INICIAR SESIÓN"Trahie par un baiser, liée par un enfant". Trahie par un baiser, liée par un enfant Pour fêter ses 22 ans et la fin de ses examens, Solène, qui n'avait jamais embrassé personne, se laisse entraîner dans un bar clandestin de Lisbonne. Là, elle croise le regard magnétique d’un inconnu, Rafael. Sur un coup de folie, elle le suit dans un vieux palais transformé en hôtel. Il lui vole son premier baiser, puis bien plus : son médaillon familial, seul héritage de sa mère disparue. Au petit matin, il s'est volatilisé. Brisée, elle retourne sur les lieux chaque semaine pour retrouver son bien. En vain. Mais le véritable choc arrive quelques mois plus tard : elle est enceinte. De jumeaux. Elle abandonne ses études d’histoire de l’art pour élever ses fils seule, puis reprend courage un an plus tard et décroche enfin son diplôme. Le soir de la remise, en allumant la télévision, son sang se glace. Rafael apparaît à l'écran, un genou à terre, demandant en mariage une célèbre héritière. Son vrai nom ? Alessandro Marques, le richissime magnat du vin dont tout le Portugal parle. Il l'a trahie par un baiser. Mais leurs enfants les lient à jamais. Et elle compte bien le lui rappeler.
Ver másChapitre 1 : La promesse d'une vie ordinaire
Solène
Je m'appelle Solène Moreau. J'ai vingt-deux ans. Et jusqu'à ce soir, ma vie était parfaitement ordinaire.
Le jour se lève à peine sur Lisbonne quand j'ouvre les yeux. Les premiers rayons du soleil filtrent à travers les rideaux usés de ma chambre, dessinant des motifs tremblants sur le mur blanc. Je reste immobile quelques instants, le temps que mon esprit émerge du brouillard du sommeil. La lumière chaude caresse mon visage, mais je ne ressens rien. Depuis longtemps, la beauté du monde ne m'atteint plus vraiment. Elle glisse sur moi comme l'eau sur une pierre.
Je me lève lentement, les pieds nus sur le carrelage froid. Dans la cuisine minuscule, je prépare le petit-déjeuner de ma tante Clara : un thé noir infusé longuement, deux tartines de pain grillé, une fine couche de confiture d'abricot. Le rituel est immuable. Chaque matin depuis cinq ans, je dépose le plateau sur ses genoux, j'arrange ses oreillers, je lui souris. Elle me répond par un sourire fatigué, ses yeux cernés par la maladie qui la dévore lentement, un cancer qui ne lui laisse aucun répit. Parfois, je me demande si elle sourit pour moi ou pour se donner du courage. Peut-être les deux.
— Tu as bien dormi, ma chérie ? me demande-t-elle d'une voix faible.
— Très bien, tante Clara. Et toi ?
— Comme on dort à mon âge.
Elle a soixante-trois ans, mais la maladie lui en donne vingt de plus. Ses mains tremblent quand elle saisit la tasse. Je fais semblant de ne pas le remarquer. La fierté est tout ce qui lui reste, alors je la lui laisse. Je détourne le regard vers la fenêtre, vers le linge qui sèche sur le balcon, vers la rue animée du quartier populaire où nous vivons depuis toujours.
Après le petit-déjeuner, je m'installe à la table du salon pour réviser. Les examens de troisième année d'histoire de l'art commencent dans une semaine. Mes notes sont excellentes, les meilleures de ma promotion. Les professeurs parlent de moi comme d'une étudiante prometteuse, brillante même. Je ne sais pas si je suis brillante. Je sais seulement que j'ai appris à travailler dans le silence et la solitude, que les livres sont devenus mon refuge quand la vie est devenue trop lourde.
J'ai perdu ma mère à l'âge de dix ans. Un accident de voiture stupide, une nuit de pluie, un virage mal négocié. Mon père, je ne l'ai jamais connu. Ma mère n'en parlait jamais. Quand je posais des questions, elle changeait de sujet avec une douceur triste qui m'empêchait d'insister. J'ai fini par ne plus demander. Parfois, le silence est plus facile que la vérité.
Le seul héritage que je possède, c'est un médaillon ancien que je porte jour et nuit autour du cou. Il appartenait à ma mère, et à sa mère avant elle. Un bijou étrange, gravé d'un blason que je n'ai jamais réussi à identifier. Je l'ai montré à des professeurs, à des antiquaires. Tous sont formels : ce symbole n'appartient à aucune famille connue. Un mystère pendu à mon cou depuis douze ans.
