ログインCHAPITRE SEPT.
LES AMIS.POINT DE VUE DE SHANIA.
Je savais que c'était une erreur d'aller dans les bois et de désobéir à Damon, mais je ne savais pas que le fait qu'il me sauve mettrait fin à la petite relation que nous commencions à construire.
Nous n'étions pas vraiment amis, non, loin de là, mais il m'arrivait parfois de sentir un frisson glacial dans mon dos, ce qui signifiait qu'il me regardait fixement, et parfois, je surprenais son regard, même s'il faisait semblant de s'en moquer.
Mais depuis cet incident, la distance est telle que n'importe qui pourrait la remarquer. Il m'évitait, non pas en refusant de me parler, de me regarder dans les yeux ou de me reconnaître, mais en restant à plus de trois mètres de moi.
Cela ne me dérangeait pas beaucoup, si Damon Black décidait de rester loin de moi, j'étais la seule à en profiter, mais le fait qu'il ait adopté cette attitude après m'avoir sauvée était gênant.
« Mlle Black ? Mlle Shania Black ? » La voix du professeur m'a fait sursauter, et je me suis agitée, à moitié en colère que cet homme ait décidé de m'appeler par mon nom de famille, Black.
« Quelque chose ne va pas ? Vous êtes dans la lune pendant mon cours ! » dit-il, et j'expirai.
Il semblait être la seule personne à avoir réellement dit ou fait quelque chose qui montrait un peu d'attention à mon égard, mais c'était son travail en tant que professeur, ni plus, ni moins.
« Bien sûr qu'elle est comme ça, c'est un être humain après tout, être entourée de loups ici et à la maison, ça peut lui perturber l'esprit ! » J'ai entendu une voix et je n'avais pas besoin que Noone me dise que c'était Lyra Matthew.
La reine des abeilles, la fille la plus populaire de l'école et également fiancée à Damon, même si je ne les ai jamais vus beaucoup parler, alors qu'ils étaient potentiellement mari et femme, et comme toujours, je m'en fichais.
Elle s'attendait manifestement à recevoir le soutien de la classe, mais personne n'a ri, personne, à part ses deux amies, tous avaient le regard las, comme si le regard que Damon leur avait lancé persistait.
Je ne savais pas pourquoi il avait fait ça, mais je m'en fichais, tant que cela mettait fin à ce harcèlement démentiel pour l'instant, ça me convenait.
Le professeur ne dit rien, ne voulant manifestement pas échanger un mot avec la fille d'un alpha, alors je lui adressai un bref sourire et dis :
« Je vais bien, monsieur, désolée d'avoir été distraite ! » Il a hoché la tête et a continué son cours.
Mon regard s'est posé sur le mur latéral, où j'ai vu passer un rayon de lumière sombre, une ombre.
« C'est bizarre ! » ai-je murmuré, regardant autour de moi pour constater que personne ne bougeait.
« Ça doit être mes yeux alors ! » ai-je soupiré, avant de me replonger dans le cours.
Trente minutes plus tard, le professeur, que j'ai appris plus tard être M. Stonehenge, notre professeur de littérature, a terminé son cours et est parti.
Les autres étudiants commencèrent à sortir, par groupes de deux, trois ou quatre, et comme d'habitude, je me retrouvai seul.
Je détestais ça, je détestais vraiment ça.
J'avais toujours eu le sentiment de ne pas être à ma place, donc ici, ce n'était pas différent, mais quand même.
Je détestais ça.
Je pris mon sac et m'apprêtai à partir, mais Lyra me bloqua le passage, un sourire aux lèvres, tout comme ses deux amies derrière elle.
Letha et Cathy.
Toutes deux étaient des louves oméga, mais la présence d'une personne aussi puissante que Lyra les empêchait d'être victimes d'intimidation ou de mépris, c'est pourquoi elles avaient accepté d'être ses larbins.
Du moins, c'est ce que j'avais entendu dire.
« Tu es Shania, n'est-ce pas ? » m'a demandé Lyra, et j'ai froncé les sourcils.
Est-elle lente ?
Ou stupide ?
Pourquoi me poser une telle question alors que tout le monde dans cette putain d'école sait qui je suis ?
Mais pas dans le bon sens du terme.
Je voulais l'insulter, mais avant que les mots ne sortent de ma bouche, je me suis retenue et je les ai ravalés.
