MasukLucien« Voici ton café », proposai-je à Aldric.L’homme fronça les sourcils, l’air méfiant. Je lui répondis par un regard provocateur, comme pour lui dire : « Qu’est-ce que ça peut te faire ? »Il finit par accepter la tasse de café. Je bus ma part. « C’est le café préféré de Serena et le mien », dis-je sans mentir tout à fait. C’était effectivement mon préféré, mais pas celui de Serena. Je l’avais dit pour l’inciter à le boire rapidement.Finalement, Aldric but une gorgée de café. Il resta silencieux, puis en but à nouveau. Il en avait peut-être déjà bu un quart de tasse.C’était suffisant.Je comptais le temps. Peu après, Aldric s’endormit profondément, incapable d’entendre quoi que ce soit.Je m’approchai aussitôt de Serena. Dormir à ses côtés me manquait. Au début, je voulais monter sur le lit avec elle, mais je ne voulais pas qu’elle se fâche à nouveau contre moi. Finalement, je m’endormis sur le banc à côté de son lit.Mes efforts n’avaient pas été vains. Serena se réveilla au
SerenaJe me suis aussitôt assise et j’ai crié : « J’ai envie de faire pipi ! »Oh là là, mais quelle excuse !Lucien, qui était en train d’ouvrir le tiroir de la table de chevet, s’est arrêté net. Il a repoussé le tiroir et m’a souri. « Allez, viens », m’a-t-il dit avec enthousiasme. Il s’est tout de suite préparé à me porter.« Je peux marcher toute seule », protestai-je, mais Lucien n’en tint pas compte. Il continua à me porter.Mon cœur se mit aussitôt à battre à tout rompre. Je voulais me débattre, mais mon corps était trop faible.Lucien jeta un coup d’œil vers Aldric, qui dormait encore profondément. Il esquissa un sourire cynique, empreint de triomphe.Mon ex-mari me déposa devant les toilettes. « Tu as besoin d’aide ? », proposa-t-il d’un ton taquin.« Je peux me débrouiller toute seule. Va-t’en ! », le chassai-je, agacée.« J’ai peur qu’il t’arrive quelque chose. Je reste ici », insista-t-il, refusant de céder.Je le poussai hors de la pièce. « Quel tyran ! »Lucien éclata d
SerenaJe retirai doucement ma main. Ce geste réveilla Lucien. Il se redressa d’un bond et me regarda. « Qu’est-ce qui t’arrive ? », demanda-t-il à voix basse. Il jeta spontanément un coup d’œil vers le canapé. Là, Aldric dormait, à demi assis, les bras croisés.« Rien. J’ai soif », répondis-je, n’importe quoi pourvu que ce soit une excuse.Avec dextérité, Lucien prit un verre sur la table de chevet et me le tendit. Il sourit d’un air maladroit, le visage encore froissé par le sommeil, comme souvent au réveil.Je restai bouche bée, le regardant longuement. C’était un geste que je n’aurais jamais imaginé il y a trois ans. Il me semblait impossible qu’un Lucien puisse se mettre à mon service. Il répondit à mon regard par un sourire sincère.« Allez, bois, tu as dit que tu avais soif », dit Lucien en me caressant l’épaule.L’eau qui coulait dans ma gorge me donnait l’impression de m’étouffer. Dès que j’eus fini de boire, Lucien reprit aussitôt le verre et le posa sur la table de chevet.
Serena« Lucien va donc venir ici ? », demanda Émilie tout en rangeant le contenu de son sac.J’acquiesçai.Émilie fit la moue. « Tu es sûre de pouvoir supporter qu’il t’approche à nouveau ? Et si vous finissiez par vous remettre ensemble ? », me lança-t-elle en me regardant d’un air sceptique.Je restai silencieuse un instant. « Non. Ne sois pas naïve. Toutes les relations qui se passent bien ne se terminent pas forcément par une réconciliation. Et puis, de toute façon, notre relation n’est pas si bonne que ça. On est juste en trêve », répondis-je d’un ton désinvolte.Émilie fit à nouveau la moue, croisa les bras et m’adressa un sourire en coin.Aldric et Jimmy entrèrent dans la chambre d’hôpital. Je ne savais pas de quoi ils parlaient dehors.« Allez, Ém », dit Jimmy. Il allait raccompagner Émilie chez elle.« D’accord », répondit ma meilleure amie avec enthousiasme. Elle faillit même bondir de la chaise sur laquelle elle était assise.Émilie et moi échangeâmes un regard. Je lui adr
LucienDeux femmes se trouvent dans la même situation, hospitalisées, mais cela me touche différemment.Je ne suis pas venu ici pour Camille.C’est pour moi.Gabriel marche légèrement derrière moi. Je me retourne vers lui et il hoche la tête. « Je m’en occupe tout de suite, Monsieur », dit-il à voix basse.Je lui réponds par un signe de tête, puis il se retourne aussitôt. Je continue mon chemin vers la salle d’attente réservée aux patients privilégiés des urgences. C’est l’hôpital habituel de la famille Hubert. Dans cette pièce, maman et Niki sont assises, les yeux remplis de larmes.Il s’avère qu’elles aimaient vraiment Camille.Pourquoi ne pouvaient-elles pas être comme ça avec Serena ?Maman s’est précipitée vers moi dès qu’elle m’a vu arriver. « Lucien, tu es enfin là », m’a-t-elle dit en me serrant dans ses bras. Son visage semblait un peu plus soulagé.Niki s’est également levée du banc où elle ét
SerenaLe gynécologue posa une sonde sur mon ventre et la fit glisser.J’eus le souffle coupé.Avant même que l’image n’apparaisse à l’écran, j’entendis un son qui me fit retenir mon souffle.Un son tellement beau.Des battements de cœur.J’avais les larmes aux yeux.Ce son semblait plus rapide que le rythme cardiaque que je ressentais d’habitude.« Le voilà », dit le médecin en regardant l’écran. « Félicitations, vous en êtes à 15 semaines de grossesse », ajouta-t-il.J’étais fascinée par l’image qui s’affichait. Cela ne ressemblait pas encore tout à fait à un être humain.« Ce fœtus a encore la taille d’une pomme, mais tous ses organes sont déjà formés. Regardez ses yeux, son nez », expliqua le médecin en désignant l’écran.J’écarquillai les yeux, fascinée par ce que je voyais à l’écran. Des larmes coulaient sur mes joues sans que je puisse les retenir.Mon enfant était si b







