Mag-log inIsla Les émissaires du clan d'Isla arrivent un matin, sous un drapeau blanc. Je suis dans la cour, en train de m'entraîner avec Duncan, quand j'entends les cris des sentinelles. Je me retourne, et je vois une troupe de guerriers qui s'approche des portes du village. Ils sont vêtus de bleu et d'argent, les couleurs de mon clan, et ils portent des bannières ornées d'un soleil levant. Le Clan de l'Aube. Mon clan. Ma famille. Et à leur tête, je reconnais une silhouette que je n'ai pas vue depuis des mois. Une silhouette grande, fière, aux cheveux sombres et aux yeux bleus. Mon frère. Ewan. Je sens mon cœur qui s'emballe, mes jambes qui tremblent, mes yeux qui s'emplissent de larmes. Mon frère. Mon grand frère. Celui qui m'a appris à me battre, à chasser, à survivre. Celui qui m'a protégée, qui m'a aimée, qui m'a manqué. Je veux courir vers lui, le serrer dans mes bras, lui dire que je vais bien, l
Il me fait allonger sur le sol, sur les tapis de la bibliothèque. Les tapis sont épais, moelleux, couverts de motifs anciens qui racontent des histoires oubliées. La lumière des bougies danse autour de nous, projetant des ombres mouvantes sur les murs couverts de livres. L'odeur du papier ancien et de la cire fondue emplit l'air, et je sens la poussière qui flotte dans les rais de lumière. C'est un endroit magique, intemporel, sacré. Un endroit où le temps semble suspendu, où le monde extérieur n'existe plus, où seuls comptent nos deux corps enlacés. Il s'allonge sur moi, et son corps massif me couvre, me protège, m'enveloppe. Sa chaleur se répand dans tout mon corps, chassant le froid de la nuit, chassant la peur de la mort, chassant la haine qui me rongeait. Je sens son cœur qui bat contre le mien, régulier, apaisant, comme un tambour qui bat le rythme de notre union. Ses mains caressent mon visage, mes cheveux, mes épaules. Ses doigts tracent d
Isla Je le surprends par hasard, une nuit, alors que je ne peux pas dormir. Je me lève du lit, et je marche pieds nus dans les couloirs du château, à la recherche d'un peu de paix, d'un peu de silence, d'un peu de solitude. Et je le trouve dans la bibliothèque oubliée, celle que j'ai découverte il y a quelques semaines. Il est assis dans un fauteuil, près de la fenêtre, et il contemple un objet que je ne distingue pas d'abord. Je m'approche sans bruit, et je vois ce qu'il tient dans ses mains. Un médaillon. Un petit médaillon en argent, orné d'un croissant de lune, qui s'ouvre pour révéler un portrait. Le portrait d'une femme. Une femme belle, aux cheveux sombres, aux yeux d'orage, au sourire triste. Sa mère. Je le regarde, et je vois dans ses yeux une douleur si intense, si profonde, si ancienne, que je sens mon cœur qui se serre. Il ne pleure pas. Il ne crie pas. Il ne dit rien. Il se contente de contempler
Isla La dispute éclate un soir, sans prévenir, comme un orage dans un ciel clair. Je suis dans notre chambre, en train de lire un livre que j'ai trouvé dans la bibliothèque. C'est un recueil de poèmes anciens, des poèmes d'amour et de guerre, des poèmes qui parlent de passion et de trahison. Je lis, et je pense à Lachlan, à notre relation, à tout ce que nous avons traversé. Et je sens la confusion qui monte, la haine qui se mêle à l'amour, la peur qui se mêle au désir. Lachlan entre, et je vois tout de suite que quelque chose ne va pas. Son visage est fermé, ses épaules sont tendues, ses poings sont serrés. Il a l'air furieux, ou blessé, ou les deux. — Qu'est-ce qui se passe ? demandé-je. — Rien. — Tu mens. — Je ne mens pas. Je vais bien. — Tu ne vas pas bien. Je le vois. Je le sens. — Alors peut-être que tu ne devrais pas me regarder
sens leur caresse légère contre ma peau nue. La lumière des bougies danse autour de nous, projetant des ombres mouvantes sur les murs de pierre. L'odeur de cire fondue et de bois brûlé emplit l'air, mêlée à l'odeur de sa peau, un mélange de cuir, de fumée et de musc qui me fait frissonner. C'est un endroit intime, secret, sacré. Un endroit où le monde extérieur n'existe plus, où seuls comptent nos deux corps enlacés. Il s'allonge sur moi, et son corps massif me couvre, me protège, m'enveloppe. Sa chaleur se répand dans tout mon corps, chassant le froid de la nuit, chassant la peur de la mort, chassant la haine qui me rongeait. Je sens son cœur qui bat contre le mien, régulier, apaisant, comme un tambour qui bat le rythme de notre union. Ses mains caressent mon visage, mes cheveux, mes épaules. Ses doigts tracent des sillons légers sur ma peau, et chaque caresse est une déclaration muette, chaque baiser est un serment silencieux. Sa bouche descend le long de mon cou, et il dépose un
Isla L'exécution a lieu à l'aube, dans la cour du château, devant tout le clan rassemblé. Le ciel est gris, lourd de nuages bas qui semblent peser sur les épaules de chacun. Une brume froide monte des collines, s'enroule autour des remparts, glisse entre les pierres comme un serpent de vapeur. Les torches sont allumées, et leurs flammes dansent dans le vent, projetant des ombres mouvantes sur les visages fermés des villageois. Personne ne parle. Personne ne bouge. Tout le monde attend. L'homme s'appelle Tavish. C'est un guerrier du clan, un homme d'âge moyen, au visage buriné et aux mains calleuses. Il a servi Lachlan pendant des années, il a combattu à ses côtés, il a versé son sang pour lui. Il a été son ami, son frère d'armes, son confident. Mais il a trahi. Il a vendu des informations à Callum, il a livré les plans des défenses du village, il a permis à l'ennemi de connaître les failles des remparts. Et quand Lachlan l'a découvert, il n'a pas eu d'autre choix que de le condamn







