Mag-log in« Tu veux aller en boîte ce soir ? » demanda Susan à son amie Caroline ce soir-là, après son retour à la maison.
Elle avait hésité à laisser Samuel seul, mais il avait insisté sur le fait qu'il allait bien. Susan ne le croyait pas, mais elle partit car elle avait ses propres projets : aller au Summit. Le Summit était le nom de la boîte de nuit de Leo Spencer, et elle comptait bien discuter avec lui de la situation de son frère. C'était un plan machiavélique, et elle n'avait aucune idée de comment elle allait s'y prendre, mais après avoir vu son frère sauvagement tabassé, elle était prête à prendre le risque, même si cela signifiait se retrouver nez à nez avec l'homme le plus terrifiant qu'elle ait jamais rencontré.
Caroline, qui ignorait tout des intentions de Susan, accepta avec enthousiasme. Caroline aimait se faire belle et sortir, alors pour elle, c'était l'occasion rêvée. Elle est arrivée chez Susan à 23h30 précises, vêtue d'un short, d'un crop top argenté et de bottes hautes.
Susan avait opté pour une combinaison noire dos nu moulante qui soulignait ses courbes. Elle portait des escarpins rouges car elle se souvenait de la grande taille de Leo Spencer et pensait que cela l'aiderait à ne pas se sentir toute petite à côté de lui.
Cela faisait longtemps que Susan n'était pas allée en boîte, non pas qu'elle détestait ça, mais parce qu'elle n'avait guère le temps. Le Summit était une boîte de nuit majestueuse, qui semblait avoir tout pour garantir une bonne soirée, mais ce n'était malheureusement pas ce qu'elle était venue chercher. Caroline leur a commandé des verres au bar presque aussitôt, et Susan les a acceptés avec plaisir. Elle n'avait pas besoin d'être ivre, mais un petit coup de fouet lui ferait du bien si elle comptait voir et parler au grand Leo Spencer.
Quarante minutes plus tard, toujours aucune trace de Leo, et Susan en avait assez d'attendre. Même Caroline avait renoncé à l'entraîner sur la piste de danse, et maintenant elle se frottait contre un type qui les avait abordées plus tôt.
Susan jeta un coup d'œil autour d'elle et remarqua à plusieurs reprises des gens monter l'escalier menant à ce qui semblait être un salon privé. Sans réfléchir, un verre à la main, elle se leva et monta les marches. Personne ne l'arrêta, et arrivée en haut, elle constata qu'elle avait vu juste. C'était bien un salon privé, et là, assis au centre, se trouvait ce foutu Leo Spencer, même s'il n'était pas seul. Deux hommes et une femme étaient attablés avec lui, et Susan se demanda comment elle allait bien pouvoir interrompre une telle réunion.
Son premier réflexe fut de faire demi-tour et de fuir, mais il était trop tard pour reculer, alors elle resta plantée là pendant quelques minutes. Un homme corpulent se tenait près de l'entrée. Dès qu'elle se décida et tenta de le dépasser, il l'arrêta et la dévisagea, comme s'il lui avait déjà posé une question et attendait une réponse.
« Je… je… je dois parler à Léo », balbutia Susan, espérant qu'il puisse l'entendre malgré la musique forte. Elle serra involontairement son sac à main plus fort, bien qu'elle doutât que cet homme s'intéresse le moins du monde à ses affaires. La musique assourdissante n'arrangeait rien, et elle se sentit soudain défaillir.
« Vous ne pouvez pas », répondit simplement l'homme, sans ajouter un mot, comme si cette simple déclaration suffisait à la faire partir.
Cela fonctionna, et Susan commença à faire demi-tour, mais elle pensa à Samuel, ce qui lui redonna du courage. Lentement, elle se retourna de nouveau. L'homme était distrait, le dos légèrement tourné, en train de parler à un autre homme qui l'avait approché par-derrière. C'était sa chance, pensa Susan en s'avançant d'un pas rapide.
Elle était si près. Si près, quand soudain une main puissante l'agrippa par la taille et la tira brutalement en arrière. Susan se débattit, en vain. Son verre se brisa bruyamment au sol. Elle hurla tandis qu'il l'entraînait avec lui, réalisant qu'elle ignorait où il l'emmenait et qu'elle était probablement en grand danger.