Je caresse machinalement le médaillon du bout des doigts. Il est froid sous ma peau, mais sa présence me rassure. C'est tout ce qui me reste de ma mère. Tout ce qui me relie à mon passé, à mes origines floues, à cette moitié de moi-même que je ne connais pas.
Les journées s'écoulent, identiques les unes aux autres. Cours à l'université, bibliothèque, retour à la maison, soins à ma tante, révisions jusqu'à tard dans la nuit. Je n'ai pas de petit ami. Je n'en ai jamais eu. Je n'ai jamais embrassé personne. Ce n'est pas par principe ou par religion. C'est simplement que ma vie n'a jamais laissé de place à l'amour, à la légèreté, à l'insouciance. Je ne sais pas danser. Je ne sais pas rire aux éclats. Je ne sais pas être jeune, tout simplement.
Parfois, je regarde les autres étudiants s'embrasser sur les marches de la faculté, partir en week-end, éclater de rire pour un rien. Je les observe comme on observe une espèce inconnue. Leur monde n'est pas le mien. Mon monde, c'est celui des hôpitaux, des ordonnances, des nuits à veiller une femme malade en espérant qu'elle passe la nuit. Mon monde, c'est un petit appartement aux murs humides et une vie suspendue à un fil.
Mais je ne me plains pas. Je ne me suis jamais plainte. Ma tante Clara m'a recueillie quand ma mère est morte. Elle m'a élevée malgré sa santé fragile, malgré ses moyens modestes, malgré tout. Elle m'a donné un toit, de l'amour, des valeurs. Elle m'a appris à tenir debout quand tout s'écroule. Je lui dois tout. Alors non, je ne me plains pas. Je range ma vie dans des cases étroites et je continue d'avancer, un pas après l'autre.
Ce soir-là, pourtant, quelque chose change.
Je suis penchée sur un livre d'art médiéval quand mon téléphone vibre. Un message de Margot, ma seule amie, mon exact opposé. Là où je suis silence, elle est tempête. Là où je suis retenue, elle est explosion. Nous nous sommes rencontrées en première année, un jour où elle avait oublié ses notes de cours. Je lui avais prêté les miennes. Elle m'avait invitée à boire un café. Depuis, elle ne m'a plus jamais lâchée.
Son message est un raz-de-marée d'émoticônes et de majuscules. Elle veut absolument que je sorte avec elle pour fêter la fin des examens. Pas dans un bar normal. Dans un lieu secret, un endroit dont tout le monde parle à voix basse. Le Labyrinthe.
Je soupire en lisant son message. Sortir n'est pas dans mes habitudes. Sortir dans un bar clandestin encore moins. Je suis sur le point de refuser, de prétexter la fatigue, les révisions, ma tante. Mais tante Clara, depuis son lit, a entendu la vibration du téléphone.
— C'est Margot ? demande-t-elle.
— Oui. Elle veut que je sorte ce soir.
— Alors sors.
Je la regarde, surprise. Elle me sourit, son visage creusé par la fatigue mais ses yeux brillants d'une lueur que je ne leur ai pas vue depuis longtemps.
— Tu as vingt-deux ans, Solène. Tu passes tes journées entre les cours et cette chambre. Tu ne ris plus. Tu ne danses plus. Tu ne vis plus.
— Je n'ai jamais dansé, tante Clara.
— Raison de plus pour commencer. Va. Amuse-toi. Pour une fois, ne pense pas à moi. Pense à toi.
Ses mots me transpercent. Je baisse les yeux vers mon téléphone. Mon pouce hésite au-dessus de l'écran. Puis, presque malgré moi, je réponds à Margot.
— D'accord. Je viens.
Je ne sais pas encore que cette décision va briser ma vie en mille morceaux. Je ne sais pas que ce soir, je vais rencontrer un homme qui me volera mon premier baiser, ma virginité, mon médaillon et mon avenir. Je ne sais pas que cette sortie innocente va me précipiter dans un tourbillon de passion, de trahison et de vengeance.
Pour l'instant, je sais seulement que ma tante me sourit et que, pour la première fois depuis des années, j'accepte l'imprévu.
Je me lève et vais choisir une robe dans ma penderie. Elle est modeste, sombre, simple. Comme moi. Je la passe, me regarde dans le miroir. La fille qui me fixe a les yeux trop sérieux, le teint trop pâle, les épaules trop tendues. Elle a l'air d'une étudiante raisonnable qui ne fait jamais de vagues.
Dans quelques heures, cette fille aura cessé d'exister.
