LOGIN“Liam”— Non, dis-je, ma voix tranchante, sans la moindre hésitation. Dites-le maintenant. Devant tout le monde.Diane se rapproche instinctivement de moi, sa main venant se poser sur mon bras dans un geste de soutien silencieux. Le docteur Hensley ouvre son dossier, en sort une feuille qu'il consulte brièvement avant de relever les yeux vers nous.— L'analyse comparative de l'ADN de Marcus Vance, de Diane Sterling et d'Ava Sterling est formelle, dit-il enfin, son ton professionnel tentant de contenir la gravité de ce qu'il s'apprête à révéler. La probabilité de paternité entre Marcus Vance et Ava Sterling est de 99,98 %.Le monde entier semble s'arrêter de tourner l'espace d'une seconde.— Non, murmure Diane à côté de moi, sa main se resserrant convulsivement sur mon bras. Non, ce n'est pas possible.Je reste figé, incapable de bouger, incapable de respirer, cette vérité s'abattant sur moi avec une violence que je n'aurais jamais crue possible, même après tout ce que j'ai déjà encais
“Liam”— Je préfèrerais, que cette histoire se termine bien pour tout le monde Liam, dit mon père. Je n'ai pas le temps de dire quoi que ce soit de plus quand une agitation soudaine éclate au bout du couloir. Nous retournons tous nos regard d’un seul homme vers la porte de la salle où Ava est suivie. J’entends des pas précipités, des voix qui se chevauchent, une urgence différente de celle, déjà terrible, que nous venons de vivre.— Chute de tension brutale, deuxième épisode ! crie une voix féminine, quelque part derrière les portes. On la transfère au bloc, maintenant ! Mon cœur cesse littéralement de battre.Les portes s'ouvrent en grand, un lit roulant en jaillisse, poussé à toute vitesse par deux infirmiers, entouré d'un attirail médical que je ne parviens même pas à identifier complètement tant tout se déroule vite. Ava est allongée dessus, son visage d'une pâleur terrifiante, des tubes et des fils reliés à son corps de toutes parts, le docteur Amaya courant à ses côtés, aboyant
“Liam”Il s'approche, son regard balayant rapidement la scène — Isabella tendue à mes côtés, Edward qui m'observe avec une méfiance discrète, Diane qui se redresse légèrement en le reconnaissant.— Je suis venu m'assurer que tout va bien, dit-il, sa voix posée, presque douce, ce ton paternel qu'il ressort systématiquement dans les moments où il a le plus besoin de paraître sincère. Pour toi, comme pour Ava.— Pour Ava, je répète, dans un rire amer. Depuis quand tu te soucies d'Ava ? Toi qui n'as jamais eu pour elle que du mépris, depuis le premier jour ?— Les circonstances ont changé, Liam. Cet enfant, si les rumeurs sur sa filiation s'avèrent fausses, reste mon petit-enfant potentiel. Je ne peux pas rester insensible à ce qui se passe.Je sens ma mâchoire se crisper, mes poings se serrer le long de mon corps, cette rage contenue menaçant, à tout instant, de tout emporter sur son passage.— Vous mentez, dis-je enfin, la voix basse, tranchante. Tous les deux. Je ne sais pas encore exa
“Edward”Diane s'approche de nous à pas rapides, son souffle encore court, visiblement essoufflée d'avoir couru depuis l'accueil.— Liam ! Qu'est-ce qui se passe ? On m'a dit qu'elle était en salle d'urgence, mais personne ne veut rien me dire de plus.— On ne sait rien non plus, Diane, répond Liam, sa voix tendue mais posée, cette maîtrise qu'il s'impose depuis tout à l'heure me semblant, à chaque minute, un peu plus fragile.Elle hoche la tête, s'installe sur la chaise à côté de nous, ses mains jointes, tremblantes, sur ses genoux. Un silence pesant s'installe. J'observe Liam, puis Diane, chacun de nous fixant ces portes battantes au bout du couloir comme si notre seule concentration pouvait accélérer le temps.Le cliquetis de talons hauts résonne soudain dans le hall silencieux. Liam se redresse instantanément, son regard se braquant vers cette nouvelle arrivée. “Liam”Le cliquetis de talons hauts résonne soudain dans le hall silencieux. Je me redresse instantanément, mon regard s
“Edward”— Tu es sûr que ce client ne ment pas ? me demande Sarah, ses lunettes de lecture remontées sur son front avec un dossier étalé entre nous sur la table basse. Son histoire d'associé malhonnête sonne un peu trop parfaite pour être vraie.— C'est exactement ce qui m'a mis la puce à l'oreille, dis-je, un sourire amusé aux lèvres. C’est trop propre trop bien ficelé. Je pense qu'il essaie de couvrir ses propres malversations en accusant son partenaire en premier.Sarah hoche la tête, prend une gorgée de son thé. Cette soirée tranquille, est la première depuis des semaines où je ne me suis pas retrouvé, happé par l'affaire Vance, qui m'apporte un répit bienvenu.— Tu devrais peut-être vérifier ses comptes personnels avant de creuser plus loin sur l'associé, suggère-t-elle. — Bonne idée. Je m'en occuperai demain.Je repose le dossier, m'étire, savourant ce moment simple, presque banal, loin du chaos qui a rythmé mes dernières semaines. La maison est calme, seul le tic-tac de l'hor
“Monica”Mon téléphone vibre dans la poche de ma blouse alors que je m'éloigne rapidement de la chambre 214, le cœur battant à tout rompre, cette panique authentique que j'ai vue traverser le regard d'Ava me hante déjà, quelques secondes à peine après l'avoir quittée.Je ne réponds pas. Je ne peux pas répondre, pas maintenant, pas avec cette alarme qui vient de se déclencher derrière moi, ce personnel qui accourt déjà vers la chambre que je viens tout juste de quitter.Je me plaque contre le mur du couloir, essayant désespérément de reprendre une contenance professionnelle, alors que mes collègues se précipitent en sens inverse, criant des instructions que j'entends à peine tant le sang bat fort à mes tempes.Qu'est-ce que j'ai fait. Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait.Une jeune infirmière, Priscilla, celle qui a intégré le service il y a à peine trois mois, me bouscule presque en passant, un chariot d'urgence entre les mains.— Monica, tu viens ? On a besoin de tout le monde disponibl







