เข้าสู่ระบบElle supplie. Le son de sa voix brise quelque chose en moi que je ne savais même pas avoir. Pitié. Le mot résonne dans ma tête pendant que je m'approche, le corps encore vibrant de la traque, mon sexe toujours douloureusement dur contre ma cuisse. Elle est là, à genoux dans la boue, les cheveux collés au visage, les vêtements en lambeaux qui ne protègent plus rien. Je vois la courbe pâle de ses seins à travers le tissu déchiré, la ligne de sa colonne vertébrale qui descend vers des hanches faites pour être agrippées. Et cette odeur... cette foutue odeur qui me fait tourner la tête, qui envoie tout mon sang directement à mon entrejambe.
Maddox s'approche aussi, mais plus lentement. Il prend son temps, le salaud, comme s'il savourait déjà sa victoire. Moi, je n'ai qu'une envie : la toucher. Sentir sa peau sous mes doigts. Goûter sa chair sous ma langue. Vérifier qu'elle est réelle, qu'elle existe vraiment, que cette créature qui sent le miel et le paradis n'est pas un mirage créé par la faim et l'épuisement.
— Pitié, répète-t-elle, et ses yeux se lèvent vers moi.
Vert pâle. Presque transparents. Des yeux de source, justement, limpides et profonds, bordés de cils noirs alourdis par la pluie. Mon loup intérieur hurle de désir, de possession, de besoin. Elle est à moi. Tout en elle crie qu'elle est à moi et je vais tuer quiconque essaiera de me la prendre. Je veux m'agenouiller devant elle et en même temps la dominer jusqu'à ce qu'elle oublie son propre nom. Je veux lécher les larmes sur ses joues et en même temps être la raison pour laquelle elle pleure. Cette dualité me déchire.
Mais Maddox est là. La trêve est là. Et si je veux la garder, je dois jouer selon ses règles pour l'instant. Mon poing se serre contre ma cuisse, frustré, enragé. Plus tard. Je le tuerai plus tard. Pour l'instant, je vais juste la toucher. Juste une fois. Juste pour savoir.
Je m'avance vers elle, et elle se recroqueville. La peur dans ses yeux est si pure que j'en ai presque mal. Mon corps la domine de toute sa hauteur, massif, menaçant, et elle n'est qu'une chose fragile que je pourrais briser d'une seule main. Mais ce n'est pas ce que je veux. Je veux la protéger. La garder. La posséder jusqu'à ce que mort s'ensuive. Je pose une main sur son épaule, juste pour la toucher, juste pour ancrer cette réalité dans ma chair.
Le contact est électrique. Une décharge qui remonte le long de mon bras, qui descend jusqu'à mon ventre, qui fait pulser mon sexe. Sa peau est glacée, couverte de chair de poule, mais en dessous je sens sa chaleur vitale, cette énergie de Source qui crépite et m'appelle.
Elle tressaille. Sa peau est glacée, couverte de chair de poule. Elle tremble. De froid, de peur, d'épuisement. Ses forces l'ont abandonnée, elle ne peut plus lutter. C'est mieux comme ça. Je ne veux pas lui faire de mal, pas vraiment, mais je ne peux pas non plus la laisser fuir. Ma main glisse le long de son bras, malgré moi, explore la texture satinée de sa peau, la courbe fragile de son épaule.
— Ne bouge pas, je grogne en appuyant sur son épaule pour la plaquer au sol.
Elle tombe sans résistance, le dos dans la boue, les yeux agrandis par la terreur. Un petit cri s'échappe de ses lèvres quand je me penche sur elle. Ce cri traverse mon ventre comme une lame chauffée à blanc, mais ce n'est pas de la douleur. C'est du désir. Pur, brut, dévastateur. Mon loup se débat, veut la couvrir, la marquer, la prendre. Je vois ses seins se soulever au rythme de sa respiration paniquée, je vois ses mamelons pointer sous le tissu trempé, je vois sa langue passer sur ses lèvres gercées. Je veux m'enfoncer en elle. Maintenant. La prendre dans la boue, sous la pluie, devant Maddox, devant le monde entier.
Je serre les dents si fort que ma mâchoire craque.
