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Chapitre 163 : La Nouvelle de Youssef

مؤلف: Déesse
last update تاريخ النشر: 2026-05-24 04:57:21

Leïla

Le téléphone sonne un jeudi soir. Un jeudi banal, ordinaire, un de ces soirs où rien ne se passe, où le temps s'écoule paresseusement. Je prépare le dîner, un tajine aux légumes, mes doigts sentent le cumin et la coriandre. La cuisine est chaude, la buée dessine des arabesques sur la vitre. Le téléphone vibre sur le plan de travail, et je vois le numéro. Ce numéro que je connais par cœur, gravé dans ma mémoire depuis des années, même s'il n'apparaît plus dans mes contacts sous le nom
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  • STÉRILITÉ PARTAGÉE    Chapitre 168 : Les Neuf Mois

    Hicham éclate en sanglots. Un géant brisé par une image en noir et blanc, un roc fissuré par un battement de cœur. Les larmes roulent sur ses joues sans qu'il cherche à les retenir. Il serre ma main si fort que les jointures craquent. Je pleure aussi, silencieusement, les yeux rivés sur l'écran. La sage-femme, discrète, nous laisse un moment devant ce miracle privé. — Il danse, murmure Hicham d'une voix étranglée. Notre enfant danse. Il nous dit bonjour. Le cinquième mois, je sens les premiers coups. Des bulles d'abord, des frémissements d'ailes de papillon contre mes parois. Et puis, un soir, alors que je suis allongée dans le bain, de l'eau tiède jusqu'au menton, un coup franc. Une petite percussion nette, précise, comme un doigt qui frappe à une porte. Je pousse un cri, un cri aigu qui résonne dans la salle de bain. Hicham accourt, paniqué, le visage blanc. Il a dû croire que j'étais en train de me noyer. — Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as mal ? — Non ! Viens ! Donne-moi ta

  • STÉRILITÉ PARTAGÉE    Chapitre 167 : L'Annonce 2

    Il rit, il pleure, il m'embrasse partout. Le front, les joues, les lèvres, le cou, les épaules. Ses larmes se mêlent aux miennes, nos salives se confondent, nos souffles s'emmêlent. Je m'accroche à son cou, je ris à travers mes sanglots, je crie à travers mes rires. Nous tournons, nous tournons, ivres de bonheur, dans la lumière vacillante de la bougie qui danse avec nous. Il me repose enfin, doucement, comme si j'étais en cristal, comme si j'étais une porcelaine Ming. Il pose ses deux mains sur mon ventre, à plat, avec une dévotion presque religieuse. Ses paumes sont chaudes, immenses, protectrices. Elles couvrent tout mon ventre, comme un bouclier. — Là. Il est là. Notre enfant. Notre petit. Notre tout-petit. — Oui. Il est là. Elle est là. Nous ne savons pas encore. C'est trop tôt. — Peu importe. Fille ou garçon. L'important, c'est qu'il y a une vie. Notre vie. La tienne, la mienne, fusionnées. Un petit être qui est nous. Toi et moi dans une seule âme. Il s'agenouille devant m

  • STÉRILITÉ PARTAGÉE    Chapitre 166 : L'Annonce

    Leïla J'ai caché le test dans la poche de ma robe. Contre ma cuisse, tiède et dur, ce petit rectangle de plastique chargé d'électricité, chargé d'avenir. Toute la soirée, je l'ai senti là, palpiter contre ma peau, comme un cœur supplémentaire. J'ai préparé le dîner avec des gestes automatiques, des gestes de somnambule, pendant que mon âme dansait une valse folle. J'ai coupé les légumes, j'ai fait revenir les oignons, j'ai surveillé la cuisson du poulet, et tout cela sans y penser, guidée par une mémoire musculaire ancestrale, tandis que mon esprit répétait en boucle ce mot magique. Enceinte. Enceinte. Enceinte. J'avais peur que mon cœur ne s'entende de l'extérieur, peur qu'il ne traverse ma poitrine et ne s'échappe dans la cuisine. J'ai mis la table avec un soin particulier. La nappe en lin blanc brodé, celle que ma tante Samira nous a offerte pour le mariage. Les couverts en argent, la vaisselle en porcelaine, les verres en cristal. J'ai allumé une bougie, une longue bougie blanc

