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CHAPITRE 16 : LE REGARD QUI FOUDROIE 2

مؤلف: Dledition
last update تاريخ النشر: 2026-07-13 08:32:56

J'obéis, lentement, comme dans un rêve. Il s'est approché sans que je l'entende, et il est maintenant à deux mètres de moi, toujours torse nu, toujours ce pantalon de soie qui glisse sur ses hanches, toujours cette trace rouge qui descend vers son aine. Il est si grand, si massif, que je me sens minuscule face à lui. Une souris face à un chat. Un agneau face à un loup.

— Comment vous appelez-vous ?

— Aurora, Monsieur.

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  • Péché originel    Chapitre 75 — La traque 4

    Je hoche la tête. Doucement. — Aurora. — Oui. — Puis-je me lever ? — Oui. Je me lève. Les genoux craquent. Je fais un pas. Elle ne recule pas. Je m'assieds à côté d'elle sur le lit. Je pose la main sur la sienne. Nous restons ainsi. Longtemps. La pluie tape contre la vitre. Le feu, en bas, gronde à peine — on l'entend, très loin, par les planches disjointes du sol. — Aurora. — Oui. — Reviens avec moi. — Non. Pas encore. — Non ? — Non. Reste ici cette nuit. Pas dans mon lit. Sur le fauteuil. Dans la chambre. Reste. Dors. Demain matin, si tu penses toujours ce que tu as dit tout à l'heure, nous rentrerons ensemble à Rome. Ensemble. Pas devant toi comme une prisonnière. Ensemble.

  • Péché originel    Chapitre 74 — La traque 3

    Elle est là. Elle est en robe de chambre par-dessus une chemise de nuit. Elle est décoiffée. Elle a le visage gonflé, les yeux rouges. Elle n'a pas dû dormir non plus. Elle est très pâle. Elle ne me laisse pas entrer. Elle reste dans l'entrebâillement. — Deux minutes, dit-elle. — Merci. — Parle. Je la regarde. Je ne trouve pas les mots. J'ai écrit pendant trois jours. J'ai écrit vingt pages, cinquante peut-être. Je n'ai rien apporté avec moi. Je ne sais plus ce que j'avais écrit. Alors je dis simplement : — Pourquoi ? Elle penche la tête. — Quoi. — Pourquoi m'as-tu laissé. Elle me regarde. Ses yeux se remplissent d'un coup. — Parce que tu m'as ordonné de partir. — À Zurich.

  • Péché originel    Chapitre 73— La traque 2

    Je gare la voiture. Je descends. La pluie me tombe immédiatement sur les épaules. Je ne mets pas la capuche de mon imperméable. Je marche jusqu'à la porte de bois. Je pousse. Une petite salle. Cinq tables. Un feu dans la cheminée. Une odeur de bouillon et de bois brûlé. Une femme d'une soixantaine d'années, vêtue de noir, essuie des verres derrière le comptoir. Elle relève la tête. — Signore ? Je m'avance. Je secoue mon imperméable. Je pose les mains à plat sur le comptoir. — Bonjour, Madame. Je cherche une jeune femme. Elle est arrivée chez vous il y a trois ou quatre jours. Brune, vingt-deux ans, yeux clairs, petite valise. Elle est peut-être seule dans une chambre. La veuve me regarde. Elle a des yeux très noirs, très petits, très perçants. — Vous êtes qui. — Je suis l'homme qu'elle attend. — Elle atten

  • Péché originel    Chapitre 72— La traque

    Lorenzo Trois jours. J'ai tenu trois jours. Trois jours à écrire dans mon bureau, à ne pas dormir, à ne pas manger, à boire trop de café et pas assez d'eau. Trois jours à noircir des feuilles, à en déchirer d'autres, à recommencer, à ne pas trouver les mots. Trois jours à regarder la pluie tomber sur Rome , parce qu'il s'est mis à pleuvoir le soir même de son départ, une pluie fine, obstinée, une pluie de fin d'été qui a lavé les pavés et vidé les rues. Trois jours pendant lesquels je n'ai pas lancé mes hommes à sa recherche. Je m'y suis obligé. C'était une décision. Je voulais lui prouver , me prouver , que j'étais capable d'attendre. Que je pouvais lui rendre les trois jours qu'elle avait pris. Le quatrième matin, je craque. Je descends à la cuisine à six heures. Madame Fiore n'est pas encore là. Le cuisinier fait sa pâte à pain. Je prends une tasse. Je bois un café debout. Je repose la tass

  • Péché originel    Chapitre 71 — La fuite 2

    Lorenzo, Tu as décidé pour moi. Tu m'as ordonné de partir. J'ai obéi à moitié : je pars. Mais je ne pars pas où tu voulais m'envoyer. Je pars où je veux. Je ne suis ni à Vittorio, ni à toi. Je ne suis à personne. Je suis à moi-même. Depuis mercredi. Depuis toujours, peut-être, mais surtout depuis mercredi. Je serai absente trois jours. Peut-être quatre. Ne me cherche pas , tu ne me trouveras pas. Ni tes hommes, ni ceux du cardinal. Pendant que je serai absente, décide. Choix numéro un : tu m'aimes. Publiquement. Officiellement. Sans caméras cachées, sans salons fermés à clé, sans ordres. Tu me présentes comme la femme que tu aimes. Tu affrontes le cardinal à visage découvert. Tu ne me caches pas à Zurich. Tu me tiens la main. Choix numéro deux : tu ne peux pas. Tu ne sais pas faire. Tu m'aimes à ta manière , c'est déjà beaucoup , mais tu n'iras pas jusque-là. Dans ce cas, je respecte

  • Péché originel    Chapitre 70 — La fuite

    Il ferme les yeux. — Aime-moi. Vraiment. Aime-moi comme un homme normal aime une femme normale. Aime-moi à visage découvert. Aime-moi devant le cardinal. Aime-moi devant Rome. Aime-moi devant Dieu si tu veux. Aime-moi et le cardinal ne pourra rien faire, parce qu'il aura contre lui non pas une servante, non pas une maîtresse, non pas une aventure mais une femme aimée. Aime-moi et je serai protégée par cet amour. Il rouvre les yeux. Ils sont humides. — Aurora, tu es folle. — Non. — Tu crois qu'un cardinal a peur d'un amour. — Oui. Un amour public. Un amour officiel. Un amour béni. Il aurait alors, pour te frapper, à frapper une union sacrée. Il ne le fera pas. Il n'osera pas. — Aurora, ce n'est pas comme ça que ça marche. — Alors comment ça marche. — Ça marche par la peur. Ça marche par

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