Maddox arrive derrière moi. Je ne le vois pas mais je le sens, je sens son regard satisfait qui m'observe, qui note mon manque de contrôle. Ça m'énerve, mais je ne dis rien. Je maintiens la fille au sol, un genou contre sa hanche pour l'empêcher de bouger. Mon autre main est à plat dans la boue, près de sa tête, et mes doigts tremblent de l'envie de se glisser dans ses cheveux.
— Doucement, Cole, murmure la voix de Maddox. Tu vas la casser. Sa voix a une qualité moqueuse qui me hérisse.
— Occupe-toi de tes affaires.
Il s'agenouille près de sa tête, et je vois la panique monter dans les yeux de la fille. Deux prédateurs au-dessus d'elle, deux mâles qui la dominent. Son odeur change, s'acidifie sous l'effet de la peur. Mais en dessous, il y a autre chose. Quelque chose de plus doux, de plus chaud, une fragrance musquée que je reconnais d'instinct. L'excitation. Malgré sa peur, malgré la situation, son corps répond à notre présence. Cette découverte m'arrache un grognement satisfait. Elle n'est pas indifférente. Elle nous veut autant que nous la voulons, même si son esprit refuse de l'admettre.
Maëlys Des siècles ont passé. Tant de siècles que j'en ai perdu le compte, que les chiffres n'ont plus de sens, que les années se sont fondues en décennies puis en centenaires comme les ruisseaux se fondent en rivières. Le temps, pour les immortels, n'a pas la même signification que pour les humains. Il ne nous presse pas, ne nous menace pas, ne nous rappelle pas à chaque instant notre propre mortalité. Les années deviennent des décennies, les décennies des siècles, et les siècles s'écoulent comme des rivières paisibles, sans hâte, sans heurt, sans fin. Un jour, j'ai cessé de compter les printemps ou ce qui en tient lieu, dans ce royaume où le soleil ne brille jamais. Et cela n'a plus d'importance. Val-Sang est devenue une cité prospère et pacifique, la plus grande du monde connu, la fierté de notre royaume, le joyau de notre couronne. Ses tours de marbre blanc s'élèvent vers le ciel étoilé comme des prières figées dans la pierre. Ses jardins suspendus, irrigués par cet aqueduc
Maëlys Un an. Un an déjà depuis le rituel de transformation, depuis cette nuit où je suis morte en humaine et renaissante en vampire, où mon sang humain a été remplacé par le sang immortel de Draven, où mon cœur s'est arrêté de battre pour ne plus jamais connaître le repos. Un an depuis que Draven et moi sommes unis par le Lien de Sang, par l'amour, par le destin. Un an de bonheur , d'un bonheur que je n'aurais jamais cru possible quand j'étais une orpheline misérable dans un village qui me haïssait , de défis car gouverner n'est pas une sinécure, et construire une cité est une tâche titanesque , de construction, de passion, d'apprentissage. Et ce soir, nous allons célébrer cet anniversaire comme il se doit, devant la cour assemblée, devant nos alliés, devant le monde entier. La cérémonie du Sang est une tradition ancienne, presque oubliée, que Draven a ressuscitée pour l'occasion après des semaines de recherches dans les archives poussiéreuses du château. Une cérémonie où les épou
Les négociations durent trois jours. Trois jours de discussions âpres, de compromis difficiles, de concessions mutuelles, de nuits blanches passées à peser chaque mot, chaque clause, chaque virgule des traités. Les humains demandent des garanties , des lois écrites, des juges impartiaux, des territoires réservés où ils pourront vivre sans crainte d'être chassés. Les vampires exigent le respect de leurs traditions, le droit de chasser sur les terres communes (uniquement les animaux, pas les humains , c'est la première concession que j'obtiens d'eux), l'interdiction des armes anti-vampires sur le territoire de Val-Sang. Et moi, je suis au milieu, le pont entre les deux mondes, l'ancienne humaine devenue vampire, la Princesse qui comprend les deux cultures, qui a souffert des deux côtés, qui a aimé des deux côtés. Je parle avec éloquence, avec passion, avec empathie. Je raconte mon histoire , comment j'ai été sacrifiée par les miens, jetée en pâture aux ténèbres, comment j'ai trouvé l'