  • STÉRILITÉ PARTAGÉE    Chapitre 165 : Le Test 2

    J'ai un test qui traîne dans l'armoire à pharmacie, depuis la dernière fois. Un test acheté en double, au cas où, et rangé derrière les boîtes de pansements et le sirop contre la toux. Il est périmé ? Je vérifie la date en plissant les yeux. Non. La date est bonne. Il me reste trois mois. Je le prends, je le tourne entre mes doigts. Un petit bâtonnet de plastique blanc, insignifiant, banal, un objet de quelques centimètres qui contient peut-être l'avenir. Peut-être toute une vie. Peut-être rien. Ce petit rectangle blanc, c'est un portail vers un autre monde. Ou pas. Je décide de le faire. Presque par hasard. Presque machinalement. Sans y croire vraiment. Sans l'angoisse de la dernière fois. Juste pour vérifier. Juste pour être sûre que ce n'est rien. Un dérèglement passager, un retard dû au stress, à la fatigue, aux nuits trop courtes. Juste pour écarter l'hypothèse et retourner à ma vie normale. Je fais pipi sur le bâtonnet. Mes gestes sont mécaniques, dénués d'émotion, comme si j

  • STÉRILITÉ PARTAGÉE    Chapitre 164 : La Nouvelle de Youssef 2

    Quand je raccroche, les joues trempées, Hicham est derrière moi. Il a écouté, en silence, appuyé contre le chambranle de la porte, les bras croisés. Il ne dit rien. Il me prend dans ses bras, m'enveloppe de sa chaleur, et je pleure contre sa poitrine. Des larmes de joie. Des larmes de guérison. La dernière blessure, la plus profonde, la plus ancienne, celle de la culpabilité envers Youssef, se referme enfin. Je l'ai vu se noyer et je n'ai pas pu le sauver. Je l'ai quitté et j'ai cru le condamner. Mais il s'est sauvé lui-même. Il a trouvé sa propre bouée. Il est vivant, il est heureux, il aime et il est aimé. — Il est heureux, je sanglote contre la chemise de Hicham. Il est vraiment heureux. — Nous le sommes tous, murmure-t-il en caressant mes cheveux, sa voix grave vibrant contre mon oreille. Nous le sommes tous, mon amour. Toi, moi, Youssef, Karim. Tous les survivants. Tous les naufragés qui ont regagné la terre ferme. Ce soir-là, nous dînons dans une paix nouvelle, dans une lumi

  • STÉRILITÉ PARTAGÉE    Chapitre 163 : La Nouvelle de Youssef

    Leïla Le téléphone sonne un jeudi soir. Un jeudi banal, ordinaire, un de ces soirs où rien ne se passe, où le temps s'écoule paresseusement. Je prépare le dîner, un tajine aux légumes, mes doigts sentent le cumin et la coriandre. La cuisine est chaude, la buée dessine des arabesques sur la vitre. Le téléphone vibre sur le plan de travail, et je vois le numéro. Ce numéro que je connais par cœur, gravé dans ma mémoire depuis des années, même s'il n'apparaît plus dans mes contacts sous le nom "Mon mari" depuis longtemps. Youssef. J'ai effacé ce nom le jour où j'ai commencé à guérir, mais le numéro, je ne l'oublierai jamais. Mon cœur fait un petit bond dans ma poitrine. Pas d'angoisse, pas de peur, pas cette terreur sourde qui m'habitait autrefois quand il m'appelait à trois heures du matin, perdu dans sa nuit, incapable de parler, juste un souffle au bout du fil. Non. Juste de la curiosité. De l'affection. Cette affection étrange, inattendue, qui a fleuri entre nous après le divorc

  • STÉRILITÉ PARTAGÉE    Chapitre 51 : L’Invité Inattendu 2

    LeïlaUn nouveau frisson. Parle-t-il de notre mariage ? Ou de quelque chose d’autre ? A-t-il des soupçons sur la dynamique dans cette maison ? Sur la présence de Karim ? « Sentimental ». Le mot est lâché, empoisonné.— Youssef est un homme d’honneur. Il sait séparer les choses, la voix un peu raide

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    LeïlaLa voiture s'arrête dans un silence électrique. Le moteur cesse de romonner, et soudain, il n'y a plus que le bruit de ma propre respiration, trop rapide, et le poids du bras de Youssef sur le dossier de mon siège.Je lève les yeux.La villa n'est pas une tour. C'est pire. Une demeure basse,

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    LeïlaUn besoin viscéral me prend. Meubler. Remplir. Combattre le vide glacé de ces murs lisses avec des objets, des couleurs, des odeurs qui seront miennes. Même si c’est une illusion. Même si tout, ici, lui appartient. Il faut des coussins, des tapis, des plantes vertes qui retiendront un peu de

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    LeïlaJe choisis des coussins couleur terre, épais, lourds. Quelque chose qui ancre. Des tapis aux motifs berbères, complexes, qui gardent en mémoire des mains anciennes. Des lanternes en métal percé qui projetteront des ombres dansantes, pour brouiller les lignes trop nettes de la villa.Il pousse

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