« Oui, je le suis ! » ai-je répondu en serrant les dents, et elle a souri.
Alors cette sorcière sourit ? Je ne savais pas.
« Suis-moi ! » m'a-t-elle ordonné avant de s'éloigner immédiatement, seule, sans Letha et Cathy, qui restaient là à me lancer des regards haineux.
Je suis restée sur place, ne voulant pas obéir à son ordre, si elle ne me donnait pas une raison subtile de le faire, mais alors, elle s'est arrêtée, se tournant vers moi avec ce même sourire dangereusement doux.
« Tu peux soit me suivre, soit rester ici et affronter ces deux-là. À première vue, il est évident qu'elles ne t'aiment pas ! »
Elle avait raison, ces deux-là étaient des omégas, donc face à un vrai loup, elles n'avaient aucune chance, mais face à un humain fragile comme moi ?
Ils pouvaient me déchirer en deux et me dévorer en une seconde, et je ne serais pas capable de leur infliger la moindre égratignure.
J'étais aussi faible que ça.
Alors quand elle s'est remise à marcher, je n'ai pas hésité à la suivre.
Je déteste ça, je déteste ça, je déteste ça.
Elle m'emmena faire le tour de l'école, et nous finîmes par nous arrêter devant un escalier. Je le reconnus immédiatement, c'était celui qui menait au toit.
Elle a commencé à le monter et j'ai hésité un moment : allait-elle me pousser de là-haut et mentir en disant que j'avais sauté moi-même ?
Non, quelqu'un d'aussi flamboyant, beau et fier que Lyra Matthew ne ferait pas une chose pareille.
Elle avait l'aura d'une reine, le genre qui vous fait tomber à genoux et trembler, elle marchait comme une déesse, la tête haute, sans se voûter.
Elle ne choisirait pas une mort aussi subtile pour moi, qui l'obligerait à mentir et à rabaisser son ego.Avec cette pensée en tête, j'inspire et j'expire avant de la suivre.
La brise soufflait, l'air froid me frappait de toute sa force et je frissonnai immédiatement.
Cela ne semblait pas affecter Lyra, ce devait être l'un des avantages d'être une louve.
Sa fourrure de loup suffisait à la protéger du froid, même sans qu'elle fasse d'effort.
Eh bien, pauvre de moi d'être humain.
Chapitre 194Chapitre finalPoint de vue de l'auteurLa meute ne se remet pas d'un coup. La guérison est lente, par petits morceaux. Au début, c'est le silence qui règne. Plus d'accusations chuchotées dans les couloirs. Plus de gardes postés devant les portes du conseil. Plus de tension suffocante. Ce silence est étrange, presque inquiétant, comme si chacun attendait le moindre incident.Mais rien ne se produit. Les jours passent. Le soleil se lève et se couche sans catastrophe. Les loups reprennent l'entraînement, non par peur, mais par habitude. Les rires recommencent à réapparaître dans les conversations, timidement d'abord, comme si l'on craignait de ne plus pouvoir exprimer sa joie.Un soir, Damon se tient sur le balcon de la maison de la meute, les bras appuyés contre la rambarde de pierre, le regard scrutant les environs. Des feux crépitent au loin. Il entend des voix monter de la cour. Des voix normales. Des plaintes ordinaires. Quelqu'un se dispute à propos des portions de no
Chapitre 193Point de vue de l'auteurLa salle du conseil semble plus petite que d'habitude. Non pas que les murs aient bougé, mais parce que la peur a envahi tout l'espace. Dylan se tient de nouveau au centre de la pièce, les épaules voûtées, le regard passant d'un ancien à l'autre. La sueur perle à la racine de ses cheveux, ses doigts se crispent si fort que ses jointures blanchissent. Le premier interrogatoire l'avait déjà ébranlé. Ce second est en train de le briser.Un ancien s'avance, sa voix ferme mais implacable.« On t'a donné toutes les occasions de dire la vérité », dit-il. « C'est la dernière fois que nous te le demandons. »Dylan déglutit difficilement. De l'autre côté de la pièce, Brielle reste parfaitement immobile, le dos droit, le visage figé dans une calme indifférence. Si on l'observait attentivement, on pourrait la prendre pour de l'assurance. Mais ses yeux ne quittent pas Dylan, et il y a quelque chose de tranchant dans son regard. Un avertissement. Un ordre. De l
