LOGINRolandJe n’ai pas dormi.Chaque fois que je fermais les yeux, je me retrouvais à repasser les mêmes questions, cherchant le détail que j’aurais pu négliger. La grossesse fabriquée de Bianca, la disparition soudaine du Dr Vance, les dossiers médicaux manquants, et les deux apprentis qui s’étaient d’une façon ou d’une autre retrouvés pris au milieu de tout cela. Rien ne collait, et plus je restais sans réponses, plus je devenais convaincu que quelqu’un travaillait désespérément à garder la vérité enfouie.Alors j’ai passé le reste de la nuit à arpenter la longueur de ma chambre, fixant la cour sombre et silencieuse tandis que la vérité horrible s’installait dans mes os comme du plomb.Au moment où la première lumière grise de l’aube perçait l’horizon, je descendais déjà le grand escalier.Adrian se tenait au pied des marches, tenant une tablette sécurisée. Son visage était pâle, et les cernes sous ses yeux trahissaient une nuit passée à faire tourner des protocoles de traçage à travers
Roland Je décidai de quitter l’hôpital avant que ma colère ne me pousse à une autre confrontation. J’avais déjà causé assez de dégâts pour une journée, et la dernière chose dont j’avais besoin était de perdre le contrôle une nouvelle fois devant les gens qui remettaient déjà mon autorité en question. À l’instant où je sortis, je fus accueilli par la vue de l’équipe médiatique rassemblée près de l’entrée de l’hôpital. Des caméras étaient pointées dans ma direction, et des reporters se tenaient prêts avec des questions qu’ils étaient probablement désespérés de poser. Pourtant, dès qu’ils me virent approcher, leur confiance sembla s’évaporer. Personne ne s’avança. Personne ne m’appela. Ils s’écartèrent simplement, ouvrant un passage sans oser pointer leurs caméras sur moi. Pendant un instant, je regrettai d’avoir quitté l’hôpital. Les affronter m’aurait donné une nouvelle occasion de rappeler à tout le monde qui j’étais et pourquoi ils devraient y réfléchir à deux fois avant de me d
Roland« Je suis désolé, Alpha… mais il n’y a pas de bébé. »Pendant plusieurs secondes terrifiantes, je fixai simplement le médecin, attendant qu’il reprenne ses mots. Il n’y avait aucun moyen physique que mes oreilles l’aient entendu correctement.« Qu’est-ce que tu viens de dire ? »Le docteur avala difficilement, sa gorge bobinant tandis que son expression devenait grave. « Il n’y avait pas de grossesse, Alpha. Elle n’a jamais porté d’enfant. »Un rire sec, laid et incrédule s’arracha de ma gorge. Je secouai la tête, faisant un pas lent en arrière comme si mettre une distance physique entre nous rendrait ses mots impossibles.« Non. C’est impossible. Qu’est-ce que tu racontes ? »« J’ai bien peur que si, monsieur. »« J’ai dit que c’est impossible ! » tonnai-je, la pure force de ma voix Alpha s’abattant dans le couloir et faisant tressaillir de terreur une infirmière proche. « Le médecin en chef de la meute a confirmé sa grossesse lui-même. En ma présence ! Le Conseil Médical Cent
RolandLe médecin senior hocha rapidement la tête.« Oui, Alpha. » Il se tourna vers les infirmières. « Emmenons-la immédiatement dans le service de traumatologie. Préparez deux unités de sang compatible, installez un monitorage fœtal et alertez l’équipe d’obstétrique de garde. Nous pourrions devoir procéder à une extraction d’urgence si son état se détériore. »Le mot fit se tordre violemment mon estomac. « Extraction ? »Le médecin me regarda de nouveau, les yeux graves. « Si la balle a causé un saignement interne significatif ou endommagé l’utérus, nous n’aurons peut-être pas le choix. »Mes doigts se crispèrent en poings serrés et tachés de sang. « Alors ne laissez pas ça aller jusque-là. »« Nous ferons tout ce qui est médicalement possible, monsieur. »« Tout, » répétai-je en m’avançant dans son espace et en le fixant droit dans les yeux. « Je veux que tout soit fait pour les sauver. »Il hocha une fois la tête avant de se tourner vers le brancard.Les infirmières entourèrent im
RolandLe SUV déchira les grilles du domaine, ses pneus criant contre l’asphalte tandis qu’Adrian poussait le moteur à sa limite absolue.Sur le siège arrière, je berçais Bianca contre ma poitrine, son sang imprégnant mon pantalon et maculant mes bras. Sa respiration devenait effroyablement superficielle, chaque petite inspiration accompagnée d’un râle faible et humide qui envoyait une pure terreur monter dans mes veines.« Roule plus vite ! » beuglai-je, ma voix se brisant sous le poids de la panique qui griffait ma gorge.« Je pousse le véhicule aussi vite qu’il peut aller, Alpha ! » répondit Adrian d’urgence, ses mains aux jointures blanches agrippant le volant tandis qu’il esquivait le trafic civil. « Les communications médicales sont complètement saturées ! Les urgences sont en confinement traumatique total— »« Je me fiche du confinement ! » tonnai-je en pressant le chiffon taché plus fort contre sa blessure tandis que les larmes continuaient de brouiller ma vision. « Dites-leur
RolandJ’avais à peine regagné ma suite que l’épuisement commença enfin à tirer sur mes os.J’enlevai ma veste tachée de sang, la jetai négligemment sur le dossier d’une chaise et m’effondrai sur le lit sans prendre la peine de me changer. Ma tête palpitait violemment, tout mon corps vibrait encore de la poussée létale d’adrénaline qui m’avait inondé sur le balcon.Pour la première fois depuis l’aube, le domaine était plongé dans un silence de mort.Je fermai les yeux, laissant échapper un long souffle lourd.Peut-être que maintenant je pouvais enfin avoir un peu de paix.J’avais à peine commencé à m’assoupir qu’une autre vague de bruit chaotique déchira le manoir.Mes yeux s’ouvrirent d’un coup.« Qu’est-ce que c’est encore, bon sang ? » grognai-je en me redressant et en fusillant du regard les portes de la suite tandis que des cris et des pas frénétiques résonnaient dans le grand corridor.Encore ? Ces idiots n’avaient-ils vraiment pas appris leur leçon après avoir vu des corps tomb







