Mag-log inJe l'écoute, les yeux fermés, laissant sa voix m'envelopper comme une couverture chaude et rassurante. Je connais cette histoire par cœur, chaque mot, chaque pause, chaque inflexion. Mais je ne m'en lasse jamais. La source pulse doucement en moi, heureuse, reconnaissante. Elle aime cette histoire autant que moi.Quand Duncan arrive à la fin de son récit, Gabriel s'est endormi contre son torse, sa petite bouche entrouverte sur un souffle régulier. Duncan le berce doucement, le visage empreint d'une tendresse infinie qui me fait fondre le cœur.— Je vais le coucher, murmure-t-il. Il est épuisé, il a couru toute la matinée.Il se lève avec précaution, tenant notre fils contre lui comme le trésor le plus précieux du monde, et l'emporte à l'intérieur de la cabane. Je reste seule un moment sur le porche, savourant le silence, la paix, le bonheur simple de cet instant parfait.Cinq ans. Il y a cinq ans, j'étais une jeune femme brisée, couverte de sang et de cendres, portant le poids de la so
AlthéaCinq ans. Cinq années entières se sont écoulées depuis la chute de la Cabale, depuis la destruction du Conseil des Anciens, depuis la fin de la guerre qui a failli nous dévorer tous. Cinq années qui ont filé comme un rêve, rapides et douces, emplies de tout ce qui fait une vie pleine. Des rires et des larmes. Des naissances et des deuils. Des départs et des retrouvailles. Des jours de soleil éclatant et des nuits de tempête, au propre comme au figuré. Cinq années de paix. De reconstruction. De bonheur simple et profond.Je suis assise sur le porche de ma cabane, une tasse de thé fumante entre les mains, le bracelet de cuir et d'argent toujours à mon poignet. La véranda de Duncan s'est agrandie au fil des ans, agrémentée de pots de fleurs aux couleurs vives et de rideaux de lin blanc qui flottent doucement dans la brise d'été. La balancelle grince paisiblement, bercée par le vent. Des abeilles bourdonnent paresseusement autour des lavandes que j'ai plantées l'année dernière, leu
Il lève les yeux vers moi, et je vois toute la vulnérabilité du monde dans ses iris verts. Il est à genoux devant moi, tremblant, les yeux humides, le cœur ouvert et offert.— Althéa, acceptes-tu de me laisser rester à tes côtés ? Pour toujours ? Dans les jours heureux comme dans les jours sombres qui viendront forcément ? Dans la paix comme dans la guerre, si la guerre revient ? Dans la vie, et s'il le faut, dans la mort elle-même ? Acceptes-tu que je sois ton compagnon, celui qui partage tes fardeaux ? Ton confident, celui à qui tu peux tout dire ? Ton ami, celui qui te fait rire quand tu es triste ? Ton amant, celui qui te tient la nuit ? Acceptes-tu que je marche avec toi, main dans la main, jusqu'à notre dernier souffle ?Les larmes coulent sur mes joues, abondantes, irrépressibles, un torrent que je ne peux pas retenir. Je ne les essuie même pas. Je les laisse couler librement, tracer des sillons chauds sur ma peau, parce que ce sont des larmes de joie pure, de bonheur absolu, d
Le soleil monte lentement dans le ciel, dissipant les brumes matinales, révélant la splendeur de la montagne au printemps. Le thé refroidit dans nos tasses, oublié, mais nous ne bougeons pas. Nous restons là, assis sur la véranda, main dans la main, à regarder le monde s'éveiller. Les minutes s'écoulent, paisibles, parfaites.C'est ça, le bonheur. Ce n'est pas grandiose. Ce n'est pas spectaculaire. Ce n'est pas une victoire éclatante ou un pouvoir immense. C'est simple, infiniment simple. C'est doux, infiniment doux. C'est une véranda de bois qui sent le pin fraîchement coupé, deux tasses de thé fumant dans l'air frais du matin, et l'homme qu'on aime assis à côté de soi, sa main dans la nôtre, regardant le même paysage.---CHAPITRE 99 : LA DEMANDEAlthéaCe soir, la lune est pleine et immense, suspendue dans le ciel comme une lanterne céleste d'un argent pur. Sa lumière baigne la montagne d'une clarté presque surnaturelle, irréelle, faisant scintiller la rosée sur les herbes et les a
Devant moi, attenante à la façade de la maison, une véranda. Pas une simple avancée de toit, non. Une magnifique véranda de bois clair, aux poutres apparentes et massives, ornée de sculptures délicates représentant des feuilles de chêne et des fleurs de montagne. Chaque détail a été travaillé avec un soin méticuleux, chaque volute, chaque entrelacs. Des lanternes en fer forgé pendent des solives, leurs bougies attendant d'être allumées pour la nuit. Une balancelle se balance doucement dans la brise matinale, ses coussins moelleux invitant à la paresse. Et au centre, sur une petite table ronde, deux tasses fumantes de thé sont posées, leur vapeur dansant dans l'air frais.Duncan est debout à côté de la table, les bras croisés sur sa poitrine, arborant un sourire qui va d'une oreille à l'autre. Il porte une vieille chemise tachée de sciure et de vernis, et ses mains sont couvertes d'ampoules et de petites coupures, stigmates de son travail acharné.— Alors ? demande-t-il, visiblement im
Il lève enfin la tête et tourne son visage vers moi. Son œil unique est rouge, gonflé, mais il y a dedans une détermination farouche, presque sauvage. C'est le regard d'un loup qui part en chasse, qui ne reviendra pas avant d'avoir trouvé ce qu'il cherche.— J'ai besoin de partir. De chasser seul. De me battre seul. De survivre seul. J'ai besoin de me prouver que je suis encore digne d'être un alpha. Digne de diriger la meute. Digne de toi.— Digne de moi ? Kael, je n'ai jamais...— Je sais. Tu ne m'as jamais rien demandé. C'est pour ça que je dois partir. Pour devenir celui que tu mérites d'avoir à tes côtés, même si ce n'est que comme ami, comme frère, comme alpha. Je veux mériter ta confiance. Je veux mériter ton respect.Il se lève, et je me lève avec lui. Il est immense, une montagne de muscles et de cicatrices, un géant taillé pour la guerre et la survie. Mais ce soir, dans la lumière argentée de la lune, il me semble presque fragile. Un colosse aux pieds d'argile, rongé par des







