MasukIl m'allonge sur le lit, se déshabille à son tour. Son corps est toujours le même – puissant, musclé, couvert de ses propres cicatrices. Mais sa façon de bouger, de me toucher, a changé. Il n'y a plus d'urgence, plus de possession. Juste de la tendresse. Une tendresse infinie, qui emplit chaque geste, chaque caresse, chaque regard.Il entre en moi doucement, lentement, comme on entre dans une eau sacrée. Nos corps bougent à l'unisson, sans hâte, sans but. Juste le plaisir d'être ensemble, de se toucher, de se sentir vivants.— Je t'aime, murmure-t-il contre mes lèvres.— Je t'aime aussi.Le plaisir monte par vagues lentes, comme une marée douce qui recouvre tout. Pas d'explosion brutale, pas de feu d'artifice. Juste une chaleur qui se diffu
Puis il sort.La porte se referme doucement derrière lui. Ses pas s'éloignent dans le couloir. La porte d'entrée s'ouvre et se ferme.Le silence retombe.Je reste seule dans la chambre, les yeux fixés sur la porte close, les joues mouillées de larmes. Mon cœur est lourd, mais étrangement apaisé. J'ai dit ce que j'avais à dire. J'ai fait mes adieux. Maintenant, je peux avancer.Quelques minutes plus tard, Matteo entre doucement. Il s'approche du lit, voit mes larmes, les essuie du bout des doigts.— Ça va ? demande-t-il.— Oui. Ça va. C'est fait.— Tu as pu lui dire ce que tu voulais ?— Oui. Tout.
AuréliaTrois jours ont passé depuis mon sauvetage.Trois jours de repos forcé, de soins attentifs, de sommeil réparateur. Matteo ne m'a pas quittée une seconde. Il dort sur un matelas posé à même le sol, à côté de notre lit, pour ne pas risquer de me blesser en bougeant dans son sommeil. Il me nourrit à la cuillère, change mes pansements, m'aide à me lever quand j'ai besoin d'aller aux toilettes.Je ne l'ai jamais vu aussi doux, aussi patient, aussi vulnérable. Le chef de la mafia a laissé place à un homme amoureux, terrifié à l'idée de perdre celle qu'il aime. Et cet homme-là, je l'aime encore plus que l'autre.Mes blessures gu
Sa voix se brise légèrement sur les derniers mots. Il se reprend, inspire profondément.— Adriano…— Non, laisse-moi finir. J'ai besoin de le dire.Je me tais, attendant.— Je t'aime, Aurélia. Je t'aime d'un amour que je n'ai jamais ressenti pour personne. Un amour qui m'a pris par surprise, qui m'a submergé, qui a tout balayé sur son passage. Quand je t'ai vue dans cette cave, blessée, terrorisée, j'ai voulu te prendre dans mes bras, te protéger, t'emmener loin de tout ça.— Pourquoi tu ne l'as pas fait ?— Parce que tu étais déjà dans les bras de Matteo. Et que tu y étais bien. Je l'ai vu dans tes yeux, dans la façon dont tu t'accrocha
AuréliaJe me réveille dans un lit inconnu.Non, pas inconnu. Familier. Les draps blancs, l'odeur de lessive et de Matteo, la lumière douce qui filtre à travers les rideaux. L'appartement. Notre appartement. Je suis rentrée.Ma mémoire est floue, fragmentée. Des flashes. La cave humide. L'ampoule qui se balance. Le visage de Viktor, son sourire cruel. La douleur, partout, tout le temps. Et puis Matteo. Matteo qui défonce la porte, qui tire, qui me prend dans ses bras. La chaleur de son corps contre le mien. Sa voix qui murmure « C'est fini, je suis là ».— Aurélia ?La voix de Matteo, justement. Douce, inquiète, tout près de mon oreille. Je tourne la tête, le vois assis su
Je la prends dans mes bras, la soulève doucement. Elle est légère, trop légère. Trois jours sans manger correctement, sans boire, sans dormir. Son corps est marqué de partout – des bleus, des coupures, des brûlures aux poignets. Mais elle est vivante. Elle est vivante, et elle est dans mes bras.Elle enfouit son visage dans mon cou, s'accroche à moi comme une naufragée à une bouée. Ses doigts s'agrippent à mon manteau, ses sanglots silencieux secouent ses épaules. Je la serre plus fort, la berce doucement.— Je suis désolée, murmure-t-elle. Je suis désolée.— De quoi ?— De tout. D'avoir été prise. De t'avoir fait peur. De ne pas avoir été assez forte.— Tu as &eacut







