INICIAR SESIÓNJe reste. Je glisse sur le côté, mes jambes encore tremblantes, et je m'allonge contre lui. Il tire le drap sur nous. Son bras se referme autour de ma taille, sa main se pose à plat sur mon ventre, juste au-dessus de mon pubis. Ses lèvres effleurent ma tempe. Je ferme les yeux. Son odeur m'enveloppe. Le tic-tac de l'horloge continue, mais il semble plus lointain maintenant, comme si la chambre d'amis était devenue une île au milieu de la nuit. Je ne sais pas combien de temps je reste là. Peut-être dix minutes. Peut-être une heure. Je sens sa respiration ralentir, sa poitrine se soulever plus lentement, sa main devenir plus lourde sur mon ventre. Il s'endort. Je devrais partir. Je le sais. Mais je reste encore un peu, juste un peu, à écouter son cœur battre sous mon oreille. Puis je me glisse hors du lit. Mes pieds touchent le tapis. Je ramasse mes affaires éparpillées, le drap, le caleçon, tout ce que j'avais enlevé. Je me rhabille dans le noir. Quand je me retourne, ses y
IsabelleLe couloir respire comme une gorge ouverte. Le tic-tac de l'horloge martèle la nuit, régulier, indifférent. Je rentre dans ma chambre en fermant la porte derrière moi, le dos plaqué contre le bois, les paumes à plat. Mon cœur cogne si fort que je l'entends dans mes tempes. Le goût de lui reste au fond de ma langue, salé, épais, vivant. Je porte mes doigts à mes lèvres. Ils sentent encore sa peau. Je ne dors pas. Je m'assois sur le bord de mon lit, les pieds nus sur le parquet froid, et je fixe la porte. Les heures passent comme de l'eau tiède qui coule entre les doigts. Le ronflement de Thomas s'interrompt, reprend, s'interrompt encore. Quelque part plus loin, la porte des parents grince, un aller aux toilettes, le lavabo qui coule trois secondes, puis le silence revient. Je compte les minutes sur le tic-tac. Cent vingt-deux. Cent vingt-trois. Cent vingt-quatre. Quand la maison finit par s'enfoncer dans ce sommeil profond et visqueux où plus rien ne bouge, je me lè
Un gémissement plus long s'échappe de ses lèvres. Il est encore dans cet état entre le sommeil et l'éveil, mais son corps sait ce qui se passe. Ses hanches roulent légèrement, un mouvement instinctif, comme s'il cherchait plus de contact. Sa queue est complètement dure maintenant, raide, le gland décalotté et luisant de ma salive.Je continue. Ma tête monte et descend, mes lèvres scellées autour de sa queue, ma langue qui travaille le frein à chaque passage. Ma main gauche se resserre sur sa cuisse, mes doigts s'enfoncent dans le muscle. Je sens sa respiration s'accélérer, ses soupirs se transformer en gémissements plus sonores, plus rythmés.— Mmmh... souffle-t-il dans son sommeil, et le son me traverse comme une décharge électrique.Sa main droite, celle qui était derrière sa tête, bouge. Ses doigts se détendent, puis se referment, comme s'il cherchait quelque chose à agripper. Son bras retombe le long de son corps, et sa main vient se poser su
IsabelleLa maison est silencieuse à cette heure. Trois heures du matin, et le seul bruit qui reste, c'est le tic-tac régulier de l'horloge dans le couloir. Je connais chaque recoin de cette villa, vingt-deux ans à grandir ici, à écouter les mêmes murs craquer la nuit. Je connais surtout la chambre d'amis au bout du couloir, celle où Lucas dort quand il passe le week-end.Mon frère Thomas l'a invité pour son anniversaire. Ils ont bu jusqu'à pas tard, et maintenant tout le monde dort. Thomas ronfle dans sa chambre, sa porte entrouverte, une veilleuse bleue qui filtre dans le couloir. Mes parents sont au bout de la maison, porte fermée.Et Lucas est là, à trente pas de ma propre chambre.Je reste debout dans l'obscurité de ma chambre, les pieds nus sur le parquet froid. Je ne porte rien. J'ai enlevé tout avant de sortir, le t-shirt large, le caleçon, tout. Mes doigts tremblent un peu quand je tourne la poignée. Le métal est froid contre ma
Entre les doigts de Léa et la queue de Mathieu, je découvre un rôle que je ne connaissais pas : être le pont vivant entre eux. Chaque caresse que je donne résonne en moi, chaque pulsation de Mathieu se propage jusqu'à Léa. Mais quand elle me regarde après son orgasme, je comprends que cette ligne fragile entre donner et recevoir vient de se déplacer.Le cri qui déchire ma gorge ne finit pas vraiment, il se dissout dans la bouche de Léa qui se penche sur moi, ses lèvres capturant les dernières vibrations de ma voix. Sa langue entre en moi et je goûte quelque chose d'étranger et de familier à la fois : le sel minéral de mon propre plaisir, mais aussi quelque chose d'autre, une amertume lactée qui ne m'appartient pas. Le jus de Mathieu. Mélangé sur la langue de Léa comme une signature commune, un goût que je n'aurais jamais imaginé reconnaître et qui pourtant s'imprime en moi avec une évidence troublante.— Avale, murmure Léa contre mes lèvres, son souffle c
Claire Je sens le vide avant de comprendre ce qui arrive. Mathieu se retire d'un coup, chaud, abrupt, et mon corps se contracte autour de rien. Mes hanches cherchent son contact par réflexe, mon bassin oscillant vers l'endroit où il était. Un son monte dans ma gorge, quelque chose entre une plainte et un mot que je n'achève pas. Ses mains me saisissent par la taille. Pas doucement. Pas comme tout à l'heure. Ses doigts s'enfoncent dans ma peau, la pressant contre mes côtes, et il me retourne comme on retourne une page qu'on veut lire plus vite. Mon visage frappe le drap. L'odeur de coton chaud et de mon propre lubrifiant me monte au nez. Mes genoux glissent sur les draps détrempés tandis qu'il m'installe, dos courbé, bassin relevé, offerte. — Laisse-toi, Claire. Sa voix est plus grave maintenant. Plus rauque. Comme si le son devait traverser une couche de désir compacté avant d'atteindre l'air.







