LOGINChloé
Le troisième soir, après une journée paresseuse passée à lire, à nager, à dormir, à exister simplement ensemble , cette chose miraculeuse qu'est le temps partagé sans rien faire d'autre que respirer la même air , Matthias propose une baignade de nuit.Nous sommes sur la terrasse, les pieds nus sur les dalles encore tièdes, à regarder la mer qui s'assombrit à
Leurs voix montent. Elles se heurtent, se répondent, se cognent comme des vagues contre un rocher. Ils sont debout face à face, Matthias les poings serrés le long du corps, Raphaël les bras croisés sur la poitrine. La tension est électrique, violente, prête à exploser. Je la sens dans l'air, comme avant un orage.Matthias fait un pas en avant. Raphaël ne recule pas. Leurs visages sont à quelques centimètres l'un de l'autre.--- Tu veux quoi, au juste ? demande Matthias. Qu'elle reste chez toi pour que tu puisses jouer les chevaliers servants ? Pour que tu puisses te sentir utile ? Pour que tu puisses la garder pour toi tout seul ?--- C'est toi qui veux la garder pour toi tout seul, Matthias. C'est toi qui n'as jamais supporté l'idée de partager. C'est toi qui es jaloux de chaque instant qu'elle passe avec moi.--- Jaloux ? Je ne suis pas jaloux. Je suis r&
ChloéLe retour à Paris est brutal. Viscéral. Dévastateur.Après une semaine à Saint-Tropez, bercée par le bruit des vagues et le chant des grillons, réveillée chaque matin par la lumière dorée qui dansait sur la mer, protégée du monde par les murs blancs de la maison de papa, je croyais que tout était possible. Que l'amour à trois était une évidence. Que le reste , le monde, les regards, les jugements , n'était que détails, que poussière, que vent.Je croyais que nous étions invincibles.La réalité me rattrape le premier lundi de notre retour.Je suis dans le bureau de la fondation, nouvellement aménagé au cœur du Marais, à quelques pas du loft de Raphaël. La pièce est lumineuse, moderne, avec une baie vitrée qui donne sur une petite cour int&e
ChloéLe cinquième jour, nous nous réveillons tard. Le soleil est déjà haut, entre par la fenêtre sans volet, dessine des losanges d'or sur les draps blancs. La mer brille au loin, un ruban d'argent et d'azur.Je suis entre eux. Matthias derrière moi, Raphaël devant. Leurs corps sont chauds, lourds, apaisés. Leurs bras sont passés autour de moi, leurs jambes mêlées aux miennes. Nos peaux collent là où la sueur de la nuit a séché.Je ne veux pas bouger. Je ne veux pas que ce moment s'arrête. Je voudrais rester là, entre eux, pour toujours. Figée dans cet instant de bonheur parfait, où rien ne manque, où tout est à sa place.Raphaël remue. Il s'étire comme un chat, ses orteils qui frottent contre mes mollets. Il ouvre les yeux. Ses yeux clairs, si doux le matin, encore embu&eacut
RaphaëlLe quatrième soir, quelque chose change.Nous sommes dans la chambre. La lumière est tamisée, juste une bougie sur la table de nuit, dont la flamme vacille au rythme de nos souffles. Chloé est nue, allongée sur le lit, les bras au-dessus de la tête, les cheveux épars sur l'oreiller. Offerte. Elle a fermé les yeux, ses paupières sont des voiles de soie.Matthias est assis dans le fauteuil près de la fenêtre. Il a insisté pour être là. Pour regarder. Il ne touche pas. Il ne participe pas. Pas encore.Je suis au-dessus de Chloé. Mon sexe contre le sien, je le sens, chaud, humide, prêt. Je la pénètre lentement. Profondément. En la regardant dans les yeux, qu'elle ouvre pour moi.Elle gémit. Se cambre. M'attire plus profond. Ses jambes s'enroulent autour de ma taille, ses talons dans le
ChloéLe troisième soir, après une journée paresseuse passée à lire, à nager, à dormir, à exister simplement ensemble , cette chose miraculeuse qu'est le temps partagé sans rien faire d'autre que respirer la même air , Matthias propose une baignade de nuit.Nous sommes sur la terrasse, les pieds nus sur les dalles encore tièdes, à regarder la mer qui s'assombrit à mesure que le ciel bascule vers la nuit. Le soleil a disparu depuis une heure, emportant avec lui les couleurs vives, laissant derrière lui une palette de bleus profonds, de gris argentés, de noirs veloutés.--- La mer est plus belle quand on ne la voit pas, dit-il. On la sent, on l'entend, on la respire.Raphaël le regarde, surpris. Moi aussi. C'est la première fois que Matthias dit quelque chose de poétique, de sensible, de presque artisti
ChloéLa fenêtre est ouverte sur la mer. L'air marin entre, doux et salé, chargé d'iode et de promesses. La lune est pleine, haute, immense, éclaire la chambre d'une lumière argentée, presque irréelle. Les draps blancs brillent dans la pénombre comme une mer de nuages. Les ombres dansent sur les murs au rythme des vagues.Raphaël m'allonge sur le lit. Ses mains sont douces, ses gestes sont lents, presque rituels. Il m'embrasse doucement, tendrement, comme pour me dire "je suis là, je ne te quitte pas, je ne te quitterai jamais". Sa bouche sur la mienne, ses lèvres chaudes, sa langue qui cherche la mienne, qui la trouve, qui la caresse.Matthias s'assoit à côté de nous. Il ne touche pas encore. Il regarde. Ses yeux gris dévorent chaque détail , la courbe de ma hanche, la pâleur de ma peau, l'ombre de mes seins sous l
DamonElle a tort. Et elle a raison, d’une certaine manière tordue. J’étais là, oui, mais pas comme elle le croit, pas dans une connexion romantique ou spirituelle. J’étais là dans la furie brute, dans la volonté farouche d’oubli total, de noyer mon vide dans la tempête physique. Pas dans l’amour,
DamonLa tête de Camille est renversée en arrière, ses cheveux noirs en cascade collant à la sueur de son cou pâle, ses ongles écorchant la peau sensible à la base de mon crâne comme si elle cherchait à m’arracher l’âme ou à l’y ancrer pour toujours. Son gémissement est un son rauque, possessif, pr
DamonMon corps se souvient d'elle avant même que mon cerveau n'ait pris la décision.C'est cette sensation étrange, presque électrique, qui parcourt ma nuque quand je franchis le seuil de la galerie. Les doigts moites dans les poches de mon manteau, la mâchoire serrée à en crisper les dents. Je ne
LaurenceLa rue est un tunnel bruyant où je dérive. Les lumières des devantures, les phares des voitures, tout se fond en une traînée gluante et colorée. Mon corps est un champ de bataille. Entre mes cuisses, la sourde pulsation coupable, persistante, humide. Dans ma poitrine, la haine, froide et t







