La cour du couvent est vide à cette heure de la matinée. Le ciel est gris, bas, chargé de nuages qui menacent sans crever. Le vent soulève des tourbillons de poussière sur les pavés. Ma valise dans une main, l'autre crispée sur ma médaille, j'avance vers le grand portail de fer forgé qui, depuis seize ans, délimite mon univers. Le portail s'ouvre en grinçant, poussé par Sœur Marie, la tourière, qui me lance un regard compatissant. De l'autre côté, le chemin de terre descend vers la route, bordé de cyprès noirs qui se balancent dans le vent. Au bout du chemin, l'arrêt de bus. Au-delà, l'inconnu. Un bus arrive dans un nuage de poussière. Il est vieux, bringuebalant, avec des vitres sales et un chauffeur qui ne me regarde même pas. Je monte, je paie avec les quelques pièces que Sœur Maria m'a glissées dans la main, et je vais m'asseoir tout au fond, près de la fenêtre. Par la vitre, je regarde le couvent rapetisser, puis disparaître derrière les cyprès. La même annonce que celle de
ปรับปรุงล่าสุด : 2026-07-05 อ่านเพิ่มเติม