تسجيل الدخولEt c'est là que je lève les yeux vers Maddox. Et que je vois dans ses yeux gris , ces yeux que j'ai appris à connaître, à respecter, à aimer , la même douleur que la mienne. Le même amour. Le même désespoir. Et dans ce regard partagé au-dessus du corps de notre compagne mourante, quelque chose change entre nous. Quelque chose de fondamental, d'irréversible, qui balaie les dernières traces de n
Si l'élue accepte librement l'immortalité, le Lien se scellera pour l'éternité. Leurs sangs mêlés ouvriront les portes de la vie, et l'espèce vampirique, stérile depuis l'origine, pourra enfin se perpétuer. Le vampire retrouvera sa capacité de procréer. L'humaine deviendra immortelle. Et leurs enfants seront les héritiers du trône des ténèbres, les sauveurs de la lignée condamnée.Mais si l'élue refuse, le Lien se consumera. Les deux âmes seront anéanties dans les ténèbres. Le vampire mourra avec son amour, et l'espèce vampirique, privée d'avenir, s'éteindra lentement.Je relis le texte trois fois, le cœur au bord des lèvres.Le vampire retrouvera sa capacité de procréer. L'espèce vampirique, stérile depuis l'origine,
Draven est toujours debout devant moi, de l'autre côté de l'autel. Son poignet ne saigne plus , la soie blanche a absorbé les dernières gouttes, et la plaie s'est déjà refermée, ne laissant qu'une fine ligne rose qui disparaît à vue d'œil. Il me regarde avec une expression que je ne lui ai jamais vue : de la peur. Lui, le Prince des Ténèbres, le Maître de Val-Sang, le Monstre Millénaire, a peur de ma réaction.— Tu as vu, dit-il d'une voix sourde, si basse que je l'entends à peine. Tu as tout vu. Ce que j'étais. Ce que j'ai fait. Les vies que j'ai prises. Les horreurs que j'ai commises. Le sang sur mes mains.Je repose la coupe sur l'autel, mes doigts tremblants manquant de la faire tomber. Je contourne le bloc d'obsidienne, mes pieds nus silencieux sur la pierre, et je m'arrête devant lui. Nos regards se croisent , me
Le silence retombe sur la chambre, confortable et chaud malgré la froideur de sa peau. Dehors, le soleil s'est levé tout à fait, et la lumière grise qui filtre à travers les vitraux noirs caresse nos corps enlacés, nos marques croisées, nos souffles mêlés.— Draven ? dis-je au bout d'un long moment.— Oui ?— La nuit dernière... ce que nous avons fait... est-ce que c'était... normal ? Pour des vampires, je veux dire ?Il émet un son qui ressemble à un rire étouffé , un bruit si rare, si inattendu, que j'en sursaute presque.— Non, Maëlys. Ce que nous avons fait n'était pas normal. Ce que nous avons fait était exceptionnel. Unique. Sacré. La consommation du Lien de Sang ne se produit qu'une fois par millénaire. Ce que nous avons partagé cette nuit, aucun autre vampire ne le connaîtra jamais.— Alors je suis spéciale ?— Tu es tout.Il se penche et m'embrasse, longuement, profondément, comme s'il voulait sceller ses mots sur mes lèvres. Et dans ce baiser, je goûte la vérité de ce qu'il
Cette pensée me frappe avec la force d'une révélation. Moi, Maëlys l'orpheline, Maëlys la survivante, Maëlys que les anciens ont livrée comme du bétail sur un autel de pierre. C'est moi qui ai épuisé le Prince Immortel au point de le faire dormir pour la première fois depuis mille ans. C'est moi qui ai fait fondre le masque de marbre, qui ai brisé la carapace de glace, qui ai touché l'homme sous le monstre.Mes doigts se tendent vers lui sans que je le commande. Ils effleurent son torse, cette peau d'albâtre striée de cicatrices anciennes. Je les ai vues cent fois, ces cicatrices , pendant les leçons, pendant les bains, pendant les nuits où il s'allongeait près de moi sans me toucher. Mais je ne les ai jamais vraiment regardées. Pas comme aujourd'hui. Pas avec cette liberté que me donne son sommeil.Elles sont nombreuses. Des dizaines. Un palimpseste de souffrance gravé dans sa chair éternelle. Certaines sont fines, à peine visibles, des lignes blanches qui traversent ses côtes comme
Maëlys La lumière du matin filtre à travers les vitraux noirs comme une bénédiction timide, teintée de pourpre et d'argent par les dragons et les lunes qui ornent le verre. Elle caresse mes paupières closes, insistante, et m'arrache lentement à un sommeil si profond qu'il ressemblait à la mort. Mon corps est lourd, ankylosé, comme si j'avais dormi des siècles plutôt que des heures. Chaque muscle proteste quand je tente de bouger, chaque articulation émet une plainte sourde, et pourtant, je ne me suis jamais sentie aussi vivante. J'ouvre les yeux et la chambre m'apparaît dans la clarté pâle de l'aube. Les braises dans l'âtre se sont éteintes depuis longtemps, ne laissant qu'un tas de cendres grises qui fument encore faiblement. Les chandeliers d'argent sont inclinés, leurs bougies noires consumées jusqu'au socle, des coulées de cire figées pendant le long de leurs flancs comme des larmes pétrifiées. Les vêtements que Draven m'a arrachés la nuit dernière gisent encore sur le sol, épa
Maëlys Draven me porte jusqu'à la chambre sans dire un mot. Mes jambes sont trop faibles pour marcher, mon corps trop épuisé pour protester, mon esprit trop embrumé pour penser. La lune de sang continue de briller derrière les vitraux noirs, baignant la pièce d'une lueur pourpre qui transforme le lit en autel sacrificiel. Mais ce soir, je ne suis pas la victime. Je suis l'offrande consentante. Il me dépose sur les draps de satin avec une délicatesse qui contraste avec la sauvagerie qu'il vient de déployer sur les remparts. Mes cheveux s'étalent sur les oreillers comme un éventail de soie noire, et mon corps nu, encore marqué par ses baisers et ses morsures, frissonne dans l'air glacé de la chambre. — Ne bouge pas, murmure-t-il en se redressant. La nuit ne fait que commencer. Il se dirige vers la cheminée éteinte, saisit une poignée de poudre noire dans une urne de pierre, et la jette sur les braises. Des flammes pourpres jaillissent instantanément, crépitant dans l'âtre comm
MaëlysJe ne sais pas combien de temps je suis restée inconsciente.Quand j'ouvre les yeux, je ne vois que du noir. Pas l'obscurité de la nuit , une obscurité plus profonde, plus dense, plus absolue, comme si la lumière n'avait ja
Ses doigts quittent la pierre et se posent sur ma joue. Ils sont glacés, si glacés que c'en est douloureux, et pourtant ma peau s'embrase sous leur contact. Une décharge électrique parcourt ma colonne vertébrale, se concentre au creux de mon ventre.
Je ferme les yeux et j'essaie de visualiser mon corps humain. Mes mains, mes pieds, mon visage d'avant. La sensation du tissu sur ma peau, la texture de mes cheveux entre mes doigts, le goût des aliments sur ma langue humaine. Je me concentre, je rassemble l'énergie qui pulse en moi , cette
Ils acquiescent, et je me concentre à nouveau. Je ferme les yeux, je visualise mon corps humain , mes mains, mes pieds, mon visage, la sensation de ma peau nue, la texture de mes cheveux. Mais cette fois, je ne suis pas seule dans l'effort. Ma louve est là, à l'intérieur de moi, et elle







