登入Dans un petit salon de thé feutré niché au centre-ville, à l'abri du tumulte des affaires et du monde des affaires, l'odeur du thé infusé et des pâtisseries apportait une parenthèse de douceur bienvenue.Camille tenait sa tasse entre ses deux mains pour se réchauffer, les yeux fixés sur la vapeur qui s'en élevait. En face d'elle, Sarah, sa meilleure amie et fidèle confidente depuis des années, l'observait avec cette attention bienveillante qui la caractérisait si bien.— Je n'en dors plus depuis plusieurs nuits, Sarah... murmura Camille en poussant un léger soupir. Entre la plainte d'Adrien, les fuites de documents et la présence permanente d'Éléonore aux côtés de Julian... j'ai l'impression que le sol se dérobe sous mes pieds.Sarah posa sa main sur le poignet de sa meilleure amie pour la réconforter.— Respire, Camille, dit-elle doucement avec un sourire rassurant. Déjà, donne-moi un peu de tes nouvelles. Comment tu te sens physiquement avec toute cette pression ? Tu as l'air épuisé
Rentré à l'appartement de la plaine Monceau aux alentours de minuit, le couple fut rattrapé par une tension étouffante. Dans le grand salon baigné par la lumière froide de la nuit parisienne, la scène de l'Hôtel de Lassay n'avait pas été digérée.Julian avait enlevé sa veste de smoking, qu'il avait jetée sur un fauteuil. Le col de sa chemise ouvert, il se servait un verre de whisky au bar en marbre noir. Ses mouvements étaient brusques, travisant un agacement profond. La possessivité qui l'animait n'était pas seulement une marque d'affection : c'était un besoin fondamental de contrôle que la simple présence d'Adrien auprès de Camille avait suffi à ébranler.Camille, debout près de la baie vitrée donnant sur les toits sombres, observait le reflet de Julian dans la vitre.— Tu n'avais pas besoin de réagir avec cette violence face à Adrien, déclara-t-elle d'un ton calme mais accusateur. Tu as donné l'impression à toute la profession que je suis une incapable incapable de gérer une provoc
Le vendredi soir, la réception annuelle de l'Ordre des Avocats rassemblait le tout-Paris des affaires sous les dorures des salons de l'Hôtel de Lassay. Au milieu des lustres en cristal et des conversations feutrées, Camille portait une robe fourreau en velours nuit qui soulignait la grâce de sa démarche. À ses côtés, Julian, impérial dans un smoking noir sur mesure, gardait une main ferme et possessive posée sur le creux de ses reins, affirmant silencieusement son emprise devant la foule des décideurs.Pourtant, depuis le début de la soirée, un voile d'invisibilité s'était glissé entre eux. Camille souriait aux confrères, répondait aux politesses d'usage, mais son esprit demeurait captif du dossier verrouillé dans son coffre-fort. Chaque geste d'affection de Julian, chaque regard ardent qu'il posait sur elle semblait désormais altéré par l'ombre de la suspicion.C'est à vingt-deux heures, alors que Julian s'était isolé dans un boudoir voisin avec un sénateur pour aborder un projet de
Trois jours après le dîner discret du Laurent, la lumière d'automne baignait le vaste bureau du cabinet Ferrand, situé au cœur du quartier de la Madeleine. Assise derrière sa table de travail en verre sablé et acier, Camille parcourait une convention d'arbitrage internationale. Le silence feutré de son cabinet n'était interrompu que par le cliquètement régulier de son stylo plume sur le papier pur chiffon.Depuis le closing de l'opération Singapour, une douce sérénité semblait s'être installée. Le soir venu, dans l'intimité du triplex de la plaine Monceau, Julian se montrait d'une tendresse exclusive, presque protectrice, enrobée de cette passion brute qui la faisait chavirer à chaque fois. Il semblait apaisé, persuadé d'avoir définitivement consolidé son emprise et mis ses ennemis hors d'état de nuire.Un coup frappé contre le battant en chêne massif rompit sa concentration. Sa secrétaire, Mathilde, s'avança, tenant entre ses doigts gantés un pli de format A4 en papier vélin épais, d
Sept jours avaient passé depuis la signature du contrat Singapour. Une semaine durant laquelle le trentième étage de la tour Sovereign s'était mué en une cage dorée pour Éléonore Vaneau. Privée du comité exécutif restreint et reléguée à la gestion des affaires courantes du pôle européen, elle subissait une surveillance de chaque instant. Julian avait pris soin d'isoler son ancienne directrice de la stratégie, convaincu que cette mise sous tutelle suffirait à neutraliser sa capacité de nuisance.C'était sous-estimer la rancœur d'une femme humiliée qui voyait Camille régner non seulement sur la gouvernance du groupe, mais surtout sur le cœur de Julian.Lundi soir, vingt-et-une heures. Le restaurant Le Laurent baignait dans une pénombre feutrée. C'est dans un salon particulier du premier étage, réservé sous un faux nom, qu'Éléonore avait donné rendez-vous.Lorsque la porte en acajou s'ouvrit, Adrien Voclain fit son entrée. Le président de la Banque Voclain était tiré à quatre épingles da
Lundi, vingt heures. La lourde porte blindée de l'appartement de la plaine Monceau se referma dans un déclic mat et rassurant. Le silence feutré du triplex enveloppa aussitôt Julian et Camille, coupant net les derniers échos d'une journée qui marquerait une étape décisive dans l'histoire de Sovereign.Le contrat avec le fonds souverain singapourien était officiellement signé. Henri de Saint-Aignan avait apposé son paraphe à dix heures précises dans les salons du ministère, saluant l'exécution doctrinale irréprochable du cabinet Ferrand. À la même heure, le conseil d'administration validait la mise sous tutelle et la rétrogradation d'Éléonore Vaneau, privée de toutes ses prérogatives stratégiques.Le coup d'État de dimanche soir avait été brisé avec une précision chirurgicale.Camille laissa glisser son manteau en cachemire sur le dossier d'un fauteuil avant d'ôter ses escarpins. Elle défit les boutons de son veston d'un geste lent, libérant une longue inspiration. Une lassitude délici