Elles se figèrent toutes deux au cri strident « Lâchez-la ! » qui retentit derrière elles, et Susan poussa un soupir de soulagement lorsqu'elle fut soudainement relâchée.
Leo Spencer était maintenant debout et s'avançait d'un pas décidé vers elles, le visage fermé. Terrifiée, Susan fit demi-tour et s'enfuit.
____________
Leo était assis au salon, entouré de quelques amis, lorsqu'il avait aperçu une femme qui lui semblait vaguement familière. Elle dégageait une certaine aura, comme si elle n'était pas sûre de vouloir être là. Elle paraissait tellement déplacée… Et ce n'était pas à cause de sa tenue. Sa tenue était parfaite… sexy même, mais elle n'arrêtait pas de regarder autour d'elle et marchait comme si elle craignait de tomber. Les femmes qui traînaient habituellement dans le coin avaient une tout autre allure : un peu éméchées, franches, sûres d'elles et bruyantes. Celle-ci semblait à peine avoir pris une gorgée de son verre, qu'elle tenait maladroitement. Elle paraissait timide et, malgré sa grande beauté, elle semblait… incertaine.
Il l'avait ignorée un instant, puis, soudain, un fracas retentit et Connor la retenait, l'entraînant avec lui. Sa réaction fut immédiate : il se leva pour l'aider. Elle releva la tête en se débattant et c'est alors qu'il la reconnut. Il avait déjà vu ce visage, ces cheveux.
Léo ne savait pas ce qui l'avait poussé à lui porter secours. Il ne comprenait pas non plus pourquoi son envie d'aider s'était intensifiée dès qu'il l'avait reconnue. Pour une raison inconnue, il n'appréciait pas la façon dont Connor la manipulait et il allait l'arrêter. Connor la relâcha immédiatement après qu'il le lui eut demandé, mais elle fit alors ce à quoi il ne s'attendait pas : elle s'enfuit.
Son instruction à Connor était simple : « Ramène-la. »
Lentement, il se leva. « Quelle charmante idée », murmura-t-il, ses sourcils sombres se fronçant tandis qu'il observait son visage fébrilement empourpré et son air parfaitement déterminé. Puis il jeta un coup d'œil rapide à la fine montre en or à son poignet. Il lui adressa un sourire nettement tendu. « Malheureusement, j'ai bien peur que tu aies choisi… »« Je ne pouvais tout simplement pas attendre que tu rentres à la maison », le coupa Susan avec de la fièvre dans la voix. Ce coup d'œil à sa montre ne lui avait pas échappé, ne faisant qu'attiser sa tension d'un cran.Ses cils noirs s'abaissèrent sur ses yeux sombres et animés d'une attention vive, une perplexité évidente se lisant dans sa posture rigide. « Attendre quoi ? » demanda-t-il avec un désolant manque de compréhension.Susan abandonna l'idée d'un dandinement lent et séducteur et jeta son manteau pour capter son attention. « Je ne pouvais plus t'attendre », dit-elle d'une voix rauque, avant de s'attaquer aux boutons de sa r
Bouleversée par la tempête qu'elle avait provoquée, par la rudesse de son ton tendu, elle le fixa, dévorée par la douleur.« Pourquoi ? » répéta violemment Leo.Parce que je t'aime… voulait-elle lui crier.« Et tu es continuellement sur le dos de Sophie, à toute heure de la journée. Elle tousse et tu accours aussitôt ! » cracha Leo entre ses dents serrées. « Alors que nous avons une nourrice épaulée par du personnel tout aussi disposé, tu installes un écoute-bébé et tu quittes mon lit pour la rejoindre ! Je ne compte même pas à moitié autant pour toi. Est-ce vraiment ainsi que les choses sont censées se passer ? »Prise de court, Susan l'observa avec des yeux écarquillés par le choc. Manifestement, l'écoute-bébé installé dans leur chambre était perçu comme l'insulte suprême. Pensait-il qu'elle étouffait Sophie ? Était-ce ce qu'il essayait de dire ? Qu'elle risquait de devenir l'une de ces mères poules étouffantes dont on lit les histoires dans les journaux ?« Je suis désolée si tu pe
