Início / Romance / PÉCHÉS INAVOUABLES / CHAPITRE 6 : LE LENDEMAIN

Compartilhar

CHAPITRE 6 : LE LENDEMAIN

Autor: Déesse
last update Data de publicação: 2026-09-24 02:19:24

Pénélope « Penny » Ashworth

Je reste seule dans les toilettes pendant ce qui me semble une éternité. Le carrelage blanc, le miroir terni, l'odeur de savon et de sexe. Mes jambes tremblent encore. Ma culotte est toujours pendue à ma cheville. Ma robe est froissée, tachée, humide entre les cuisses.

Je me regarde dans le miroir. Mon mascara a coulé en rigoles noires sur mes joues. Mon rouge à lèvres a disparu, mangé par ses baisers. Mes cheveux pendent en mèches folles autour de mon visage. Je ressemble à une noyée. À une putain. À une femme qui vient de baiser son beau-père dans des toilettes, deux heures après avoir épousé son fils.

Je remonte ma culotte. J'ajuste ma robe. Je lisse mes cheveux avec mes doigts. Je frotte mes joues avec le revers de ma main, étalant le mascara au lieu de l'enlever. Je ne peux pas retourner à la réception comme ça. Mais je ne peux pas rester ici. On va me chercher. On va me trouver. On va savoir.

Je sors des toilettes. Le couloir est vide. Les portraits des Thorne me regardent passer, leurs yeux peints froids, accusateurs. Je marche vite, la tête baissée, les mains croisées devant moi. Je trouve une autre salle de bain, plus loin, réservée aux invités. Je m'enferme. Je me lave le visage à l'eau froide. Je répare mon maquillage tant bien que mal. Je ne peux rien faire pour ma robe. Je prie pour que personne ne remarque les plis.

Quand je retourne à la réception, la fête bat son plein. Le quatuor joue du Mozart. Les invités dansent, boivent, rient. Personne ne m'a cherchée. Personne ne s'est inquiété de mon absence. Je suis la mariée, et personne ne m'a vue partir.

Alistair est au bar. Il discute avec un homme d'affaires bedonnant. Il a l'air frais, reposé, détendu. Ses cheveux sont parfaitement gominés. Son nœud papillon est droit. Sa chemise est impeccable. Comme s'il n'avait pas passé les vingt dernières minutes à se faire sucer dans les toilettes. Comme s'il n'avait pas trahi sa femme le jour de son mariage.

Il me voit. Il sourit. Il s'approche.

— Où étais-tu passée ?

Sa voix est légère, désinvolte. Comme s'il me demandait si j'avais aimé le dessert.

— J'avais besoin d'air.

— Tu aurais dû me le dire. Je t'aurais accompagnée.

Je le regarde. Ses yeux noisette, ce sourire parfait, cette mâchoire nette. Je cherche un signe. Un remords. Une gêne. N'importe quoi. Il n'y a rien. Que du vide. Du vernis. De la surface.

— Tu étais où, toi ? je demande.

— Aux toilettes. J'ai croisé Barnaby Croft. Tu sais, le danseur. Il cherchait les mêmes toilettes que moi.

Il rit. Un rire léger, cristallin. Il ne rougit pas. Il ne bafouille pas. Il me regarde droit dans les yeux et il ment. Avec une aisance qui me coupe le souffle.

— Je vois.

Je m'éloigne. Je ne peux pas rester près de lui. Je ne peux pas faire semblant. Pas maintenant. Pas après ce que j'ai vu. Pas après ce que j'ai fait.

Je trouve une table vide, au fond du chapiteau. Je m'assois. Je prends une coupe de champagne sur un plateau qui passe. Je bois cul sec. Puis une autre. L'alcool monte vite, réchauffe mes joues, engourdit mes membres. Je commence à me sentir flotter. C'est agréable. C'est mieux que la douleur.

Séraphin est à l'autre bout de la salle. Il discute avec Cordélia. Il ne me regarde pas. Il ne me regarde pas du tout. Comme si rien ne s'était passé. Comme si je n'existais pas. Comme si je n'avais pas eu sa queue en moi il y a vingt minutes.

Cordélia, elle, me regarde. Ses yeux bleus, vitreux d'alcool, me fixent à travers la salle. Elle sourit. Un sourire tordu, mauvais. Elle sait quelque chose. Elle ne sait pas quoi. Mais elle sait.

Je détourne le regard. Je bois. Je bois encore.

La soirée s'étire. Les toasts. Les discours. Le gâteau. Les danses. Je fais tout ce qu'on attend de moi. Je souris. Je remercie. Je pose pour les photos. Je coupe le gâteau avec Alistair. Il me tient la main. Sa paume est sèche. Ses doigts sont froids. Il ne me regarde pas. Il regarde l'objectif. Toujours l'objectif.

