Home / Romance / PÉCHÉS INAVOUABLES / CHAPITRE 5 : LA VENGEANCE 2

Share

CHAPITRE 5 : LA VENGEANCE 2

Author: Déesse
last update publish date: 2026-09-24 02:18:56

Ses doigts bougent en moi, plient, pressent, trouvent un endroit qui me fait pleurer. Je mords sa cravate pour étouffer le son. Il arrache le tissu de sa bouche, la jette, et m'embrasse à nouveau. Sa langue imite le rythme de ses doigts. Je suis impalée sur lui, épinglée entre le carrelage froid et ce corps que je ne connais pas.

Ce n'est pas assez. Rien de cela n'est assez.

J'attrape sa ceinture. Le cuir craque quand je tire. Le métal de la boucle claque. Mes doigts trouvent la braguette, tirent. Il grogne contre ma bouche quand je referme mes doigts sur sa queue, dure, épaisse, chaude contre ma paume. Il est plus gros que ce que j'imaginais. Plus gros que ce que je connaissais. Plus gros que celle d'Alistair. Plus épais. Plus lourd. Plus tout.

— Baisez-moi, je dis. Les mots sortent comme du gravier.

Il me soulève. Mes talons Louboutin s'accrochent à ses hanches. La soie de ma robe s'écrase entre nous. Il me positionne, ajuste l'angle, et pousse.

Sa queue entre en moi d'un seul coup. Ma chatte s'étire autour de lui, brûlure vive, pleine, totale. Je hurle. Sa main gauche vient plaquer ma bouche, étouffant le son. Ses doigts sentent mon souffle, ma salive, mes dents.

Il ne bouge pas. Il me maintient là, impalée, pleine, contre ce mur. Son visage est enfoui dans mon cou. Sa respiration est rauque, irrégulière. Je sens ses abdominaux trembler contre mes cuisses.

Puis il commence à bouger.

Chaque coup de rein est un coup de bélier. Le carrelage résonne du bruit de ma peau contre le mur, du claquement mouillé de nos corps, de mon souffle coupé en deux. Sa main droite agrippe ma hanche, laissant des marques. Sa main gauche reste plaquée sur ma bouche. Je lèche ses doigts. Je mords. Je gémis contre sa paume.

— Regardez-moi, il dit.

J'ouvre les yeux. Les siens sont là, gris, proches, brûlants. Il me regarde droit dans les yeux pendant qu'il me baise. Chaque coup de rein me pousse plus haut contre le mur. Ma chatte le serre, le lâche, le serre. Le bruit est obscène, schlick, schlick, schlick, rythme régulier comme un métronome.

Quelque chose monte en moi. Pas lentement. Comme une vague qui se brise. Mes jambes tremblent contre ses hanches. Mes ongles s'enfoncent dans ses épaules à travers la chemise. Le tissu se déchire.

— Je vais...

— Je sais, il dit. Et il accélère.

Sa queue frotte un endroit en moi qui fait exploser des étoiles derrière mes yeux. Ma chatte se contracte autour de lui, spasme après spasme. Je jouis en silence, la bouche ouverte contre sa paume, le corps secoué de tremblements. Il ne s'arrête pas. Il continue de me baiser à travers l'orgasme, prolongeant chaque contraction jusqu'à ce que je supplie à travers ses doigts.

Puis il grogne, un son profond, animal, et se retire. Sa queue glisse hors de moi, laissant un vide. Il s'écarte d'un pas. Sa main gauche quitte ma bouche. Ses doigts sont mouillés de ma salive.

Je m'effondre contre le mur. Mes talons touchent à peine le carrelage. Ma robe est relevée jusqu'à la taille, ma culotte pend à une cheville, ma chatte palpite encore, vide, trempée.

Il réajuste sa braguette. Ses mains tremblent, légèrement, à peine. Il récupère sa cravate par terre. Son regard revient vers moi.

— Vous êtes la femme d'Alistair, dit-il. Ce n'est pas une question.

Mon sang se fige. L'air entre nous devient froid.

— Comment vous...

— La bague. Son regard se pose sur ma main gauche, sur l'alliance d'or que le prêtre a glissée sur mon doigt il y a deux heures. Le modèle Thorne.

Je déglutis. Ma gorge est sèche.

— Et vous, qui êtes-vous ?

Un silence. Le carrelage blanc réfléchit la lumière jaune du plafonnier. L'eau de Cologne et le sexe mêlent leurs odeurs dans l'air confiné.

Il finit de nouer sa cravate. Il récupère sa veste, l'enfile, vérifie son revers dans le miroir terni. Son visage est redevenu un masque, lisse, fermé, impénétrable.