Leo avait besoin de sexe de la même façon qu'elle avait besoin d'air pour respirer, et ces besoins devaient être assouvis dans le lit conjugal. Elle n'était qu'un corps, et si quoi que ce soit avait été nécessaire pour le prouver, son silence s'en chargeait. Dans cette nouvelle relation pleine de bravoure qu'ils essayaient d'avoir, les mensonges n'étaient plus permis ; Leo n'allait donc pas lui dire à quel point elle était ravissante et irrésistible. Elle était assez attrayante pour l'exciter, mais c'était le sommet de son pouvoir de séduction et, avec un homme aussi physique que Leo, cela ne demandait peut-être même pas grand-chose… Peut-être qu'il fantasmait simplement sur quelqu'un d'autre. Un sanglot étouffé lui échappa.Il la repoussa loin de lui avec une violence manifeste. Ses yeux s'ouvrirent d'un coup lorsqu'il Rejeta le drap et bondit hors du lit.« Leo… Tu as mal compris ! »Il se retourna brusquement, lui lançant un regard incrédule.« Je pensais à autre chose… Ce n'était
Susan se réveilla au milieu de la nuit pour prendre une douche et vérifier que Sophie allait bien, après quoi elle se remit au lit. Lors de son second réveil, une horde de petits lutins semblait exécuter une danse effrénée à l'intérieur de sa tête martelante.Par chance, elle n'avait pas bu suffisamment d'alcool pour souffrir d'une véritable gueule de bois, nota-t-elle avec misère, mais la fatigue pesait encore sur ses épaules. Elle se glissa hors du lit et traça une trajectoire loin d'être droite jusqu'à la salle de bain. Une douche lui ferait le plus grand bien. Alors qu'elle sortait de la pièce, enveloppée dans une serviette, pâle comme un linge et tenaillée par une soif dévorante, elle apprit la présence de Leo.« Oh, non », marmonna-t-elle. « Pas maintenant. »Leo occupait tout l'encadrement de la porte. Refusant de croiser son regard, elle se concentra sur ses pieds. « Tu ne devrais pas être au travail ou un truc du genre ? » chuchota-t-elle.« On est samedi. »« Je croyais que
Leo ne chercha même pas à nier. « Peut-être un peu », répondit-il en haussant les épaules. « Et puis, on est en boîte. C'est quand la dernière fois que tu t'es laissée aller ? »Il avait raison. Ça remontait à un moment. Après quelques secondes, elle hocha la tête et Leo n'hésita pas une seconde à passer la commande. Les verres s'enchaînèrent et, au fil de la soirée, l'atmosphère se détendit. Ils parlèrent de tout et de rien — de la musique, du monde, et même d'un danseur particulièrement extravagant sur la piste en contrebas. Susan sentait la pression retomber peu à peu, et bientôt, elle riait de bon cœur à presque toutes les remarques de Leo. Il prenait visiblement plaisir à la voir rire, car il continuait à lui murmurer des choses à l'oreille. Des mots qui tantôt la faisaient rire, tantôt lui fusaient un frisson de désir dans les veines. C'était délicieux, et pendant un court instant, cela sembla presque normal, comme s'ils n'étaient pas deux êtres empêtrés dans un mariage compliqu
Susan cligna des yeux. Alors, il était sérieux ? Leur mariage valait-il seulement la peine d'être célébré ? À voix haute, elle demanda : « Sortir ? Où ça ? »« Où tu veux. Juste pour s'amuser un peu. »Elle plissa les yeux en le fixant, cherchant sur son visage d'éventuelles intentions cachées. « Je ne suis pas vraiment d'humeur, Leo. »Il haussa les épaules, imperturbable. « Alors laisse-moi changer ça. Que dirais-tu d'un endroit familier ? Mon club, Le Summit ? »Susan marca une pause. Le Summit n'était pas exactement sa vision d'une soirée relaxante, mais c'était toujours mieux que de rester assise dans un silence embarrassant à la table du dîner ou de passer une longue nuit agitée, seule dans sa chambre.Après un instant, elle soupira. « D'accord. Je viens. »Les lèvres de Leo se étirèrent en un sourire satisfait et il se redressa. « Bien. Mets le collier. »Susan hésita, sa main frôlant instinctivement sa clavicule. « Pourquoi est-ce si important pour toi ? »« Il te va à ravir »







