MasukRoselle Monfort n'a plus personne. Ses parents sont morts, et sa belle-mère, qui l'a recueillie par obligation, n'a jamais vu en elle qu'un fardeau. Chaque jour, les humiliations pleuvent. Chaque nuit, les larmes aussi. Sa demi-sœur ne perd pas une occasion de railler son visage, son corps, sa timidité maladive. À force, Roselle a fini par y croire : elle ne mérite rien, surtout pas l'amour. Elle vit dans l'ombre, effacée, brisée, jusqu'au jour où son chemin croise celui d'un homme que personne n'ose défier. Magnus Vinter. Un nom qui fait trembler les plus puissants. Un milliardaire au regard tranchant comme une lame, aux cheveux d'un noir d'encre et aux lèvres fines qui ne se sont jamais courbées pour personne. Son corps parfait attire tous les regards, mais son cœur, lui, reste de marbre. Aucune femme n'a jamais réussi à le troubler. Aucune. Son argent peut tout acheter, sauf ce frisson qu'il n'a jamais connu. Jusqu'à Roselle. Un geste maladroit. Une rencontre qui n'aurait jamais dû arriver. Et soudain, le glacé Magnus Vinter sent son sang s'enflammer. Son corps, qui n'avait jamais réagi, se met à brûler pour cette fille timide qu'il devine meurtrie. Il lit en elle comme dans un livre ouvert. Il voit sa détresse, ses cicatrices, et quelque chose se réveille en lui. Une faim. Une obsession. Il veut l'arracher à son enfer. Il veut la posséder.
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Chambre de Roselle
Le soleil venait à peine de se lever sur le manoir, projetant une lumière pâle à travers les fenêtres de la chambre de Roselle. La pièce était petite et spartiate, avec seulement un lit simple, une coiffeuse et une penderie.
Roselle était allongée sur son lit, les yeux fermés, essayant de grappiller quelques minutes de sommeil supplémentaires. Mais sa paix fut de courte durée.
La porte s'ouvrit brusquement et Mégane, la belle-mère de Roselle, fit irruption. Son visage était tordu de colère, ses yeux flamboyant de rage.
— Lève-toi, chose paresseuse ! Tu dors encore ? Tu ne sais pas que tu as des corvées à faire ?!!
Cria-t-elle, sa voix résonnant contre les murs.
Les yeux de Roselle s'ouvrirent en grand et elle s'assit rapidement, frottant ses yeux ensommeillés. Elle leva les yeux vers Mégane, qui se tenait au-dessus d'elle, les mains sur les hanches.
— Je… je me reposais juste un peu, balbutia Roselle.
Le visage de Mégane devint rouge de rage.
— Te reposer ? Tu te reposes toujours ! Tu n'es rien qu'une pauvre chose paresseuse et pathétique ! Décolle ton cul paresseux de ce lit !! hurla Mégane, ses yeux flamboyant de fureur.
Roselle sentit ce nœud familier se former dans son ventre alors que les paroles de Mégane frappaient profondément. Elle les avait entendues avant, de nombreuses fois, d'innombrables fois. Elle savait qu'elle n'était pas assez bien, qu'elle était une déception et qu'elle était inutile.
Elle se leva, son regard baissé vers le sol, ses yeux s'embuant de larmes.
Laissez-moi présenter Mégane correctement…
Mégane est l'épouse légalement mariée à M. Monfort (le père défunt de Roselle), qui l'a trompée et a mis enceinte la mère de Roselle, puis l'a épousée comme seconde épouse. La mère de Roselle est morte en donnant naissance à sa fille, mais Mégane a inventé une histoire selon laquelle Roselle était une enfant illégitime et une bâtarde.
Roselle a grandi en pensant que sa mère n'était qu'une vulgaire maîtresse qui avait ruiné le mariage de Mégane. Elle pensait qu'elle était une bâtarde, elle pensait que son père n'avait jamais épousé sa défunte mère, et donc elle se dévalorisait. Elle pensait payer pour les péchés de ses défunts parents, elle se sentait sans valeur et inutile. Mégane déchargeait manifestement sa colère sur Roselle et lui faisait sentir qu'elle n'était ni aimée ni désirée.
— Lève-toi, chose inutile ! Tu dois faire la lessive, nettoyer les sols et préparer le petit-déjeuner. Et n'ose même pas penser à paresser, sinon je ferai en sorte que tu le regrettes !! aboya Mégane.
Roselle hocha la tête, ressentant une pointe de douleur dans les paroles de Mégane.
Le regard de Mégane s'attarda sur les vêtements usés de Roselle. Roselle ressemblait à une pauvre servante.
— Tu es si laide, tu es tellement laide !! maudit Mégane.
Roselle baissa les yeux sur elle-même, des larmes coulaient sur son visage et elle les essuya rapidement.
— Je suis vraiment désolée, maman, je vais…
Roselle ne put terminer sa phrase car Mégane lui gifla la joue droite.
— N'ose pas m'appeler maman !! Je ne suis pas ta mère inutile et morte !! hurla Mégane, sa voix dégoulinant de malveillance et de colère.
Roselle tint sa joue qui était rouge à cause de la gifle, des larmes coulaient sur ses joues mais l'expression de Mégane ne s'adoucit pas.
