เข้าสู่ระบบCéliaSa bouche sur la mienne est une reprise de possession, un rappel doux-amer de ce que nous venons de traverser. Mon goût y est encore, mêlé au sien. Une intimité violente, acquise. Mes membres sont lourds, mes pensées brouillées, mais la conscience de ce qui va suivre se fait jour, aiguë et glacée au milieu des braises de mon plaisir. Il s’écarte, juste assez pour plonger ses yeux gris dans les miens. Je lis un mélange de triomphe et d’une tension si intense qu’elle fait écho à celle qui noue mon ventre.— Tu n’as jamais été à personne d’autre.Ce n’est pas une question. C’est une déclaration, un constat ravi, sombre.— Non.Le mot sort, fragile. Une confession de plus. Je suis allongée sur le dos, offerte, les draps de soie noire froids sous ma peau brûlante. Lui est penché sur moi, son torse nu enfin révélé. La lueur des braises sculpte chaque relief : les pectoraux puissants, les abdominaux tendus, les épaules larges qui semblent occuper tout l’espace, tout le ciel au-dessus d
CéliaSes lèvres sur ma peau sont un feu dévorant et doux. Quand il embrasse l’intérieur de mes genoux, un éclair de plaisir si aigu, si inattendu, me transperce. Un gémissement s’échappe de ma gorge. Ses mains, larges et chaudes, remontent le long de mes cuisses, repoussant les pans de ma combinaison. L’air frais de la chambre sur ma peau nue me fait frissonner, mais la chaleur de sa bouche, de ses mains, est bien plus intense.Il lève les yeux vers moi, ses yeux gris sont des tempêtes dans la pénombre. Il tient mon regard tandis que ses doigts trouvent l’ourlet de ma culotte de soie. Il les fait glisser, avec une lenteur exaspérante, le long de mes jambes. Je dois poser une main sur son épaule pour ne pas tomber. Le tissu descend, passé mes genoux, mes chevilles. Il s’en débarrasse.Je suis presque entièrement nue devant lui, agenouillé. La vulnérabilité est si totale qu’elle en devient une forme de puissance. Je vois l’effet que j’ai sur lui. La tension dans sa mâchoire, le désir b
CéliaLe baiser a dévasté ma raison. Il me laisse les os liquides, l’esprit embrumé d’une brume chaude et coupable. Quand il rompt l’étreinte, je vacille. Ses bras se referment sur moi, pas pour me retenir captive, mais pour me soutenir. Et c’est pire. Cette sollicitude d’après-combat, dans le champ de ruines de mes défenses.— Viens.Il murmure le mot contre mes cheveux, et je n’ai pas la force de refuser. Il prend ma main dans la sienne, ses doigts larges enserrent mes doigts fins, et me guide hors de la serre, à travers les couloirs silencieux du manoir. Je marche à ses côtés comme un automate, le sang battant à mes tempes, le goût de lui encore brûlant sur mes lèvres. La soie de ma robe, qui me paraissait une protection il y a à peine une heure, n’est plus qu’un froissement agaçant contre une peau devenue hypersensible. Je sens chaque point de contact avec l’air, et surtout, je sens son regard sur moi, comme une caresse physique.Nous montons l’escalier de marbre. Nos pas résonnen
CéliaSa main se lève, lente, comme pour ne pas effaroucher un oiseau. Ses doigts effleurent une mèche de mes cheveux qui a glissé sur mon épaule. Le contact est d’une douceur infinie, en contradiction totale avec ses paroles. Un frisson incontrôlable me parcourt. Je ferme les yeux. Je ne devrais pas. C’est une capitulation.— Regarde-moi.Je rouvre les yeux. Ses doigts quittent mes cheveux pour suivre la ligne de ma mâchoire, un tracé de feu sur ma peau. Je devrais reculer. Je devrais le frapper. Je reste immobile. Paralysée par la peur, par la colère, et par autre chose. Quelque chose de sombre et de fascinant qui grandit en moi depuis que j’ai croisé son regard ce matin.— Tu me hais. Il constate, son pouce s’attardant sur le pouls qui bat follement à la base de mon cou.— Oui. Le mot est un souffle.— C’est un bon début. Il murmure. La haine et le désir sont des frères ennemis. Ils partagent la même chambre. Le même lit.Son autre main vient se poser sur ma hanche, à travers la soi
CéliaMon invitée. Les mots résonnent, vides et pleins de promesses menaçantes. Il joue un rôle. Un rôle plus dangereux que celui du tyran, car il est séduisant. Il ouvre une porte sur un abîme de confusion. Je me surprends à imaginer, une fraction de seconde, ce que serait ce dîner dans d’autres circonstances. La pensée est un poison.Je le voit sourire, comme s’il lisait mon esprit. Il se lève, vient se pencher près de moi pour me resservir du vin. Sa présence est une onde de chaleur. Son avant-bras effleure mon épaule. Un contact accidentel ? Jamais. L’électricité du contact me parcourt tout le corps. Je retiens mon souffle.— Vous êtes très belle ce soir, Célia il murmure, son souffle chaud effleurant mon oreille avant qu’il ne se redresse.Je ferme les yeux. Je suis perdue. Il utilise tout. Le décor, les mots, son corps, ma propre traîtrise corporelle. Je ne suis plus seulement une observatrice. Je suis un champ de bataille. Et il est en train de gagner du terrain sans même avoir
CéliaLa journée s’est écoulée dans la bibliothèque, un mausolée de livres rares et de portraits glacials. Sa voix, précise et implacable, déroulait l’histoire des Volkov comme une chaîne destinée à m’enlacer. Je n’écoutais qu’à moitié. J’observais. L’accent qu’il mettait sur la loyauté, la conquête, la rétention de ce qui est à soi. Chaque mot était une leçon, un avertissement.Le soir arrive, lourd des non-dits de la journée. Je m’habille avec un soin particulier, une robe simple en soie ivoire. Une armure, aussi fine soit-elle. Quand je descends, il est déjà là.KassianJe l’ai attendue dans le salon, vêtu d’un pantalon noir et d’un pull en cashmere gris foncé, négligemment roulé aux avant-bras. Le tissu, fin, épouse le relief des muscles, la carrure que des années de discipline ont sculptée. Je ne veux pas de l’uniforme du tyran ce soir. Je veux l’homme. Je veux qu’elle le voie, qu’elle le sente. Je tourne le dos, feignant de contempler les braises dans la cheminée, pour lui laiss







