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CHAPITRE 25 – Le piège

Auteur: L'encre
last update Date de publication: 2026-07-23 13:46:53

Éléonore réfléchit un instant. Les pensées se bousculaient dans sa tête, confuses, contradictoires, mais une idée émergea peu à peu du chaos.

« La procédure d’internement, dit-elle. Il m’a menacée de me faire interner. Pour ça, il lui faut un motif. Une preuve que je suis instable, dangereuse, incapable de gérer ma propre vie.

— Et demander le divorce après avoir découvert une vidéo de son mari en train de coucher avec sa sœur, ce n’est pas un signe d’instabilité. C’est une réaction parfaitemen
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  • Sœurs de sang, Sœurs de lit   CHAPITRE 151 – Le face-à-face avec Jacques

    Il lui tendit la coupe de champagne, le sourire toujours vissé aux lèvres.— Tiens. Trinquons à ton retour.Éléonore prit la coupe sans le quitter des yeux. Le champagne pétillait doucement, et les bulles remontaient à la surface comme autant de petits pièges scintillants. Elle porta la coupe à ses lèvres mais ne but pas.— Tu es bien matinal pour quelqu’un qui est rentré tard hier soir.— Je n’ai pas beaucoup dormi. Trop de pensées en tête. Trop de projets.— Quel genre de projets ?Jacques reposa sa tasse de café et se renversa dans sa chaise, les mains croisées derrière la tête, le regard fixé sur elle avec une intensité qui la mettait mal à l’aise.— J’ai une bonne nouvelle, ma chérie. Une excellente nouvelle, même.— Laquelle ?— Ton père a enfin accepté de te parler. Il veut te voir demain.Le sang d’Éléonore se glaça dans ses veines, mais elle ne montra rien. Elle se força à sourire, à hocher la tête, à jouer le rôle de l’épouse reconnaissante qu’elle s’était promis d’interprét

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    Il leva son verre comme pour porter un toast.— À notre réconciliation.— À notre réconciliation.Il but une gorgée de whisky sans la quitter des yeux. Puis il posa son verre sur la table basse et se dirigea vers la porte.— Je dois sortir. Une réunion tardive au Sénat. Ne m’attends pas pour dîner.— Bien sûr.Il s’arrêta sur le seuil et se retourna.— Ah, une dernière chose. L’audience pour la mise sous tutelle a été annulée. J’ai retiré ma demande. Inutile d’envenimer les choses, maintenant que tu es revenue à la raison.— Merci. Je te suis reconnaissante.— Tu devrais. Bonne soirée, ma chérie.Il sortit, et la porte claqua derrière lui. Éléonore resta immobile au milieu du salon, les mains tremblantes, le cœur battant. Elle venait de jouer la scène la plus difficile de sa vie, et elle avait gagné. Jacques la croyait soumise, repentante, inoffensive. Il avait retiré sa demande de mise sous tutelle. Il baissait sa garde.Elle attendit que le bruit de l’ascenseur se soit éloigné, puis

  • Sœurs de sang, Sœurs de lit   CHAPITRE 149 – Éléonore retourne à Paris

    Elle sortit le téléphone crypté qu’il lui avait donné et le glissa dans la poche intérieure de son trench.— Je t’appelle. Même au milieu de la nuit. Même pour te dire que tout va bien.Amir hocha la tête, mais son regard restait sombre, inquiet. Il se pencha vers elle et posa un baiser sur son front, un geste tendre qui contrastait avec la tension du moment.— Fais attention à toi.— Toi aussi.Elle descendit de la camionnette et remonta le col de son trench. La nuit était tombée sur Paris, et les réverbères de l’avenue Montaigne jetaient des flaques de lumière dorée sur les trottoirs mouillés. Elle marcha d’un pas régulier, ni trop lent ni trop rapide, comme une femme qui rentre chez elle après une longue journée de travail. Elle ne regarda pas derrière elle. Elle ne chercha pas à savoir si quelqu’un la suivait. Elle était Madame Servin, épouse du sénateur, et elle n’avait rien à se reprocher.La concierge la salua d’un signe de tête quand elle traversa le hall de l’immeuble. Éléono

  • Sœurs de sang, Sœurs de lit   CHAPITRE 148 – Éléonore retourne à Paris

    — Ne me remerciez pas. Contentez-vous de rester en vie.Rebecca se leva et reprit sa sacoche vide. Sur le seuil de la porte, elle se retourna.— Une dernière chose, maître. Si quelqu’un venait vous interroger – la police, un avocat, un détective privé – que leur diriez-vous ?— Je leur dirais que je ne vous ai jamais vue. C’est le principe du secret professionnel.— Et si on vous menace ?Le notaire esquissa un mince sourire.— J’ai soixante-douze ans, madame Morel. J’ai survécu à deux cancers, trois infarctus, et une tentative de cambriolage. Les menaces ne me font plus peur depuis longtemps.Rebecca hocha la tête, rassurée, et quitta l’étude. Dehors, le soleil s’était levé sur Paris, dissipant les brumes matinales qui s’accrochaient aux toits. Elle marcha le long de la Seine, le cœur plus léger qu’en entrant. Les preuves étaient en sécurité. Quoi qu’il leur arrive maintenant, la vérité survivrait. Elle trouverait son chemin jusqu’à la justice, même s’ils n’étaient plus là pour la po

  • Sœurs de sang, Sœurs de lit   CHAPITRE 147 – Rebecca et le notaire

    — Je souhaite déposer des documents sous scellé, avec instruction de les transmettre au parquet de Paris en cas de décès ou de disparition de ma personne ou de mes associés.Le notaire haussa un sourcil, mais ne manifesta pas d’autre surprise. Il avait l’habitude des demandes inhabituelles.— Vous m’en voyez intrigué. De quel genre de documents s’agit-il ?Rebecca ouvrit la sacoche et en sortit les chemises cartonnées qu’elle avait préparées la veille. Elle les posa sur le bureau, les unes après les autres, formant une pile impressionnante de papiers, de photographies, de clés USB et de dictaphones.— Corruption, détournement de fonds publics, faux et usage de faux, subornation de témoins, violences conjugales, viols, séquestration, et complicité d’assassinat. Le tout impliquant un sénateur en exercice, un homme d’affaires milliardaire, et un ancien policier reconverti en tueur à gages.Maître Laroche la regarda par-dessus ses lunettes.— Vous ne faites pas dans la demi-mesure, madame

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    Puis vint le moment des adieux.— Fais attention à toi, dit Éléonore à sa sœur en la serrant dans ses bras.— Toi aussi. Et ne prends pas de risques inutiles.— C’est promis.Isaora esquissa un sourire triste.— Tu mens aussi mal que moi.— C’est de famille.Elles échangèrent un regard complice, et pendant un bref instant, elles ne furent plus deux sœurs brisées par des années de mensonges et de trahisons. Elles furent simplement deux femmes qui s’apprêtaient à livrer la bataille de leur vie, et qui savaient qu’elles pouvaient compter l’une sur l’autre.Rebecca serra la main d’Amir avec une vigueur qui le fit presque grimacer.— Prenez soin d’elle, dit-elle à voix basse. Ou je vous fais regretter d’être sorti de votre cage de verre.— Je la protégerai. Quoi qu’il arrive.— Je sais. C’est pour ça que je vous la confie.Elle s’approcha d’Éléonore et la serra dans ses bras à son tour, longuement, silencieusement. Puis elle recula, les yeux brillants de larmes qu’elle refusait de verser.

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