À minuit, les invités commencent à partir. Les voitures s'alignent devant le manoir. Les taxis, les Bentley, les Jaguar. Les femmes en robes longues trébuchent sur leurs talons. Les hommes en smoking titubent. L'alcool a fait son œuvre.

Alistair me prend par le bras.

— On monte ?

La chambre nuptiale est au deuxième étage. Une suite immense, tendue de soie crème, avec un lit à baldaquin, une baignoire sur pieds, une cheminée en marbre. Des bougies. Des pétales de rose. Du champagne dans un seau à glace. La décoration parfaite pour une nuit de noces parfaite.

Alistair ferme la porte. Il se retourne vers moi. Il déboutonne sa chemise. Il s'approche. Il m'embrasse. Ses lèvres sont froides. Mécaniques. Il me touche les seins. Ses mains sont distraites. Il me pousse vers le lit.

— Je suis fatigué, il dit. On peut juste... tu sais.

Je sais. Je sais ce qu'il veut dire. Il ne veut pas me baiser. Il n'a jamais voulu me baiser. Pas vraiment. Pas comme un homme baise sa femme. Pas comme Séraphin m'a baisée dans les toilettes.

— Bien sûr, je dis. Je suis fatiguée aussi.

Il se déshabille. Il se glisse sous les draps. Il tourne le dos. En quelques minutes, il dort. Ou il fait semblant. Je ne sais pas. Je ne sais plus.

Je reste assise au bord du lit. Ma robe de mariée est étalée autour de moi comme une flaque de soie. Je regarde la fenêtre. La lune brille au-dessus du lac. Le manoir est silencieux. Les invités sont partis. Les domestiques ont éteint les lumières. Je suis seule. Mariée. Trahie. Coupable.

Continue a ler este livro gratuitamente
Escaneie o código para baixar o App

Último capítulo

  • PÉCHÉS INAVOUABLES    Chapitre 4 — La sœur avait tout 4

    Il jouit dans ma bouche.Chaud. Salé. Amer. Épais. Je l'avale. Tout. Goutte par goutte. Je ne lâche pas. Je ne le quitte pas. Je le bois jusqu'à la dernière pulsation. Et quand il n'a plus rien, quand il tremble, quand ses jambes flageolent, je le lèche encore. Doucement. Pour le finir. Pour qu'il se souvienne. Pour qu'il n'oublie jamais.Je me relève. Je m'essuie la bouche du revers de la main. Je le regarde. Il est blanc. Il est vidé. Il est à moi.— Maintenant, dis-je, tu peux sortir.Il ne bouge pas. Il me regarde. Ses yeux sont immenses. Il voudrait dire quelque chose. Il ne sait pas quoi. Il ouvre la bouche. Je pose un doigt dessus.— Ce soir, dis-je. Après le dîner. Clarisse débarrasse la table. Elle fait la vaisselle. Elle met au moins une heure. Tu le sais. Le bureau. Le mien. En haut. La porte ne ferme pas à clé. Elle n'a jamais fermé à clé. Je te laisserai la lumière allumée.Je sors. Je passe devant lui, et

  • PÉCHÉS INAVOUABLES    Chapitre 3 — La sœur avait tout 3

    Je défais la boucle. Le cuir claque, un bruit sec qui résonne contre les murs carrelés, et ce bruit me fait mouiller. Je défais le bouton. Je baisse la fermeture éclair. Dent par dent. Lente. Précaise. Je glisse ma main dans l'ouverture. Je le trouve. Chaud. Dur. Déjà trempé au bout. Je le sors. Je le regarde. Il est beau. Épais. Droit. Une veine qui court sur le côté. Le gland luisant, gonflé, violet. Je passe mon pouce dessus, et Thomas ferme les yeux, et sa tête part en arrière, et il émet un souffle, un souffle court, un souffle de bête.— Regarde-moi, dis-je.Il ouvre les yeux. Il me regarde. Il me regarde comme un homme qui se noie regarde la rive. Et moi, je m'agenouille. Lentement. Le carrelage est dur sous mes genoux. La vapeur tourne autour de nous. L'eau coule toujours. Je ne la coupe pas. Je veux ce bruit. Je veux cette vapeur. Je veux que tout soit flou, sauf lui.Je le prends dans ma main. Je le tiens à la base. Je le serre. Je sens

