur le canapé, les mains posées sur mes genoux. Mon cœur bat trop vite. Les larmes menacent, mais je les retiens.Je savais que ce jour viendrait. Je l'ai su pendant trois ans. Chaque nuit, je me réveillais en pensant à cette confrontation. Et maintenant qu'elle a eu lieu, je me sens vide. Épuisée. Terrifiée.Elyan sait. Il sait que Noah est son fils. Il sait que je portais son enfant quand j'ai signé les papiers. Il sait tout.Et pourtant, je ne regrette rien. Pas un seul instant.Mon téléphone vibre. Sarah.— Liora ? Qu'est-ce qui se passe ? Tu as une voix bizarre.&mda
Chapitre 46ElyanJe me tiens devant elle, le corps tremblant, les poings serrés. La vérité éclate enfin, et elle me déchire de l'intérieur. Noah est mon fils. Mon fils. Trois ans que je l'ignore. Trois ans que je passe à côté de lui sans le savoir.— Pourquoi ? demandé-je, la voix brisée. Pourquoi tu ne m'as rien dit ?Liora me regarde, les yeux secs, le visage fermé.— Pourquoi je t'aurais dit quoi que ce soit ? riposte-t-elle.— Que tu étais enceinte. Que tu portais mon enfant.— Et tu aurais fait quoi ? Tu serais resté ? Par pitié ? Par devoir ?— J'aurais voulu savoir.— Non. Tu ne voulais rien savoir. Tu étais trop occupé à pré
Chapitre 45ElyanJe ne peux plus attendre. Les jours passent, et le doute me ronge. Chaque fois que je vois Noah, chaque fois que je croise son regard, une évidence s'impose à moi. Je dois savoir. Vraiment savoir.Je me tiens devant la porte de Liora. Elle ouvre, et son visage se ferme aussitôt.— Encore toi.— Il faut qu'on parle.— On a déjà parlé. Plusieurs fois.— Pas de ça. Pas cette fois.Elle hésite, puis s'efface pour me laisser entrer. Le salon est calme. Noah n'est pas là. Sarah l'a emmené au parc.— Qu'est-ce que tu veux ? demande-t-elle, les bras croisés.— La vérité.— Je t'ai déjà dit tout ce que j
Chapitre 44LioraJe rentre plus tôt que prévu. La réunion s'est terminée avant l'heure. Je monte les marches, impatiente de retrouver Noah.La porte est entrouverte. Je pousse doucement. Et je m'arrête net.Elyan est là. Assis par terre, dans le salon, face à Noah. Ils construisent une tour avec des cubes. Noah rit, tend une pièce à Elyan, qui la pose avec précaution. Sa voix est douce, presque tendre.— Encore une, mon grand. Tu peux le faire.Mon cœur se serre. Mon grand. Il a dit mon grand. Comme un père. Comme s'il savait.Noah rit, renverse la tour d'un coup de pied. Elyan éclate de rire. Un rire que je ne lui connaissais pas. Un rire vrai, léger, sans retenue. Il attrape Noah, le chatouille. L'enfant se tortille, crie de joie.— Arrête ! Arrête, Elyan !— Tu as dit le mot magique ?— S'il te plaît !Il le relâche, le laisse respirer. Noah se blottit contre lui, essoufflé, heureux. Elyan passe une main dans ses cheveux. Un geste naturel. Un geste paternel.Je reste figée dans l'
Chapitre 43ElyanJ'ai compris que les mots ne suffisent pas. Liora ne m'écoutera pas, ne me croira pas, ne me pardonnera pas parce que je lui dis que j'ai changé. Elle a besoin de le voir. De le sentir. Alors je change vraiment.Je cesse de chercher à l'impressionner. Je cesse de vouloir tout contrôler. Je respecte ses décisions, ses limites, son indépendance. Quand elle me repousse, je n'insiste pas. Quand elle me fuit, je ne la suis pas. Je reste là, discret, patient.Un jour, j'apprends qu'elle rencontre des difficultés professionnelles. Un contrat qui lui échappe, un partenaire qui se retire. Je lui propose mon aide, sans l'imposer.— Je peux te mettre en relation avec quelqu'un, dis-je.— Non merci.— Comme tu veux.Elle me regarde,