— Séraphin, dit-il. Séraphin Thorne.

Le nom tombe entre nous comme une pierre dans l'eau.

Thorne.

Le père d'Alistair. Mon beau-père.

Je m'appuie contre le carrelage froid, les jambes en coton, sa salive sur ma gorge, sa queue encore en mémoire dans mon corps, et je le regarde ouvrir la porte.

Il se retourne une dernière fois. Son regard gris balaie ma robe froissée, mes cheveux défaits, mes lèvres gonflées.

— Bienvenue dans la famille, dit-il.

La porte se referme.

Je reste seule. Face au miroir. Face à mon reflet. Face à l'horreur de ce que je viens de faire. Je viens de baiser mon beau-père. Le père de mon mari. L'homme qui m'a accueillie dans sa famille il y a deux heures. L'homme dont je ne connaissais même pas le visage. L'homme qui m'a baisée contre un mur, sans douceur, sans tendresse, sans rien. Juste du sexe. Du sexe brut. Du sexe de vengeance. Du sexe de haine.

Je me regarde dans le miroir. Mon mascara a coulé. Mon rouge à lèvres a disparu. Mes cheveux sont en bataille. Ma robe est froissée. Ma culotte pend à ma cheville. Je suis un désastre. Un beau désastre. Un désastre de mariée.

Je pleure. Encore. Les larmes reviennent. Elles n'ont jamais vraiment cessé. Elles coulent sur mes joues, elles tombent sur le carrelage, elles se mêlent à la sueur, au sperme, à la honte. Je pleure parce que je viens de trahir mon mari. Je pleure parce que je viens de me trahir moi-même. Je pleure parce que je viens de baiser le père de l'homme qui m'a trahie. Je pleure parce que je ne sais plus qui je suis. Je pleure parce que je ne sais plus ce que je vais faire. Je pleure parce que je suis seule. Terriblement seule.

Continue to read this book for free
Scan code to download App

Latest chapter

  • PÉCHÉS INAVOUABLES    Chapitre 3 — La sœur avait tout 3

    Je défais la boucle. Le cuir claque, un bruit sec qui résonne contre les murs carrelés, et ce bruit me fait mouiller. Je défais le bouton. Je baisse la fermeture éclair. Dent par dent. Lente. Précaise. Je glisse ma main dans l'ouverture. Je le trouve. Chaud. Dur. Déjà trempé au bout. Je le sors. Je le regarde. Il est beau. Épais. Droit. Une veine qui court sur le côté. Le gland luisant, gonflé, violet. Je passe mon pouce dessus, et Thomas ferme les yeux, et sa tête part en arrière, et il émet un souffle, un souffle court, un souffle de bête.— Regarde-moi, dis-je.Il ouvre les yeux. Il me regarde. Il me regarde comme un homme qui se noie regarde la rive. Et moi, je m'agenouille. Lentement. Le carrelage est dur sous mes genoux. La vapeur tourne autour de nous. L'eau coule toujours. Je ne la coupe pas. Je veux ce bruit. Je veux cette vapeur. Je veux que tout soit flou, sauf lui.Je le prends dans ma main. Je le tiens à la base. Je le serre. Je sens

  • PÉCHÉS INAVOUABLES    Chapitre 2 — La sœur avait tout 2

    Je fais un pas. Un seul. Le peignoir s'ouvre un peu plus. Je ne le referme pas. Je ne fais rien. Je laisse la vapeur nous envelopper. Je laisse l'eau couler. Je laisse le silence se charger de tout ce qu'on ne dit pas. Il me regarde. Il me regarde vraiment, cette fois. Pas en dessous. Pas à la dérobée. Il me regarde comme un homme qui regarde une chose qu'il n'a pas le droit de regarder. Et dans ses yeux, je vois la jalousie. Pas la jalousie de celui qui a peur de perdre. La jalousie de celui qui n'a jamais eu. La jalousie de celui qui a épousé la copie et qui découvre l'original.— Clarisse t'aime, dit-il.— Clarisse m'aime parce que je suis sa sœur. Clarisse t'aime parce que tu es son mari. Mais toi, tu ne l'aimes pas. Pas comme ça. Pas de la façon dont tu me regardes. Tu l'aimes comme on aime une habitude. Tu l'aimes comme on aime une maison qu'on a construite et dans laquelle on ne se sent plus chez soi.— Tu ne sais rien.— Je sais