Chapitre 192Point de vue de l'auteureBrielle ne court pas vers Dylan. Elle ne court jamais. Elle arpente les couloirs avec une assurance naturelle, les épaules droites, le menton relevé, chaque pas déterminé. Derrière elle, le bourdonnement des salles du conseil résonne : les anciens se disputent à voix basse, menaçants ; les gardes vont et viennent ; la meute retient son souffle. Le jugement approche. Tous le sentent. Et Dylan est au bord de la rupture.Elle le trouve là où elle savait qu'il serait, tapi près de l'ancienne aile d'entraînement, errant comme un animal pris au piège. Ses mains passent sans cesse dans ses cheveux, sa respiration est saccadée. Dès qu'il la voit, un soulagement si intense traverse son visage qu'il la dégoûte presque. Presque.« Dieu merci », murmure-t-il. « Brielle, je… »Elle lève la main.Il se tait aussitôt.Ce petit geste a toujours fonctionné sur lui. Brielle oublie ce détail tout en s'approchant, baissant la voix et lui parlant comme à un enfant.«
Chapitre 191Point de vue de l'auteurLa salle du conseil empestait le vieux bois et la tension était palpable, une atmosphère si pesante qu'on aurait pu s'étouffer. Chaque siège était occupé, chaque ancien avait le regard plissé, perçant, inquiet. Dès que deux gardes poussèrent Dylan en avant, la pièce sembla se contracter, tendue par une curiosité à vous donner la chair de poule. Il trébucha légèrement, non pas physiquement, mais comme un animal pris au piège qui sent les crocs proches. Ses mains se crispèrent nerveusement, et je pouvais presque entendre le léger sifflement de son cœur par-dessus le murmure du conseil.« Dylan, commença un ancien d'une voix sèche, de celles qui vous donnent envie d'avaler votre salive en espérant que votre langue ne vous trahisse pas, nous avons examiné le déroulement des événements, les déplacements, les circonstances des blessures de Susan. » Il marqua une pause, laissant les mots résonner, lourds comme du plomb. Dylan se remua, mal à l'aise. « No
Chapitre 190Point de vue de ShaniaJe le sens dans ma poitrine avant même d'entrer dans la salle du conseil. Ce poids qui vous noue l'estomac, cette tension qui fait trembler vos mains malgré vos efforts pour le cacher. Je me répète sans cesse : « Shania, respire, respire », mais mon loup intérieur s'agite, grondant sourdement, se tordant et se retournant au creux de mes entrailles comme s'il pressentait quelque chose que je ne peux même pas exprimer.Et Damon, mon Dieu, Damon est là, immobile comme toujours, comme si le monde ne pouvait l'atteindre, comme s'il était intouchable. Mais je perçois sa peur, à peine, tapie sous la surface, crispée dans sa mâchoire, dans la façon dont sa main se tend vers la mienne, alors qu'il n'est pas censé me toucher ainsi en public.J'avance, m'efforçant de ne pas laisser mes genoux flancher. Mes bottes claquent sur le sol de pierre, un bruit assourdissant, une vie palpable, comme si chaque battement de cœur de la meute dans le hall y résonnait. Tous
Chapitre 189Point de vue de BrielleJe déteste ça. Je déteste la façon dont ça m'échappe. Je le sens. Je le vois dans le regard que la meute pose sur Damon. La colère, les cris, les murmures qui le transperçaient comme des couteaux, tout cela s'estompe. Lentement. Trop lentement. Et à leur place, dans les moindres interstices où régnait la colère, le doute s'installe. Un doute sourd, celui qui s'insinue comme de la fumée sous une porte, et qui me noue l'estomac. Je déteste ça. Je déteste qu'ils se posent des questions, qu'ils hésitent. Qu'ils pensent, même un tout petit peu, qu'il n'est peut-être pas coupable, qu'il n'a rien fait.Et c'est alors que la peur me frappe de plein fouet. Une petite piqûre aiguë dans la poitrine qui me glace les bras, les jambes, et qui serre mes poings sans même que je m'en rende compte. Le contrôle m'échappe, mon contrôle, la seule chose qui maintenait l'ordre, et je le sens m'échapper. Ça ne me plaît pas du tout. Pas du tout.Je regarde Dylan, planté là







