เข้าสู่ระบบLa chambre est immense.
Un lit à baldaquin trône au centre. Les draps sont en soie blanche. Les oreillers sont en satin. Une armoire en bois précieux. Une commode en marbre. Un bureau en acajou. Une cheminée en pierre. Des fenêtres qui donnent sur la mer. Des rideaux en velours. Des tapis persans. C'est une chambre de roi. Une chambre de parrain. Une chambre de mort.Il n'y a qu'un seul lit.Je comprends.— Tu dormiras ici, dit Vahan. Contre moi. Pour que jAram Le matin arrive trop vite. La lumière du soleil traverse les rideaux en velours et vient frapper mon visage. Je cligne des yeux. Je me redresse. Je regarde autour de moi. La chambre de Levon. Le lit de Levon. Les draps en soie noire. Les oreillers en satin. Et lui. À côté de moi. Il dort encore. Les yeux fermés. La bouche entrouverte. Le souffle régulier. Il est calme. Paisible. Presque innocent. Comme si ce n'était pas un monstre. Comme si ce n'était pas un tueur. Comme si ce n'était pas mon ennemi. Je me lève. Lentement. Sans bruit. Mes menottes cliquettent. Je les serre contre moi pour les faire taire. Je traverse la pièce. Je cherche la porte. La sortie. La fuite. Mais la porte est fermée. À clé. Bien sûr. Je suis prisonnier. Je suis un otage. Je suis une chose. Je m'assieds sur une chaise. Près de la fenêtre. Je regarde le jardin. Les arbres. Les fleurs. Les oiseaux. La vie. La liberté. Tout ce que
Je m'arrête. Je le regarde. Droit dans les yeux. Sans ciller. Sans trembler. Sans supplier.— Tu es ma chose, dit-il. Tu feras ce que je te dirai de faire. Tu dormiras où je te dirai de dormir. Tu obéiras à moi. Sinon, je te renvoie chez ton frère. Dans un cercueil. Tu as compris ?Je ne réponds pas. Je le regarde. Longuement. Sans ciller. Sans trembler. Sans supplier.— Tu as compris ? répète-t-il.— Oui, dis-je.Le mot sort de ma bouche. Maladroit. Tremblant. Mais il sort. Il est là. Suspendu dans l'air. Entre nous. Un mot que je n'avais jamais prononcé. Un mot qui me terrifie et qui m'exalte. Un mot qui me damne et qui me sauve.Il me relâche. Lentement. Il se recule. Il s'allonge sur le lit. À côté de moi. Il ne me touche pas. Il ne me regarde pas. Il regarde le plafond. Le baldaquin. Les rideaux en velours. Les ombres qui dansent.— Couche-toi, dit-il.Je me couche. Lentement. À contrecœur. Je me tourn
La chambre est immense.Un lit à baldaquin trône au centre. Les draps sont en soie blanche. Les oreillers sont en satin. Une armoire en bois précieux. Une commode en marbre. Un bureau en acajou. Une cheminée en pierre. Des fenêtres qui donnent sur la mer. Des rideaux en velours. Des tapis persans. C'est une chambre de roi. Une chambre de parrain. Une chambre de mort.Il n'y a qu'un seul lit.Je comprends.— Tu dormiras ici, dit Vahan. Contre moi. Pour que je surveille.Sa voix est calme. Froide. Impérieuse. Elle ne souffre aucune contestation.— Je ne dormirai pas avec toi, dis-je.— Tu dormiras où je te dirai de dormir.— Je dormirai par terre.— Tu dormiras dans mon lit.— Non.Il s'approche. Lentement. Très lentement. Chaque pas est mesuré. Chaque mouvement est contrôlé. Il s'arrête à quelques centimètres de moi. Si près que je sens son odeur. Le tabac froid. Le cuir usé. Et autre c
AramLa maison de Levon Bedrosian est une forteresse.Un manoir en pierre grise, construit au sommet d'une colline, entouré d'arbres centenaires et de grilles en fer forgé. Des caméras de surveillance à chaque coin. Des gardes armés à chaque porte. Des chiens , des bergers allemands, noirs et nerveux , qui rôdent dans le jardin. C'est une prison dorée. Une cage de luxe. Un tombeau de marbre.La voiture s'arrête devant l'entrée principale. Davit m'ouvre la portière. Il me tire par le bras. Brutalement. Sans ménagement. Je trébuche. Je manque de tomber. Je me rattrape. Je le suis. Je traverse le hall d'entrée. Le sol est en marbre blanc. Les murs sont couverts de tapisseries anciennes. Un lustre en cristal pend du plafond. C'est beau. C'est froid. C'est mort.Levon monte les escaliers. Je le suis. Davit me pousse dans le dos. Je monte. Je monte. Je monte. Les marches sont en bois sombre. Elles grincent sous mes pas. Les murs sont couverts
AramLa voiture de Levon Bedrosian sent le cuir neuf et le bois de santal. Une odeur de luxe. Une odeur de pouvoir. Une odeur de mort. Je suis assis à l'arrière, les mains menottées sur les genoux, le dos droit, la tête haute. Je ne tremble pas. Je ne pleure pas. Je ne supplie pas. Je regarde par la fenêtre, et je compte les étoiles qui percent la pollution de la ville.Une. Deux. Trois. Quatre. Cinq.Levon est assis à l'avant, à côté du chauffeur. Un homme silencieux, massif, qui n'a pas prononcé un mot depuis le restaurant. Levon ne s'est pas retourné une seule fois. Il ne m'a pas regardé. Il ne m'a pas parlé. Il regarde droit devant lui. La route. La nuit. L'avenir.Je ne le connais pas. Je ne l'avais jamais vu avant ce soir. Je savais seulement qu'il était le parrain du clan Bedrosian. L'ennemi de mon frère. L'homme qui avait tué notre oncle. L'homme qui avait brûlé notre entrepôt. L'homme qui avait déclaré la guerre il y a dix ans.
Puis elle détourne les yeux. Et elle ne me regarde plus.— Aram Sarkisian, dit Levon en se tournant vers moi. Tu es à moi maintenant. Tu vivras chez moi. Tu dormiras chez moi. Tu obéiras à moi. Tu es ma chose.Je ne hoche pas la tête. Je ne dis rien. Je le regarde. Droit dans les yeux. Sans ciller. Sans trembler. Sans supplier.— Je ne suis la chose de personne, dis-je.Il sourit. Encore. Ce sourire lent, profond, dangereux. Ce sourire qui dit : tu apprendras.— Nous verrons, dit-il.Il fait un signe à Davit, son bras droit. Un homme grand, large, chauve, avec une cicatrice qui lui traverse la joue gauche. Davit s'approche de moi. Il me prend par le bras. Fermement. Brutalement. Il me tire vers la sortie.Je résiste. Une seconde. Une seule. Juste pour sentir la pression de sa main. Juste pour sentir ma propre force. Puis je cède. Je le suis. Je traverse la salle. Je traverse le couloir. Je traverse le restauran