  • PÉCHÉS INAVOUABLES    Chapitre 1 — La sœur avait tout

    ÉléonoreLa porte de la salle de bain est entrouverte. Je le sais parce que je l'ai laissée comme ça. Pas par hasard. Parce que je savais qu'il monterait. Parce que je savais qu'il chercherait. Parce que je savais que sa femme, ma petite sœur, ma Clarisse, ma chair, mon sang, est en bas, dans la cuisine, en train de couper des légumes avec la précision d'une horloge suisse, et qu'elle ne montera pas avant au moins vingt minutes.Alors j'ai laissé la porte entrouverte. Et j'ai laissé le peignoir glisser. Et j'ai laissé l'eau couler, chaude, trop chaude, cette buée qui monte et qui colle à la peau et qui fait que tout devient flou, tout devient possible.Il frappe. Deux coups secs. Contre le chambranle.— Éléonore ? Tu en as pour longtemps ?Sa voix. Cette voix. Grave, posée, cette voix d'homme qui n'a jamais besoin de crier pour être entendu. La voix de quelqu'un qui sait qu'on l'écoutera de toute façon. Je ne réponds pas tout de

  • PÉCHÉS INAVOUABLES    Chapitre 18 — Le goût du silence 2

    Un silence. Une fraction de seconde. Le nom de Séraphin flotte entre nous comme une lame. Je sens mon cœur qui bat, là, dans ma gorge, à l'endroit exact où sa queue est passée. Je sens la chaleur qui monte à mes joues. Je sens mes doigts qui se crispent sur le tissu de ma robe, à l'endroit de la tache, comme si je pouvais la cacher, comme si je pouvais effacer ce qui est là.— Oui. Il est monté devant.Alistair hoche la tête. Il s'approche, pose un baiser sur mon front, et je ferme les yeux. Ses lèvres sont chaudes. Les lèvres de son père étaient plus sèches, plus dures, et elles sentaient le tabac froid. Alistair sent le thé et le savon. Alistair sent la maison. Alistair sent la vie normale, celle que j'ai eue, celle que j'ai perdue dans l'espace de dix minutes.— Tu trembles, dit-il.— Il fait froid, en bas.— Va te changer. Le thé sera prêt dans cinq minutes.Il repart vers la cuisine. Je monte l'escalier. Chaque marche craque. Dans la chambre, je retire la robe de soie et je la re

  • PÉCHÉS INAVOUABLES    Chapitre 17 — Le goût du silence

    Pénélope Séraphin ne s'arrête pas. Il continue de baiser ma bouche, ses hanches oscillant avec une lenteur délibérée, et il murmure : — Réponds-lui. Je ne peux pas. Sa queue bute contre le fond de ma gorge, et le moindre son que j'émettrais serait un gargouillis, un gémissement, une preuve. Je secoue la tête, les yeux levés vers lui, implorant. Il sourit, ce même rictus dur, et retire lentement son sexe. Un fil de salive relie encore ma lèvre à son gland luisant. Le fil s'étire, tremble, puis casse et tombe sur mes genoux, une goutte laiteuse et translucide qui roule sur ma peau et disparaît dans le pli de ma robe. — Réponds-lui, répète-t-il, plus bas. Dis-lui que tu es descendue chercher une bouteille. Que tu ne trouves pas la lumière. N'importe quoi. Mais réponds. Ma voix est rauque, éraillée. Je dois déglutir deux fois avant que le son ne sorte. Ma gorge est irritée, endolorie, et chaque déglutition me rappelle la forme de son sexe, la façon dont il a forcé le passage, la faç

  • PÉCHÉS INAVOUABLES    Chapitre 16 : La cave

    Ses doigts se retirent. Le vide qu'ils laissent est presque douloureux, mes parois se contractent autour de rien, la mouille coule sur la nappe de la chaise. Séraphin porte sa main à sa bouche sous prétexte de tousser, et je vois sa langue passer entre ses doigts, goûter ce qui est mien, ce qu'il a pris de moi sous le nez de son fils. Le jus d'orange est acide. Je l'avale. Le scandale ne fait que commencer. Le jus d'orange acide me brûle la gorge quand Séraphin repousse sa chaise et se lève, essuyant le coin de sa bouche d'un revers de nappe négligent. — Il nous faut un Sancerre pour le déjeuner, dit-il d'une voix qui ne laisse aucune place à la discussion. Ses yeux gris ne me quittent pas. Alistair hoche la tête, déjà penché sur son téléphone, et marmonne un Bien sûr, père sans lever les yeux. Je pose ma tasse, lisse ma robe sur mes cuisses, et je me lève. Mes pieds nus s'enfoncent dans le parquet froid du couloir quand Séraphin prend les devants, ses épaules larges traçant un s

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status