  • PÉCHÉS INAVOUABLES    Chapitre 2 — La sœur avait tout 2

    Je fais un pas. Un seul. Le peignoir s'ouvre un peu plus. Je ne le referme pas. Je ne fais rien. Je laisse la vapeur nous envelopper. Je laisse l'eau couler. Je laisse le silence se charger de tout ce qu'on ne dit pas. Il me regarde. Il me regarde vraiment, cette fois. Pas en dessous. Pas à la dérobée. Il me regarde comme un homme qui regarde une chose qu'il n'a pas le droit de regarder. Et dans ses yeux, je vois la jalousie. Pas la jalousie de celui qui a peur de perdre. La jalousie de celui qui n'a jamais eu. La jalousie de celui qui a épousé la copie et qui découvre l'original.— Clarisse t'aime, dit-il.— Clarisse m'aime parce que je suis sa sœur. Clarisse t'aime parce que tu es son mari. Mais toi, tu ne l'aimes pas. Pas comme ça. Pas de la façon dont tu me regardes. Tu l'aimes comme on aime une habitude. Tu l'aimes comme on aime une maison qu'on a construite et dans laquelle on ne se sent plus chez soi.— Tu ne sais rien.— Je sais

  • PÉCHÉS INAVOUABLES    Chapitre 1 — La sœur avait tout

    ÉléonoreLa porte de la salle de bain est entrouverte. Je le sais parce que je l'ai laissée comme ça. Pas par hasard. Parce que je savais qu'il monterait. Parce que je savais qu'il chercherait. Parce que je savais que sa femme, ma petite sœur, ma Clarisse, ma chair, mon sang, est en bas, dans la cuisine, en train de couper des légumes avec la précision d'une horloge suisse, et qu'elle ne montera pas avant au moins vingt minutes.Alors j'ai laissé la porte entrouverte. Et j'ai laissé le peignoir glisser. Et j'ai laissé l'eau couler, chaude, trop chaude, cette buée qui monte et qui colle à la peau et qui fait que tout devient flou, tout devient possible.Il frappe. Deux coups secs. Contre le chambranle.— Éléonore ? Tu en as pour longtemps ?Sa voix. Cette voix. Grave, posée, cette voix d'homme qui n'a jamais besoin de crier pour être entendu. La voix de quelqu'un qui sait qu'on l'écoutera de toute façon. Je ne réponds pas tout de

  • PÉCHÉS INAVOUABLES    Chapitre 18 — Le goût du silence 2

    Un silence. Une fraction de seconde. Le nom de Séraphin flotte entre nous comme une lame. Je sens mon cœur qui bat, là, dans ma gorge, à l'endroit exact où sa queue est passée. Je sens la chaleur qui monte à mes joues. Je sens mes doigts qui se crispent sur le tissu de ma robe, à l'endroit de la tache, comme si je pouvais la cacher, comme si je pouvais effacer ce qui est là.— Oui. Il est monté devant.Alistair hoche la tête. Il s'approche, pose un baiser sur mon front, et je ferme les yeux. Ses lèvres sont chaudes. Les lèvres de son père étaient plus sèches, plus dures, et elles sentaient le tabac froid. Alistair sent le thé et le savon. Alistair sent la maison. Alistair sent la vie normale, celle que j'ai eue, celle que j'ai perdue dans l'espace de dix minutes.— Tu trembles, dit-il.— Il fait froid, en bas.— Va te changer. Le thé sera prêt dans cinq minutes.Il repart vers la cuisine. Je monte l'escalier. Chaque marche craque. Dans la chambre, je retire la robe de soie et je la re

  • PÉCHÉS INAVOUABLES    Chapitre 17 — Le goût du silence

    Pénélope Séraphin ne s'arrête pas. Il continue de baiser ma bouche, ses hanches oscillant avec une lenteur délibérée, et il murmure : — Réponds-lui. Je ne peux pas. Sa queue bute contre le fond de ma gorge, et le moindre son que j'émettrais serait un gargouillis, un gémissement, une preuve. Je secoue la tête, les yeux levés vers lui, implorant. Il sourit, ce même rictus dur, et retire lentement son sexe. Un fil de salive relie encore ma lèvre à son gland luisant. Le fil s'étire, tremble, puis casse et tombe sur mes genoux, une goutte laiteuse et translucide qui roule sur ma peau et disparaît dans le pli de ma robe. — Réponds-lui, répète-t-il, plus bas. Dis-lui que tu es descendue chercher une bouteille. Que tu ne trouves pas la lumière. N'importe quoi. Mais réponds. Ma voix est rauque, éraillée. Je dois déglutir deux fois avant que le son ne sorte. Ma gorge est irritée, endolorie, et chaque déglutition me rappelle la forme de son sexe, la façon dont il a forcé le passage, la faç

Mais capítulos
Explore e leia bons romances gratuitamente
Acesso gratuito a um vasto número de bons romances no app GoodNovel. Baixe os livros que você gosta e leia em qualquer lugar e a qualquer hora.
Leia livros gratuitamente no app
ESCANEIE O CÓDIGO PARA LER NO APP
DMCA.com Protection Status