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Thèse sur le Plaisir - Chapitre 5

Penulis: Janne Vellamour
last update Tanggal publikasi: 2026-01-11 22:15:04

Le message arriva à 3h17 du matin.

"Tu as rêvé de moi cette nuit ?"

Elle se réveilla au son de la notification, le téléphone éclairant sa chambre sombre. Son cœur s'emballa avant même qu'elle ne lise. Elle n'avait pas besoin de vérifier l'expéditeur. Personne d'autre n'envoyait de messages à cette heure. Personne d'autre ne lui parlait ainsi.

Elle tapa une réponse avant que le sommeil ne lui laisse le temps de réfléchir.

"Oui."

Trois petits points apparurent. Disparurent. Revinrent.

"Qu'est-ce que je t'ai fait dans le rêve ?"

Ses doigts se figèrent sur l'écran. Car il savait. Bien sûr qu'il savait. Dans le rêve, il l'avait coincée dans la salle des archives de la bibliothèque, sa main sur sa bouche tandis que l'autre—

Le téléphone vibra à nouveau.

"Demain. Salle des archives. Minuit."

Elle ne répondit pas. Elle n'en avait pas besoin.

Le lendemain passa dans un flou. Elle traversa les cours comme un fantôme, la peau sensible là où il l'avait marquée la veille. Quand le professeur de littérature mentionna Crime et Châtiment, elle faillit renverser sa chaise en se levant trop vite.

À 23h55, le campus était déjà désert.

La bibliothèque fermait à 22h, mais il avait laissé la porte de derrière déverrouillée. Il la laissait toujours. Elle entra en silence, le cœur battant si fort que cela faisait mal.

La salle des archives se trouvait au sous-sol, un labyrinthe d'étagères métalliques et de classeurs poussiéreux. La lumière de secours teintait tout d'un rouge sang.

Il l'attendait au centre de la pièce, assis à une table de bois sombre, ses lunettes reflétant la faible lumière.

« En retard », dit-il sans regarder l'heure.

Elle s'arrêta à deux pas de distance.

« Il est exactement minuit. »

Il leva enfin les yeux, et le sourire qu'il afficha lui coupa le souffle.

« Déshabille-toi. »

Elle portait la jupe comme il l'avait demandé — noire, ajustée, avec une fermeture éclair sur le côté. Ses mains tremblèrent en la baissant.

« Lentement », ordonna-t-il, enlevant ses lunettes et en nettoyant les verres sur le tissu de sa chemise. « Je veux te voir te tortiller. »

Elle inspira profondément et obéit, laissant la jupe glisser le long de ses hanches jusqu'au sol. La culotte était la même qu'il avait rendue — celle qu'elle avait emportée dans sa poche.

Il observa chaque mouvement, les yeux sombres comme des lames.

« Maintenant le chemisier. »

Les boutons prirent plus de temps qu'ils n'auraient dû. Quand le tissu tomba, elle ne fut plus qu'en soutien-gorge, la peau couverte de chair de poule dans l'air glacial du sous-sol.

Il se leva alors, réduisant la distance entre eux en deux grandes enjambées. Ses doigts tracèrent la ligne du soutien-gorge, s'arrêtant entre ses seins.

« Tu as mis du noir. Brave fille. »

Le compliment brûla plus que n'importe quelle caresse.

Il la tourna d'un mouvement brusque, pressant son torse contre la table. Le métal froid colla à sa peau nue.

« Compte jusqu'à dix. »

Elle déglutit.

« Un. »

La première claque vint sans prévenir — dure, précise, sur la courbe droite de ses fesses. Elle cria, les doigts s'agrippant au bord de la table.

« Deux. »

La seconde fut plus forte. Elle sentit sa peau s'échauffer, la douleur délicieuse s'étendant.

Quand elle arriva à dix, ses jambes tremblaient, et elle était trop mouillée pour prétendre qu'elle n'en voulait pas plus.

Il la tourna à nouveau, les yeux parcourant son visage bouffi de plaisir.

« Dans le rêve, je t'ai prise par-derrière », chuchota-t-il, la main s'enroulant dans ses cheveux. « Mais maintenant... »

La table grinça quand il l'assit sur le bord, écartant ses jambes avec ses genoux.

« Maintenant, tu vas me voir. »

Il entra en elle d'une seule poussée, et elle se cambra, ses doigts marquant ses hanches. Chaque mouvement était calculé pour faire mal — pour laisser des souvenirs.