Les yeux de Mégane se plissèrent alors qu'elle regardait Roselle, son expression froide et calculatrice.
— J'ai réfléchi, tu ne fais rien d'utile ici à la maison. Tu restes assise toute la journée à gaspiller ma nourriture. Il est temps que tu commences à gagner de l'argent avec ton corps inutile, de toute façon il ne sert à rien. Pourquoi te gardes-tu encore vierge ? Je ne vais pas te laisser te marier de toute façon.
Dit-elle, sa voix dégoulinant de malveillance.
Roselle ressentit un malaise en regardant Mégane. Elle connaissait ce ton, ce regard. Cela signifiait des ennuis.
— N’aie pas peur, petite grenouille !Mégane s’approcha, le fer chaud à la main. Elle attrapa Roselle et déchira violemment sa robe. Camila s’approcha et aida à maintenir les mains de Roselle, clouant son corps au sol. Le dos de Roselle était nu. Les marques sur son dos étaient innombrables, mais Mégane n’en avait cure. Elle appuya le fer chaud sur le dos de Roselle. Sa peau brûla.— Arrrrrrrrrrrrrrgh !Roselle hurla de douleur.Mégane se releva, les yeux pétillant de joie. Camila eut un rictus.— La prochaine fois, tu réfléchiras aux conséquences avant de me désobéir ! dit Mégane avec colère. Elle se tourna vers Camila.— Occupe-toi du reste ! dit-elle avant de sortir du manoir et de monter dans sa voiture.Camila rit.— La prochaine fois, tu réfléchiras à tes actes. Ce n’est qu’un petit aperçu. Je ne peux pas rester à la maison avec une feignasse pareille, non, affreuse sorcière ! Je dois retrouver mes amies. Débrouille-toi avec ta douleur. Camila ricana et sortit, laissant Roselle
Le cœur de Roselle s’emballa un peu. Elle se retourna vers lui.— Qu’est-ce que vous voulez dire ? demanda-t-elle d’une voix à peine plus forte qu’un souffle.Magnus sourit.— Tu le sauras bientôt, tentatrice. D’ici là, prends soin de toi.Roselle essaya de chasser cette pensée, mais ses mots ressemblaient davantage à une promesse. Elle marcha vers la porte, l’ouvrit et sortit en courant jusqu’à être hors du manoir. Elle ne regarda jamais en arrière.*MANOIR MONFORTRoselle entra, les yeux fixés sur le sol, essayant de se reprendre. Quand elle pénétra dans la pièce, elle vit Mégane assise sur le canapé, le visage tordu par la colère.Camila, qui se tenait à côté de Mégane, lança à Roselle un regard venimeux. Elles l’avaient visiblement attendue.— Eh bien, eh bien, eh bien. Regardez qui a enfin décidé de se montrer, dit Camila, la voix pleine de malveillance.Roselle avait déjà les larmes aux yeux. Elle savait qu’elle avait des ennuis. Elle s’approcha de Mégane, le corps tremblant de
La poigne de Magnus était douce, mais ferme. Il ne semblait pas vouloir la lâcher. Roselle baissa les yeux vers le sol, et sentit sa respiration se bloquer dans sa gorge. Elle était prisonnière de ce magnifique milliardaire, car sa chambre respirait le luxe et la richesse, et elle comprit qu’il était sans doute milliardaire, ou plus encore.— Hé, ce n’est pas grave. Je ne te ferai pas de mal, dit Magnus doucement, d’une voix basse et apaisante.Le cœur de Roselle s’emballa un peu à ces mots. Elle voulait le croire, mais elle n’en savait rien. Elle ne le connaissait même pas. Elle garda le visage tourné, espérant qu’il comprendrait le message et la libérerait. Mais Magnus resserra son étreinte, entremêlant ses doigts aux siens. Elle sentit son regard intense sur son visage, qui descendit le long de son corps. Elle déglutit nerveusement.Ses yeux s’agrandirent encore davantage quand Magnus lui saisit doucement le menton, ses doigts suivant la courbe de sa mâchoire.— Qu’est-ce que… vous
Roselle se mit à pleurer comme un bébé, ce qui fit rire Magnus, amusé.Il haussa un sourcil.— Te kidnapper ? Je ne ferais jamais ça, à moins d’être trahi, marmonna-t-il.Soudain, Roselle se souvint de quelque chose. Elle revit la scène : elle était au club, un homme la poursuivait, elle avait couru… et alors… elle se rappela avoir attrapé quelqu’un et l’avoir embrassé pour échapper à l’homme qui la suivait.Son visage devint écarlate quand elle comprit que c’était Magnus qu’elle avait embrassé.— C’est vous que j’ai embrassé, dit-elle d’une voix à peine plus forte qu’un souffle.Magnus sourit.— Oui. Tu avais probablement des ennuis, dit-il.Le visage de Roselle brûlait de honte. Elle détourna le regard.— Je… ce n’était pas mon intention de vous embrasser. Je… j’essayais seulement de fuir, murmura-t-elle d’une voix à peine audible.L’expression de Magnus s’adoucit légèrement. Il sourit, trouvant sa timidité adorable. Roselle ne pouvait pas le regarder. Elle se sentait humiliée et ti


















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