MasukEt soudain, je comprends. Je comprends que cet amour qu'ils me portent n'est pas un fardeau, mais une bénédiction. Qu'il n'est pas une chaîne, mais une libération. Qu'il n'est pas une menace, mais une protection.— Oui, dis-je dans un souffle. Oui, je vous accepte. Tous les trois. Ensemble. Pour toujours.Leurs visages s'illuminent, leurs sourires éclatent, leurs mains me serrent plus fort. Livio m'embrasse le premier, un baiser doux et tendre et reconnaissant. Puis Soren, un baiser profond et passionné et nostalgique. Puis Malik, un baiser rude et franc et loyal. Trois baisers, trois amours, trois promesses.— Ce soir, dis-je en reprenant mon souffle, ce soir, nous scellerons ce pacte. Dans la chambre. Tous les quatre. Et ce ne sera pas une nuit comme les autres. Ce sera une cérémonie. Un serment. Une union sacrée.— On sera là, répond Livio en souriant. Tous les trois. Comme toujours.— Comme pour toujours, corrige Soren.
Raphaël DelacroixLe scandale du gala de l'hôtel Meurice a fait la une de tous les journaux, exactement comme prévu. "Le PDG de la tour Delacroix et son escort : une danse sulfureuse sous les yeux du Tout-Paris", titrait Paris Match, avec une photo de Livio et moi sur la piste de danse, enlacés dans une salsa torride. "Raphaël Delacroix humilie son ex-mari en public : le milliardaire a-t-il perdu la raison ?" renchérissait Le Figaro, accompagné d'un cliché d'Alessandro, figé au bord de la piste, le visage décomposé par la fureur. Les chaînes d'information en continu ont repris l'affaire, les réseaux sociaux se sont déchaînés, et pendant quarante-huit heures, mon nom a été sur toutes les lèvres.Mais ce matin, ce n'est pas le scandale qui m'occupe. Ce sont eux. Mes trois amants, réunis dans le salon de la suite présidentielle, assis côte à côte sur le canapé de cuir, les visages graves, les regards déterminés. Livio, les mains croisées sur ses genoux, ses
Raphaël DelacroixLa porte de la suite claque derrière nous avec un bruit sourd qui résonne dans tout l'étage. Malik et Soren sont restés dans le hall, sur un signe discret de Livio, comprenant que ce qui va se passer maintenant est une affaire entre lui et moi. La limousine nous a ramenés en silence, un silence lourd de tout ce qui n'a pas été dit, de tout ce qui couve depuis des heures. Livio est debout au milieu du salon, son smoking froissé, ses cheveux en bataille, ses yeux d'ambre brillant d'un mélange de défi et d'appréhension. Il sait qu'il a désobéi. Il sait que j'aurais dû le punir. Et il attend, le menton levé, les poings serrés, prêt à encaisser.— Tu as désobéi, dis-je d'une voix glaciale en m'approchant de lui lentement, comme un prédateur qui encerclerait sa proie.— Oui. J'ai désobéi.— Je t'avais dit de rester à la tour. C'était un ordre.— Un ordre stupide. Un ordre dangereux. Tu avais besoin de moi, et je sui
Livio MorettiJe n'aurais pas dû venir. Raphaël me l'avait interdit, formellement, avec cette voix grave et autoritaire qu'il prend quand il veut nous protéger malgré lui. "Restez à la tour. Tous les trois. C'est un ordre." Il avait parlé comme un PDG, comme un maître, comme un amant qui veut épargner ses proches. Et nous avions obéi, la mort dans l'âme, le regardant s'éloigner dans sa limousine, vêtu de ce smoking noir qui le rendait si beau et si vulnérable.Mais je n'ai pas pu rester là, à attendre, à tourner en rond dans la suite en imaginant le pire. J'ai vu son visage quand il est parti, ses mâchoires serrées, ses yeux froids, ce masque d'impassibilité qu'il porte comme une armure. Et j'ai su qu'il allait souffrir, qu'il allait se faire humilier, qu'il allait encaisser les coups sans rien dire, par orgueil, par devoir, par amour pour nous. Alors j'ai désobéi.— Je vais au gala, ai-je annoncé à Malik et Soren.— Raphaël a dit de re
La valse se termine, et je m'écarte de lui, le souffle court, le cœur battant. Il me regarde avec un sourire de triomphe, et je vois dans ses yeux noisette toute la possessivité, toute la manipulation, toute la noirceur qui m'ont détruit pendant sept ans. Et je me hais. Je me hais de l'avoir aimé, de l'avoir cru, de l'avoir épousé. Je me hais d'être là, à danser avec lui, à subir ses humiliations, à me plier à son chantage.— Excusez-moi, dis-je en m'éloignant. Je dois aller aux toilettes.Je traverse la salle de bal, bousculant les serveurs, ignorant les regards. Je m'engouffre dans le couloir, pousse la porte des toilettes, et je m'effondre contre le lavabo. Mon reflet dans le miroir est celui d'un homme vaincu, humilié, brisé. Un homme qui a tout fait pour échapper à son passé, et qui se retrouve à danser avec lui.Mais la porte s'ouvre à la volée, et Livio apparaît. Livio, mon amour, mon sauveur, qui a désobéi à mes ordres, qui s'est infiltré au g
Raphaël DelacroixLe gala de l'hôtel Meurice est un écrin de velours rouge et de cristal. Les lustres monumentaux projettent une lumière dorée qui caresse les épaules nues des femmes et les smokings des hommes. Le champagne coule à flots, les rires fusent, l'orchestre joue une valse langoureuse qui fait tournoyer les couples sur la piste de danse. Tout n'est que luxe, beauté, volupté. Et au milieu de ce décor de conte de fées, je suis le prisonnier d'Alessandro Morelli.Je suis arrivé seul, comme il l'avait exigé. Seul, sans Livio, sans Soren, sans Malik. Seul, vulnérable, offert à ses manipulations. Il m'a accueilli avec un sourire carnassier, une coupe de champagne tendue, un baiser sur la joue qui m'a brûlé comme une marque au fer rouge. Et depuis, je suis à son bras, comme autrefois, quand nous formions ce couple magnifique et factice que tout le monde admirait, que tout le monde enviait, que personne ne savait brisé de l'intérieur.— Tu es
Je m'effondre à côté de lui, le visage enfoui dans l'oreiller, incapable de répondre. Mes mains tremblent. Mon cœur cogne contre mes côtes comme un oiseau paniqué. Je viens de le prendre avec une violence inouïe, je viens de le traiter comme un objet, comme un réceptacle, comme exacteme
Il caresse le tatouage du bout des doigts, et je devine dans ce geste toute une enfance, toute une histoire que je ne connais pas mais que je brûle soudain de connaître.— Quand j'avais neuf ans, ils ont voulu abattre l'arbre pour agrandir le parking. Je me suis enchaîné au tronc avec un cadenas de
Raphaël DelacroixLa porte s'ouvre à vingt-deux heures précises, comme la veille, comme si le temps s'était plié en deux et que nous recommencions la même soirée dans une boucle infinie. Mais rien n'est pareil. Rien ne sera plus jamais pareil. Il est là, dans l'encadrement, silhouette élancée vêtue
Je me tourne enfin vers lui. Son visage est impénétrable, taillé dans le granit, mais ses yeux noirs brillent d'une intensité qui me met mal à l'aise. Il me fixe avec cette expression qu'il a parfois, comme s'il cherchait à deviner ce que je cache, comme s'il voulait me protéger de moi-même.— L'es