Quand elle commença à se tordre, il la tira au bord de la table, la forçant à s'agenouiller sur le sol rugueux.

« Ouvre. »

Elle obéit, la langue tendue, et il gémit quand il se répandit en elle, salé et chaud.

Il la remit debout, essuya sa bouche avec son pouce avant de l'embrasser profondément.

« À ton tour. »

Ses doigts la trouvèrent chaude et prête, et il ne fallut que trois touchers pour qu'elle jouisse, s'agrippant à lui comme s'il était le seul point solide de l'univers.

Quand il l'aida à s'habiller ensuite, ses mains étaient étonnamment douces.

« Demain », dit-il en remettant ses lunettes, redevenu le professeur parfait.

Elle savait que ce n'était pas une invitation.

C'était un ordre.

Et comme toujours, elle était déjà impatiente d'obéir.

La lumière du couloir l'aveugla quand elle sortit du sous-sol. Ses pas résonnaient dans le silence du campus, chaque claquement de ses talons sur l'asphalte semblait marquer le rythme accéléré de son cœur. La jupe était maintenant légèrement froissée, et la fermeture éclair remontée jusqu'en haut — comme pour cacher ce qui s'était passé en bas.

Mais elle savait que rien ne pourrait cacher.

L'air de la nuit était frais, contrastant avec la chaleur qui brûlait encore sous sa peau. Elle porta ses doigts à son cou, où ses lèvres avaient laissé des marques qui s'assombriraient sûrement d'ici demain.

"Tu porteras un foulard autour du cou demain."

L'ordre n'avait pas été prononcé à haute voix, mais elle savait que c'était ce qu'il attendait. Tout comme elle savait que, si elle ne le faisait pas, il le remarquerait. Et alors...

Un sourire involontaire courba ses lèvres.

Et alors il la punirait.

Le téléphone vibra dans sa poche, et elle n'eut pas besoin de regarder pour savoir ce qui était écrit.

"Je veux voir les marques demain."

Elle s'arrêta au milieu du chemin, les doigts tremblant légèrement en tapant :

"Tu les verras."

Les trois petits points apparurent et disparurent. Il ne répondrait plus. Il ne répondait jamais après qu'elle avait obéi.

Son appartement se trouvait à quinze minutes du campus, un petit studio silencieux, où rien n'interrompait ses pensées — ou leur absence. Elle verrouilla la porte derrière elle, laissant son sac tomber au sol avant de s'adosser contre le mur.

Sa respiration était encore accélérée.

Elle ferma les yeux et revit chaque instant : ses mains emprisonnant ses poignets, la table froide contre sa peau nue, la voix rauque murmurant des ordres qu'elle suivrait sans hésiter.

Quand elle rouvrit les yeux, son reflet dans le miroir la fixa — cheveux en désordre, lèvres gonflées, yeux sombres d'un désir encore non assouvi.

Elle fit glisser ses mains le long de la jupe, sentant le léger tremblement de ses cuisses.

« Demain. »

Le mot résonna dans son esprit comme une promesse.

Mais que planifiait-il ? Salle de classe ? Bibliothèque ? Son bureau, après le départ de tous ?

Le téléphone vibra à nouveau.

Cette fois, c'était une photo.

Juste une image sombre, indistincte... jusqu'à ce qu'elle comprenne ce que c'était.

Le sol du sous-sol.

Là où il l'avait fait s'agenouiller.

Là où elle l'avait avalé tout entier.

Et puis, un message :

"Tu as laissé tes chaussettes là-bas. Tu devras revenir les chercher."

Elle regarda ses propres pieds — maintenant nus, les chaussettes noires manquaient bel et bien.

Quand les avait-il enlevées ?

Son cœur s'accéléra à nouveau.

Il faisait toujours ça. Il la laissait toujours avec quelque chose qui manquait, quelque chose qui la ferait revenir. Un livre oublié. Un vêtement. Un morceau d'elle-même.

Elle répondit avant de pouvoir mieux réfléchir :

"Quand ?"

La réponse fut immédiate.

"Quand je voudrai."

Elle laissa échapper un souffle tremblant, les doigts serrant le tissu de la jupe.

Car elle savait ce que cela signifiait.

Il ne l'appellerait pas demain.

Ni après-demain.

Il la ferait attendre.

Jusqu'à ce que le manque fasse trop mal.

Jusqu'à ce qu'elle le supplie.

Et alors, seulement alors...

Il la laisserait revenir.

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