Nous faisons l'amour contre le mur, sur le sol, sur la table, dans le fauteuil, sur le tapis, et finalement sur le lit, où nous nous effondrons, épuisés, haletants, couverts de sueur et de sang, de griffures et de morsures. Nos corps portent les marques de notre passion , des bleus, des écorchures, des traces de crocs et ces marques sont les plus beaux des bijoux. Et quand nous atteignons le sommet ensemble, dans un cri qui résonne contre les murs de pierre du château, un cri qui doit s'entendre jusqu'aux cuisines, jusqu'aux écuries, jusqu'aux cachots, Draven murmure contre mon oreille, la voix brisée par l'extase : — Tu es mienne. Pour toujours. Et personne , ni Lysandra, ni aucun ennemi, ni aucune force en ce monde , ne pourra jamais nous séparer. — Pour toujours, je réponds en mordant sa gorge une dernière fois, goûtant son sang sur ma langue, scellant notre pacte dans la chair et le sang. Et cette nuit-là, dans notre chambre ravagée par notre passion, nous nous endormons enla
Lysandra se redresse, et un filet de sang , noir, épais, presque brillant , coule de sa lèvre fendue. Elle passe sa langue dessus, goûte son propre sang, et elle me regarde avec un mélange de peur et de défi. Elle est ancienne, puissante, elle a survécu à des siècles d'intrigues et de combats. Mais elle n'a jamais affronté une vampire liée par le Lien de Sang à un Prince Noctaris. Elle ne sait pas de quoi je suis capable. Elle ne sait pas que le Lien décuple mes forces, qu'il me relie à Draven d'une manière qui défie toutes les lois de la magie, qu'il me rend aussi puissante que lui , peut-être plus, quand ma colère s'enflamme. — Tu crois me faire peur, petite humaine ? crache-t-elle en retrouvant son arrogance, sa voix sifflante comme celle d'un serpent. Tu n'es qu'une parvenue, une usurpatrice, une moins que rien. Une humaine qui a eu la chance de se faire transformer, et qui joue à la princesse dans son château de pacotille. Draven aurait dû m'épouser, moi, il y a des siècles. J'
Maëlys Les travaux de Val-Sang occupent la plupart de mon temps, mais je n'en néglige pas pour autant mes devoirs de Princesse. La cour est un écosystème complexe, un marécage d'intrigues et de conspirations, peuplé de vampires séculaires aux ambitions obscures, et il faut une vigilance de chaque instant pour maintenir l'équilibre des pouvoirs. Un faux pas, un mot de travers, une faveur accordée à la mauvaise personne, et c'est tout l'édifice qui s'effondre. Draven m'a appris à lire les intrigues comme on lit un livre ouvert, à déchiffrer les alliances secrètes dans un regard échangé, à anticiper les trahisons avant même qu'elles ne se concrétisent. Et j'apprends vite. Très vite. L'ancienne humaine naïve que j'étais a laissé place à une stratège avisée, une politicienne redoutable, une Princesse qui sait que le pouvoir ne se donne pas , il se gagne, il se défend, il se conserve. Mais il est une chose pour laquelle je n'étais pas préparée. Une chose que Draven, dans sa naïveté mascu
AvaLa cabane apparaît entre les arbres comme une promesse ambiguë. Sauvetage ou prison, je ne sais plus faire la différence. Mes pieds saignent. Mes jambes tremblent. Le bandeau sur mes yeux m'a plongée dans une obscurité qui aiguise chaque sensation, chaque bruit, chaque odeur. Celle de Cole just
Cole Ça me déplaît. Je veux qu'elle sente bon, comme avant, comme quand elle courait dans la forêt. Je veux effacer cette terreur de son visage, la remplacer par du plaisir, par des gémissements, par mon nom crié dans la nuit.Maddox sort quelque chose de sa poche. Un bandeau de tissu noir, souple
ColeL'odeur...cette putain d'odeur qui me rend fou depuis des kilomètres. Je ne sais pas ce que c'est, je ne sais pas pourquoi, mais chaque molécule de mon être hurle pour s'en approcher. Du miel et de la cannelle, avec quelque chose en dessous. Quelque chose de plus sombre, de plus puissant, qui
AvaLa pluie est un linceul glacé qui s'abat sur mes épaules depuis des heures. Chaque pas dans cette forêt hostile est une torture, mes pieds nus lacérés par les racines et les pierres que je ne prends plus la peine d'éviter. Je cours depuis si longtemps que le temps n'a plus de sens. Depuis la vi







