LOGINChapitre 56 : L'approche dangereuse de TiagoSolèneLes jours qui suivent ma rencontre avec Tiago sont placés sous le signe de l'incertitude. L'enveloppe qu'il m'a remise est cachée sous mon matelas, avec le médaillon et mon carnet de croquis. Je ne l'ai pas ouverte, je ne l'ai pas montrée à Alessandro, je n'en ai parlé à personne, pas même à Margot. Ces documents sont une bombe à retardement, et je ne sais pas encore si je veux l'amorcer ou la désamorcer.Alessandro continue de venir voir les jumeaux, presque tous les jours maintenant. Il arrive le matin, après son jogging dans le parc du domaine, les bras chargés de cadeaux : des peluches, des livres pour enfants, des vêtements de marque que je n'aurais jamais pu me payer. Gabriel l'accueille avec des cris de joie, tend les bras vers lui, babille des mots incompréhensibles qui ressemblent à « papa » sans en être tout à fait. Raphaël reste plus distant, mais sa méfiance s'effrite peu à peu. Hier, il a accepté de s'asseoir sur les gen
Chapitre 55 : Le refus cinglantSolèneJe n'attends pas l'ascenseur. Je dévale les escaliers du siège social, mes talons claquant sur les marches de marbre, mon cœur tambourinant dans ma poitrine. Je viens de déchirer un chèque de cinq millions d'euros. Cinq millions. De quoi vivre jusqu'à la fin de mes jours sans jamais travailler, de quoi offrir à mes fils les meilleures écoles, les meilleurs soins, la meilleure vie possible. Et j'ai dit non. J'ai dit non à la sécurité, au confort, à la tranquillité. J'ai dit oui à la vérité, à la justice, à la dignité. Et je ne regrette rien.Le hall d'entrée est immense, froid, impersonnel. Des hommes en costume pressent le pas, des secrétaires s'affairent derrière leurs ordinateurs, des écrans géants diffusent les cours de la bourse en temps réel. Le monde des affaires continue de tourner, indifférent au séisme qui vient de secouer ma vie. Je traverse ce temple du capitalisme la tête haute, les épaules droites, le regard fixé sur les portes vitré
Chapitre 54 : Le contrat odieuxSolèneUne semaine a passé depuis la révélation de Béatriz. Sept jours de silence, de réflexion, de reconstruction lente et douloureuse. Alessandro est venu trois fois à l'appartement, pour voir les jumeaux, pour leur parler, pour essayer maladroitement de tisser un lien avec ces deux petits êtres qui le regardent encore comme un étranger. Gabriel s'est montré curieux, ouvert, il a accepté de s'asseoir sur ses genoux, de jouer avec sa montre, de babiller dans son langage incompréhensible. Raphaël, fidèle à son caractère ombrageux, est resté méfiant, distant, refusant tout contact plus long que quelques secondes. Chaque fois qu'Alessandro tendait la main vers lui, il se détournait, se réfugiait dans mes bras, enfouissait son visage dans mon cou. Cela prendra du temps, m'a dit Alessandro, et j'ai hoché la tête sans répondre. Oui, cela prendra du temps. Beaucoup de temps. Mais ce temps, nous l'avons désormais.Ce matin-là, je reçois un message de Béatriz.
Chapitre 53 : La rencontre avec BéatrizSolèneLe silence qui suit le départ de Béatriz est si lourd, si dense, si oppressant que j'ai l'impression de suffoquer. L'air du salon est devenu irrespirable, chargé de poussière et de secrets, saturé de révélations qui m'ont frappée comme autant de coups de poignard. Cousins. Alessandro et moi sommes cousins germains. Nos pères étaient frères jumeaux, séparés par la tyrannie d'un vieillard, réunis par la mort dans une tragédie qui n'en finit pas de se répercuter à travers les générations. Et moi, pauvre idiote, j'ai couché avec mon cousin, j'ai eu des enfants de lui, j'ai bâti ma vengeance sur un socle qui s'effondre aujourd'hui en emportant tout sur son passage.Alessandro est effondré sur le canapé, le visage enfoui dans ses mains, les épaules secouées de tremblements qu'il ne peut pas contrôler. Il ne pleure pas, pas encore, mais c'est tout comme. Ses doigts sont crispés sur ses tempes, ses jointures sont blanches, sa respiration est cour
Chapitre 52 : Les résultats qui changent toutSolèneBéatriz ouvre le dossier d'un geste lent, presque solennel, comme si elle accomplissait un rituel dont elle connaissait depuis longtemps l'inéluctabilité. Les pages jaunies crissent sous ses doigts, des documents couverts d'une écriture fine et penchée, des photographies en noir et blanc, des coupures de journaux qui remontent à plus de trente ans. L'odeur du papier ancien emplit le salon, se mêlant au parfum entêtant des roses qui ornent la cheminée.— Avant de commencer, dit-elle d'une voix qui a perdu toute sa superbe, je dois vous prévenir. Ce que vous allez apprendre n'est pas agréable. Cela ne vous apportera ni réconfort, ni soulagement, ni paix. Cela ne fera que soulever d'autres questions, d'autres mystères, d'autres douleurs.— Nous sommes prêts, répond Alessandro d'une voix ferme. Parle.Béatriz nous regarde l'un après l'autre, son fils et moi, comme si elle nous voyait pour la première fois. Peut-être cherche-t-elle une r
Chapitre 51 : Le retour au domaineSolèneLe lendemain matin, je me réveille avec une détermination nouvelle. Le médaillon est là, posé sur la table de chevet, à côté du mobile musical des jumeaux. Je l'ai gardé contre moi toute la nuit, serré dans ma main comme on serre un talisman, et quand j'ai ouvert les yeux aux premières lueurs de l'aube, il était toujours là, son or vieilli brillant faiblement dans la pénombre. Ce n'était pas un rêve. Alessandro me l'a vraiment rendu. La première condition est remplie. Il en reste deux.Gabriel et Raphaël dorment encore, leurs souffles légers emplissant le silence de l'appartement. Je les regarde un long moment, ces deux petits êtres qui sont ma raison de vivre, ma force, ma faiblesse. Hier, leur père est entré dans leur vie sans crier gare,