Chapitre 5 : L'approcheRafaelNos lèvres se touchent. Et le monde s'arrête.Je ne sais pas combien de temps dure ce baiser. Les secondes, les minutes, tout se dilate, tout se confond. Il n'y a plus que sa bouche contre la mienne, douce, hésitante d'abord, puis plus audacieuse, comme si elle apprenait en temps réel ce que signifie embrasser. Elle goûte le Lisbon Soul que je lui ai offert, ce cocktail sucré et fumé, et autre chose aussi, quelque chose de plus pur, de plus brut, qui n'appartient qu'à elle.C'est son premier baiser. Elle me l'a dit sans me le dire, il y a quelques minutes à peine. Et je le sens. Je le sens dans la façon dont ses lèvres tremblent contre les miennes, dans ses doigts qui agrippent mes épaules comme si elle risquait de tomber, dans son souffle irrégulier qui caresse ma joue. Ce baiser est un cadeau qu'elle me fait, un trésor qu'elle me confie. Et je n'ai jamais rien reçu d'aussi précieux.Quand nos lèvres se séparent enfin, elle reste les yeux fermés quelque
Chapitre 4 : Le regardRafaelElle a dit oui. Et voilà. Le piège se referme, mais je ne sais plus très bien qui est le chasseur et qui est la proie.Je suis venu au Labyrinthe pour fuir. Fuir ma mère, ses manigances, ses alliances imposées. Fuir cette femme qu'elle veut me voir épouser, cette Isabella de Oliveira que je n'ai jamais aimée, que je n'aimerai jamais. Fuir le destin qu'on a écrit pour moi avant même ma naissance. Ce soir, j'avais besoin d'être quelqu'un d'autre. Un inconnu dans un bar. Un homme sans nom, sans passé, sans chaînes.Je ne m'attendais pas à elle.Quand je l'ai vue, assise au bar, sa robe modeste et ses yeux trop sérieux, j'ai d'abord cru à une hallucination. Une fille comme elle n'a rien à faire dans un endroit comme celui-ci. Elle est trop pure, trop fragile, trop réelle au milieu de tous ces masques. Elle ne porte pas de bijoux, pas de maquillage ostentatoire, pas d'armure. Elle est nue dans sa vérité, exposée comme une plaie.Et cela m'a foudroyé.Je n'aura
Chapitre 3 : L'entrée dans l'inconnuSolèneL'homme traverse la salle dans ma direction. Chacun de ses pas résonne dans ma poitrine comme un coup de tambour. La musique s'éloigne, les rires s'estompent, le monde se réduit à cette silhouette qui fend la foule sans effort, comme si l'océan des corps s'ouvrait devant lui par déférence.Je devrais bouger. Dire quelque chose. Respirer, au moins. Mais je reste pétrifiée, le dos collé au bar, les doigts crispés sur mon verre que je tiens sans boire depuis une éternité. Le barman tatoué essuie des verres derrière moi, indifférent au séisme qui est en train de fissurer ma vie.L'inconnu s'arrête à un mètre de moi. Il est plus grand que je ne le pensais. Plus imposant. Son costume sombre épouse ses épaules avec une précision qui sent l'argent, le tailleur sur mesure, l'habitude du luxe. Mais ce n'est pas cela qui me frappe. C'est son regard. Un regard noir, profond, qui semble lire en moi comme dans un livre ouvert. Un regard qui sait. Un regar
Chapitre 2 : La tentation de MargotSolèneMargot m'attend devant l'université, adossée à un réverbère, une cigarette électronique à la main. Elle porte une robe rouge qui épouse ses courbes comme une seconde peau. Ses cheveux blonds cascadent sur ses épaules. À côté d'elle, je me sens invisible.— Enfin ! s'exclame-t-elle en me voyant arriver. Je commençais à croire que tu allais te dégonfler.— J'ai failli.Elle éclate de rire, un rire franc et sonore qui fait se retourner les passants. Margot est comme ça : elle ne sait rien faire discrètement. Elle occupe l'espace, capte la lumière, aimante les regards. Parfois, je l'envie. Souvent, je me demande pourquoi elle a choisi d'être mon amie.— Bon, écoute-moi bien, reprend-elle en passant son bras sous le mien. Ce soir, on ne va pas dans un bar quelconque. On va au Labyrinthe.— Tu me l'as dit. C'est quoi, exactement, ce Labyrinthe ?— C'est un secret. Littéralement. L'endroit n'a pas d'adresse officielle. Il faut connaître quelqu'un po












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