Mag-log inElle secoue la tête, mais je vois la confusion dans ses yeux, la peur, la douleur. Je vois les fissures qui apparaissent dans son armure, les brèches qui s'ouvrent dans ses défenses, les failles qui se creusent dans son cœur.— Pourquoi tu me dis ça ? Pourquoi tu essaies de me retourner contre lui ?— Parce que je veux te sauver, Isla. Parce que je veux sauver ton enfant. Parce que je veux te donner une chance de vivre, une chance d'être libre, une chance d'être heureuse.— Tu veux me sauver ? Tu m'as capturée. Tu m'as enchaînée. Tu m'as menacée de mort.— Je t'ai capturée pour te protéger. Je t'ai enchaînée pour te garder en sécurité. Je t'ai menacée de mort pour te sauver la vie.— Tu racontes n'importe quoi.— Écoute-moi, Isla. Écoute-moi vraiment. Lachlan va mourir. Il va venir ici, seul, sans armes, et il va mourir. C'est inévitable. C'est écrit. C'est son destin. Mais toi, tu peux vivre. Ton enfant peut vivre. Si
CallumLa forteresse des Corbeaux se dresse devant moi, sombre et imposante, ses tours noires déchirant le ciel comme des griffes de pierre. Je me tiens sur le balcon de ma chambre, les mains appuyées sur la rambarde de fer forgé, et je regarde l'horizon où le soleil couchant embrase la lande d'un rouge sanglant. C'est mon moment préféré de la journée, cet instant où le jour meurt et où la nuit naît, cet instant où le monde bascule entre deux règnes, cet instant où je me sens le plus puissant, le plus vivant, le plus invincible.Mais ce soir, je ne savoure pas la beauté du crépuscule. Ce soir, mes pensées sont ailleurs, tournées vers la prisonnière qui occupe les geôles de ma forteresse. Isla du Clan de l'Aube. La femme de Lachlan. La mère de l'enfant de la prophétie. La clé de ma victoire.Je l'ai fait enfermer dans une cellule spéciale, une cellule que j'ai fait aménager pour elle, une cellule qui n'a rien d'une geôle ordinaire. Des tapis moell
Lachlan Le message arrive au camp, en pleine nuit. Nous sommes installés dans une clairière, à quelques lieues de la forteresse des Corbeaux, notre objectif, notre cible, notre vengeance. Les feux de camp brûlent doucement, projetant des lueurs dansantes sur les visages épuisés de mes hommes. Certains dorment, d'autres montent la garde, d'autres encore soignent leurs blessures ou aiguisent leurs lames. L'air est froid, la nuit est silencieuse, et je fixe les flammes en pensant à Isla, à notre enfant, à tout ce que je laisse derrière moi. Je pense à son sourire, à ses yeux, à sa voix. Je pense à la douceur de sa peau, à la chaleur de son corps, à la force de son amour. Je pense à la nuit que nous avons passée ensemble, à nos adieux déchirants, à nos promesses éternelles. Je pense à tout ce que je vais perdre si je meurs, à tout ce que je vais gagner si je survis. Et puis le messager arrive. Un homme, épuisé, couvert de sang, titubant. Il surgit de la forêt, trébuchant sur les rac
Isla Lachlan part à l'aube, à la tête de ses guerriers. Je le regarde s'éloigner depuis les remparts, et je sens mon cœur qui se serre, mes larmes qui montent, ma peur qui grandit. Le ciel est encore sombre, teinté de ces nuances grises et mauves qui précèdent le lever du soleil, et une brume épaisse monte de la vallée, enveloppant les cavaliers dans un linceul de brouillard. Je les vois qui s'éloignent, une longue colonne de silhouettes sombres, leurs armures qui scintillent faiblement sous les premières lueurs de l'aube, leurs chevaux qui soufflent et piaffent dans l'air froid du matin. Lachlan est en tête, droit sur sa selle, sa cape noire flottant derrière lui comme une aile déployée. Il se retourne une dernière fois, et il me sourit, un sourire triste, un sourire d'adieu. Un sourire qui me brise le cœur. Et puis il disparaît dans la brume, avalé par la forêt, et je reste seule sur les remparts, les mains agrippées à la pierre froide, le vent qui fouette mon visage et mes la
Les mots sortent de ma bouche avant que je puisse les retenir. Je n'avais pas prévu de lui dire, pas comme ça, pas maintenant. Mais je ne peux plus garder ce secret. Je ne peux plus le laisser partir sans qu'il sache. Je ne peux plus risquer de le perdre sans qu'il connaisse la vérité. Il se tourne vers moi, et je vois dans ses yeux une lueur de surprise, de tendresse, de peur. — Ton enfant ? — Oui. Je porte ton enfant. L'enfant de la prophétie. L'enfant qui unifiera les Highlands. Il s'approche de moi, lentement, comme s'il avait peur de me briser. Il pose sa main sur mon ventre, et sa paume est chaude, tremblante. Je sens son émotion qui se répand dans tout mon corps, qui me réchauffe, qui me console. — Un enfant, murmure-t-il. Notre enfant. — Oui. Notre enfant. Et il a besoin de toi. Il a besoin de son père. Il a besoin de toi vivant. — Isla. — Ne pars pas. Ne me laisse pas. Ne nous laisse pas. Il me serre contre lui, et je sens son corps qui tremble, son cœur qui bat, son
Je secoue la tête, je le secoue, je crie son nom encore et encore, comme si je pouvais le rappeler à la vie par la seule force de ma voix. Mais il ne bouge pas. Il ne respire pas. Il ne me regarde pas. Il est immobile, silencieux, sans vie. Il est mort.Duncan, mon ami, mon protecteur, mon frère. Duncan, qui m'a accueillie quand j'étais une captive, qui m'a protégée quand j'étais en danger, qui m'a aimée quand j'étais seule. Duncan est mort. Mort en me sauvant. Mort pour moi.Je m'effondre sur son corps, et je pleure. Je pleure comme je n'ai jamais pleuré. Je pleure pour lui, pour moi, pour Lachlan, pour tout ce que nous avons perdu. Je pleure jusqu'à ce que je n'aie plus de larmes, jusqu'à ce que je n'aie plus de voix, jusqu'à ce que je n'aie plus de force. Je pleure jusqu'à ce que le monde autour de moi disparaisse, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que moi et mon chagrin, moi et ma douleur, moi et ma perte.Lachlan me relève, doucement, tendrement. Il me serre contre lui, et je sens s







