เข้าสู่ระบบChapitre 149Point de vue de l'auteurLe père de Brielle avait toujours été un homme discret. Pas discret d'une manière douce, pas de ce genre de silence rassurant, mais de ce silence qui mettait mal à l'aise, celui qui vous donnait l'impression que quelque chose se tramait dans votre dos. C'était le genre d'Alpha qui ne prenait pas de décisions à la légère, qui observait et attendait, laissant les autres se perdre dans leurs propres erreurs pendant qu'il prenait du recul et apprenait tout ce qu'il avait besoin de savoir.Alors, quand il apprit ce qui s'était passé dans la meute de Damon, sa réaction ne fut pas celle que Brielle avait imaginée. Pas de cris. Pas d'ordres immédiats. Pas de tables brisées, pas de soif de vengeance. Il se contenta d'écouter. Il écouta ses messagers parler de la bataille, de l'incendie, de Damon blessé et ayant survécu, et surtout, de Shania.Shania. Encore ce nom.D'abord, il ne dit rien. Il était assis dans son fauteuil, une jambe croisée sur l'autre, le
Chapitre 148Point de vue de BrielleJe crois que je n'ai jamais ressenti une telle colère de toute ma vie, même pas quand j'ai perdu ce que je savais mériter, même pas quand Damon a commencé à prendre ses distances et que je me suis dit que ce n'était que du stress, du devoir ou des histoires de vieux. Cette colère était différente. Elle était intense et viscérale, et elle me brûlait la poitrine comme une force vivante, comme si elle respirait et grandissait à chaque fois que j'entendais son nom murmuré.Shania. Shania par-ci, Shania par-là.Tu as vu Shania pendant le combat ?Shania les a sauvés.Le pouvoir de Shania.Shania était aux côtés de Damon.Shania, Shania, Shania.Je restais là, à écouter, et j'avais l'impression que des couteaux me transperçaient les oreilles. Chaque mot réveillait en moi une colère sourde. Les mêmes loups qui m'accueillaient jadis avec des sourires et du respect, ceux-là mêmes qui me regardaient comme si j'avais ma place aux côtés de Damon, comme si j'ét
Chapitre 147Point de vue de ShaniaJe suis restée là longtemps après que le calme soit revenu, sans trop savoir quoi faire de mes mains ni où regarder. La meute me paraissait étrange, comme si le sol avait bougé et que plus personne ne savait où poser le pied. Cet endroit que j'avais parcouru mille fois me semblait désormais étranger, comme si je m'étais réveillée dans ma propre vie sans la reconnaître. Les loups s'activaient, certains nettoyant les lieux, d'autres soignant les blessés, d'autres encore immobiles, le regard fixe, comme figés dans le chaos du combat. Partout où je me tournais, je sentais des regards peser sur moi.Des regards différents d'avant.Avant, on me regardait sans me voir, on me dévisageait avec agacement, suspicion, comme si j'étais insignifiante et gênante. Maintenant, c'était différent. Certains loups s'arrêtaient en me voyant et baissaient légèrement la tête, sans s'incliner complètement, mais suffisamment pour que je le remarque, suffisamment pour que ma
CHAPITRE 146Point de vue de l'auteurAprès la fin de la bataille et le silence qui suivit, la meute ne célébra pas. Pas de cris de victoire ni de joie, pas de rires, pas de soulagement comme on en trouve habituellement après le passage du danger. Au contraire, une atmosphère pesante régnait, comme si l'air lui-même était lourd. Une fumée épaisse persistait autour du domaine, mêlée aux odeurs de sang, de bois brûlé et de peur. Les loups se déplaçaient lentement, soignant les blessés, examinant les corps, chuchotant entre eux à voix basse, comme s'ils craignaient de réveiller une créature plus terrifiante encore.Les anciens se rassemblèrent peu après, s'appelant discrètement, le visage tendu et pâle. Certains avaient du sang sur leurs vêtements, même pas le leur, et personne ne s'était encore donné la peine de les nettoyer. Ils marchaient d'un pas raide, les épaules crispées, le regard parcourant les terres de la meute comme s'ils doutaient encore que cet endroit leur appartienne. Ce
CHAPITRE 145Point de vue de DamonJe ne sais pas quand j'ai cessé de me battre. Je ne sais même pas quand mes yeux se sont complètement fermés. Tout était mélangé : la douleur, le bruit, l'obscurité, des voix qui criaient, puis le silence à nouveau. J'avais l'impression de sombrer dans quelque chose de froid, comme si l'eau m'engloutissait lentement et que je n'avais plus la force de remonter à la surface.Parfois, j'entendais des choses. Pas clairement. Juste des bribes. Quelqu'un qui criait mon nom. Des bottes qui couraient. Du métal qui s'entrechoquait. Un cri qui semblait lointain et pourtant si proche. Puis tout s'estompait de nouveau.J'ai mal partout. Pas à un seul endroit. Partout à la fois. Comme si mes os se brisaient et se réparaient simultanément. Ma poitrine était lourde, comme si quelque chose était assis dessus et refusait de bouger. Respirer était difficile. Chaque inspiration était un effort. Comme si je devais supplier mes poumons de continuer.Mais mon loup, mon lo
CHAPITRE 144Point de vue de ShaniaJe ne me souviens de rien après ça.Je me souviens juste d'avoir vu Damon tomber et quelque chose en moi s'est brisé si violemment que j'ai cru que ma poitrine allait se déchirer. Une minute, il était debout, se débattant, respirant, et la minute suivante, son corps s'est écrasé au sol dans un bruit que je n'oublierai jamais, comme quelque chose de lourd qui se brise. Tout le reste, tous les cris et les regards des autres ont disparu. Je n'y faisais plus attention.Il n'y avait plus que lui.« Damon ! » ai-je crié, mais ma voix était déformée, brisée, comme si elle ne m'appartenait pas. Je me suis effondrée à côté de lui si vite que mes genoux ont heurté le sol sans que je sente la douleur. Il y avait du sang. Trop de sang. Il était partout sur ses vêtements, les imbibant, sombre, chaud et anormal. Mes mains se sont mises à trembler si fort que j'avais du mal à le toucher.« Non, non, non », répétais-je sans cesse, même si personne ne me répondait.







