Apprivoiser Mes Jumeaux Alpha

Apprivoiser Mes Jumeaux Alpha

last updateDernière mise à jour : 2026-08-21
Par:  Erna ArdenEn cours
Langue: French
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Je pensais que mon premier jour dans ce nouveau lycée serait sans histoire. Je me trompais. Une simple chaise libre au fond de la classe m’a conduite droit vers les frères Lycan. Deux jumeaux. Deux regards brûlants. Deux hommes que je devrais fuir… mais auxquels mon cœur refuse de résister. Je ressens pour eux une attirance aussi puissante qu’inexplicable. Comme si quelque chose, au plus profond de moi, les avait déjà reconnus. Puis je découvre leur terrible secret : ils sont des loups-garous. Et moi… je suis liée à eux d’une manière que personne n’aurait pu prévoir. Entre désir, danger et règles de meute, je vais devoir affronter une vérité qui bouleverse tout ce que je croyais savoir sur l’amour. Je ne devrais aimer aucun des deux. Pourtant, mon cœur refuse de choisir.

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Chapitre 1

Chapitre 1

La brume matinale enveloppe le Lycée du Bois d'Argent d'un manteau gris et humide.

Les bâtiments de pierre ancienne se dressent comme des sentinelles silencieuses derrière les grilles en fer forgé qui viennent de se refermer.

Nicole Blanchard court.

Elle court comme elle n'a jamais couru de sa vie. Ses baskets martèlent le trottoir mouillé dans un rythme désespéré tandis que son sac à dos rebondit contre son épaule.

La sonnerie a déjà retenti il y a cinq minutes. Cinq minutes qui représentent une éternité pour un premier jour dans un nouveau lycée.

Le portail principal est déjà clos.

Elle aperçoit l'interstice étroit de l'entrée réservée aux retardataires, une petite porte métallique sur le côté que le gardien s'apprête à verrouiller.

Elle accélère, manque de glisser sur une plaque d'égout humide, se rattrape de justesse au poteau d'un lampadaire.

« S'il vous plaît ! Attendez ! »

Le gardien, un homme d'une cinquantaine d'années au visage buriné, lève les yeux vers elle avec une expression d'agacement mêlé de lassitude.

Il maintient la porte entrouverte d'une main tout en consultant sa montre de l'autre.

« Première journée et déjà en retard, mademoiselle. Ça commence bien. »

Nicole se faufile par l'ouverture en murmurant des excuses confuses.

Ses cheveux bruns se sont échappés de sa queue-de-cheval et collent à ses tempes moites.

Elle n'a même pas eu le temps de vérifier son apparence dans un miroir avant de partir.

Le réveil n'a pas sonné.

Sa mère était déjà partie pour son nouveau poste à la bibliothèque. La maison était vide et silencieuse, et elle a dormi.

Dormi comme une masse après une nuit peuplée de rêves étranges où des yeux dorés l'observaient depuis l'orée d'une forêt inconnue.

L'allée principale du lycée s'étend devant elle, bordée d'érables centenaires dont les feuilles commencent à peine à roussir en ce début d'automne.

Les bâtiments de style néogothique lui donnent une allure de château ancien plutôt que d'établissement scolaire.

Des gargouilles de pierre observent les élèves depuis les corniches, leurs gueules grimaçantes figées dans un rictus éternel.

Tout ici respire l'ancienneté, la tradition, les secrets enfouis sous des couches de lierre et de silence.

Nicole traverse la cour déserte au pas de course. Ses semelles claquent sur les pavés disjoints.

Elle dépasse la fontaine centrale, une construction massive ornée d'une statue de loup hurlant à la lune, et bifurque vers le bâtiment principal dont elle a mémorisé le plan la veille.

Le hall d'entrée est vide, silencieux, uniquement éclairé par les lustres en fer forgé qui pendent du plafond voûté. L'odeur de l'encaustique et du vieux bois emplit l'air.

Ses doigts tremblent légèrement lorsqu'elle déplie le papier froissé où est inscrit son numéro de classe. Bâtiment E, salle 204.

Elle lève les yeux vers les panneaux indicateurs et s'engage dans l'escalier en colimaçon qui mène au deuxième étage.

Les marches de pierre sont usées en leur centre, creusées par des générations de pas.

Ses doigts glissent sur la rampe en fer forgé, froide sous sa paume.

Tout est froid ici. Tout est ancien. Tout est intimidant.

Le couloir du deuxième étage est interminable.

Des portes en bois massif se succèdent de part et d'autre, numérotées de chiffres dorés qui luisent faiblement dans la pénombre.

Des tableaux représentant d'anciens directeurs aux visages sévères sont accrochés entre les fenêtres. Leurs yeux peints semblent la suivre tandis qu'elle avance, cherchant désespérément la salle 204.

Elle la trouve enfin, tout au bout du couloir. La porte est close. Derrière le battant de chêne, elle perçoit le murmure étouffé d'une voix professorale.

Sa main se pose sur la poignée, hésitante. Son cœur bat si fort qu'elle est certaine qu'on peut l'entendre depuis l'intérieur de la classe.

Elle inspire profondément, une fois, deux fois, puis tourne la poignée.

La porte s'ouvre avec un grincement qui résonne comme un coup de tonnerre dans le silence relatif de la salle.

Trente paires d'yeux se tournent vers elle.

Nicole sent le rouge lui monter aux joues avec la violence d'une brûlure. Le professeur, un homme maigre aux cheveux grisonnants et aux lunettes cerclées de métal, interrompt sa phrase au milieu d'un mot.

Sa craie reste suspendue au-dessus du tableau noir où sont inscrits des noms d'auteurs classiques.

« Mademoiselle ? Pouvez-vous nous expliquer ce retard ? »

Sa voix est sèche, dépourvue de chaleur. Nicole déglutit avec difficulté. Elle déteste être le centre d'attention. Elle déteste les regards qui la détaillent, qui la jugent, qui la cataloguent avant même qu'elle ait ouvert la bouche.

« Je... je suis nouvelle, monsieur. Je me suis perdue. »

C'est un mensonge partiel. Elle s'est perdue en dormant, pas dans les couloirs. Mais l'humiliation de la vérité serait pire encore. Le professeur la fixe un long moment par-dessus ses lunettes, puis soupire en désignant un registre posé sur son bureau.

« Votre nom ? » demande le professeur.

« Nicole Blanchard. » Répond- t-elle.

Il parcourt la liste du doigt, coche quelque chose, puis relève la tête avec une expression indéchiffrable.

« Asseyez-vous. Et tâchez d'être à l'heure demain. » dit le professeur.

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