MasukLe soir tombait doucement sur le palais. La lumière rougeoyante du crépuscule filtrait à travers les lourds rideaux de la chambre de Diel, peignant les murs de nuances ardentes. L’air était chargé d’une tension silencieuse, presque palpable. Riven venait de rentrer. Son pas lourd et assuré résonna dans le couloir avant que la porte ne s’ouvre lentement. Diel, assis sur le rebord du lit, tourna brièvement la tête mais se détourna aussitôt, fixant obstinément la fenêtre. Son visage restait fermé, crispé, et ses poings se serraient sur le tissu de sa tunique.Riven referma la porte derrière lui, soupira doucement et s’approcha, mais pas trop vite, comme s’il craignait de brusquer le fragile équilibre qui régnait dans la pièce. Son regard d’acier se posa sur Diel, son oméga, ce garçon trop petit et trop fragile à ses yeux, qu’il voulait protéger du monde entier… mais qu’il savait aussi être en train d’étouffer par sa propre présence.— Diel, commença-t-il d’une voix grave mais étonnamment
Le soleil de l’après-midi filtrait à travers les rideaux de la chambre, répandant sur le sol une lumière douce, presque dorée. Diel, assis sur le rebord de son lit, fixait le vide. Sa poitrine se soulevait rapidement sous l’effet de sa colère contenue. Il n’en pouvait plus. Pas de l’enfermement, pas de la surveillance constante, mais de cette sensation d’être privé de toute liberté, de tout droit sur son propre corps. Depuis que Riven avait découvert ses feuilles contraceptives et les avait brûlées, chaque seconde lui paraissait être une condamnation silencieuse.Il serra les poings. Son regard, d’habitude si clair, s’assombrit sous l’ombre de la frustration. La peur, l’humiliation, la fatigue… tout cela se mélangeait en lui. Il avait l’impression que son souffle même appartenait désormais à Riven.Lorsque la porte s’ouvrit, il se redressa brusquement. Riven entra, vêtu d’une tenue simple, sans son manteau d’empereur, comme s’il revenait d’un entraînement ou d’un tour de garde improvi
Le jardin impérial baignait dans une lumière douce, tamisée par les frondaisons épaisses des grands arbres. L’air embaumait la lavande et les fleurs rares que l’on entretenait avec soin. Diel s’était réfugié là, depuis plusieurs heures, assis sur un banc de pierre, les genoux repliés contre sa poitrine, le regard perdu dans le ciel. Ses doigts fins jouaient nerveusement avec un pétale tombé, comme pour s’occuper, comme pour oublier l’attente qui le rongeait. Depuis que Riven était revenu, il n’avait cessé de repenser à la lettre confiée à Rim, doutant, craignant, espérant.Le craquement discret d’une branche derrière lui lui fit tourner la tête. Ses yeux encore rougis par la fatigue s’écarquillèrent en voyant apparaître une silhouette familière. Rim. Vêtu de sa tenue de garde légèrement poussiéreuse, les traits tirés par la route, mais les yeux brillants d’une détermination contenue.— Rim… souffla Diel, la voix tremblante, presque incrédule.Un sourire franc fendit le visage du garde
soleil était déjà haut dans le ciel quand Rim atteignit enfin les abords de la capitale. Ses vêtements étaient poussiéreux, ses bottes marquées par la route, et ses muscles endoloris par la fatigue. Depuis la veille, il n’avait cessé de marcher, parfois trottant pour gagner du temps, parfois ralentissant quand ses forces menaçaient de l’abandonner. Sa mission était trop précieuse pour qu’il prenne le risque de s’arrêter. Il avait la lettre de Diel soigneusement cachée sous sa tunique, cousue dans une doublure pour qu’aucun garde ne puisse la trouver en cas de fouille. À chaque pas, il se répétait que c’était peut-être la seule chance pour Diel de communiquer avec ses parents, pour leur donner signe de vie, pour garder espoir.Lorsqu’il franchit enfin la grande porte de pierre, il sentit la tension retomber un peu de ses épaules, mais pas complètement. La capitale était toujours sous une vigilance accrue depuis que Riven avait pris le pouvoir, et toute absence non justifiée pouvait év
La chambre était plongée dans une semi-obscurité, seulement éclairée par la pâle lumière de la lune qui filtrait à travers les rideaux lourds. Diel, recroquevillé dans son lit, n’avait cessé de ressasser les événements de la journée. Le départ de Rim avec la lettre lui avait laissé un mince espoir, mais aussi une angoisse sourde : et si elle n’arrivait jamais entre les mains de ses parents ? Et si Riven s’en rendait compte ? L’attente l’éreintait.La porte s’ouvrit doucement, sans le claquement brutal qu’il craignait toujours. Le cœur de Diel manqua un battement. Riven venait de rentrer. Mais contrairement à ses habitudes, il n’avait pas ce regard froid, calculateur et autoritaire. Ses pas étaient lents, presque silencieux. Ses yeux se posèrent sur Diel avec une intensité inhabituelle.— Tu dors ? demanda Riven d’une voix basse, presque tendre.Diel secoua la tête, nerveux, incapable de formuler une réponse. Il s’attendait à un interrogatoire, à une remarque sèche, mais rien ne vint.
Un silence lourd s’abattit sur la pièce. Lenaë baissa les yeux, le cœur en lambeaux. Elle savait que son époux disait vrai, mais elle craignait de perdre ce qui lui restait encore.Rim brisa le silence.— Je peux vous aider. Je connais les couloirs du palais, les gardes, les moments où les rondes se relâchent. Mais il faudra attendre le bon moment. Riven part souvent pour des affaires politiques. Ce sera notre chance.Kael se tourna vers lui, les yeux perçants.— Alors tu seras nos yeux et nos oreilles, Rim. Si tu trahis, je te jure que je t’arracherai la vie de mes propres mains. Mais si tu dis vrai… alors tu deviendras le sauveur de mon fils.Rim soutint ce regard farouche, puis inclina la tête en signe d’accord.— Je ne trahirai pas. Diel compte sur moi. Et désormais… il compte sur vous aussi.Lenaë, bouleversée, serra la lettre contre sa poitrine comme si c’était la chose la plus précieuse au monde.— Tiens bon, mon enfant… souffla-t-elle dans un sanglot. Ta mère est là. Ton père






