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Chapitre 6

Author: Nina Aubry
La tête en feu, Suzanne a rougi sous les provocations de Fabien. Elle a mordu sa lèvre, s’est hissée sur la pointe des pieds et a embrassé la joue de Fabien.

« Ça va ? »

Après l’avoir embrassé, elle voulait déjà partir.

Les pupilles de Fabien se sont dilatées. La glace au fond de ses yeux a fondu.

Il l’a rapidement attrapée et prise dans les bras. Sa grande main a maintenu sa nuque. Il s’est penché. Son souffle chaud et ensorcelant a caressé le visage de Suzanne : « Un seul baiser, tu crois que ça suffit ? »

Fabien s’est penché encore plus bas. Ses lèvres fines ont presque collé les lèvres de Suzanne roses et brillantes. Leurs souffles se sont mêlés.

Le regard de Fabien était brûlant, comme une bête guettant sa proie depuis longtemps.

Suzanne a retenu son souffle.

Ses joues brûlaient, son cœur battait à tout rompre. Elle suffoquait à peine, enfin, Fabien l’a relâchée.

Le cœur de Suzanne battait violemment. Ses yeux embués le fixaient. Elle ressemblait à un petit chat maltraité.

Elle a demandé faiblement : « Alors tu acceptes ? »

A travers ses yeux, Fabien s’est maîtrisé. Un sourire a effleuré ses lèvres : « Les désirs de ma femme sont des ordres. »

Après l’avoir entendu, Suzanne a détourné le regard et s’est enfuie précipitamment.

Tout à l’heure, elle avait ressenti une étrange chaleur dans son corps. Il s’agissait d’une certaine réaction...

En voyant Suzanne s’enfuir, Fabien a ri malgré lui. Ses yeux se sont encore assombris.

Cette jeune femme était comme un petit chat sauvage qui hérisse ses poils. Mais au fond, elle était un petit mouton facile à malmener.

Son apparence n’était qu’une protection.

...

Deux jours plus tard, Suzanne a ramené Fabien chez les Morel.

« Bonjour, grand-père. »

Suzanne portait une robe claire. Les jambes serrées, elle se tenait sagement devant son grand-père et a fait les présentations : « C’est Fabien dont je t’ai parlé. »

Jean Morel a regardé Fabien à côté d’elle. Il a hoché la tête avec satisfaction en souriant : « Bien, très bien. »

Fabien était magnifique, distingué, posé et poli : « Bonjour, voici un petit cadeau pour vous. »

Marc a apporté les cadeaux un par un, les a déposés sur la table et est sorti.

La table s’est vite couverte de compléments alimentaires de luxe et de vins couteux.

Bien évidemment, il avait pris soin de choisir les cadeaux.

Jean portait une veste de cérémonie bordeaux. Son rire franc résonnait avec vigueur : « Tu te maries avec Susu, tu fais donc partie de notre famille. Pas besoin de tant de formalités. »

« C’est normal. Les convenances comptent encore. »

Fabien montrait toute son éducation à travers sa bonne conduite.

Jean a tout de suite compris que cette fois, Suzanne a fait le bon choix.

Autrefois, quand Gabriel Morel, le père de Suzanne, était gravement malade, il craignait que personne ne s’occupe d’elle. Il l’avait confiée à son vieil ami et partenaire commercial, Laurent Roux, avec même l’idée d’un mariage avec la famille Roux.

Cette année-là, Suzanne avait dix-huit ans. Elle venait de se mettre en couple avec Lucas.

Avant de mourir, Gabriel avait dit à Suzanne de s’entendre bien avec Lucas.

Lucas avait même promis devant Gabriel de chérir Suzanne toute sa vie.

Qui aurait cru que les deux familles s’uniraient quand même.

À la place du petit frère, c’était maintenant Fabien avec qui Suzanne s’est mariée.

Jean a donné des instructions : « Suzanne, va au salon aux portraits un moment. Je vais discuter un peu avec Fabien. »

Suzanne a jeté un regard inquiet à Fabien. Elle hésitait à partir.

Son grand-père adorait tester les gens.

Lucas en avait fait les frais. Il craignait Jean et le détestait même.

Ces derniers jours avec Fabien, Suzanne avait découvert que malgré ses piques occasionnelles, il était attentionné. C’était un bon choix comme mari.

Mais c’était un mariage éclair. Elle ne voulait pas lui causer d’ennuis.

Jean a plaisanté : « Ma petite, tu as peur que je maltraite ton mari ? »

Suzanne a rougi instantanément.

Fabien a ri doucement et lui a dit : « Ce n’est rien. Nous allons discuter un peu. Vas-y. »

Suzanne a enfin hoché la tête et s’est dirigée vers le salon aux portraits.

Elle s’est arrêtée devant le portrait de sa mère. Elle a pris un mouchoir et a essuyé le cadre avec tendresse.

Depuis toujours, elle avait été choyée par sa famille.

Sa mère lui caressait toujours la tête en disant avec amour : « Susu, tu es notre trésor. Tu dois vivre heureuse et insouciante... »

« Tu mérites tout le bonheur du monde, notre petite merveille. »

Oui...

Elle était le trésor de sa famille. Mais Lucas la rendait toujours malheureuse. Il la méprisait.

Suzanne se sentait si ingrate.

S’ils la voyaient ramper devant Lucas comme un chien quémandant de l’affection, ils seraient si tristes.

En pensant à ça, les yeux de Suzanne se sont remplis de larmes. Elles sont tombées sur le cadre : « Maman, c’est ma faute... »

Elle était si triste. Elle a serré le portrait contre elle et s’est accroupie. Elle pleurait comme une enfant.

Comme elle ne revenait pas, Fabien a demandé à un domestique de le conduire au salon aux portraits. Il est arrivé juste à ce moment.

Quand Fabien a entendu Suzanne pleurer si désespérément, le cœur de Fabien s’est serré. Il s’est précipité vers elle, l’a relevée et serrée fort dans ses bras.

« Ne pleure plus. Ne sois pas triste. »

Fabien pensait qu’elle pensait trop à ses parents. Il l’a consolée avec tendresse : « Je vais prendre soin de toi maintenant. Je vais te chérir à leur place, d’accord ? »

En entendant ces mots, Suzanne a pleuré encore plus fort.

Fabien a remis le portrait à sa place et l’a serrée contre lui. Son cœur se déchirait.

Après s’être épuisée de pleurer, tout son corps s’est affaissé contre Fabien. Il s’est penché, l’a prise dans ses bras, l’a sortie du salon aux portraits et a quitté la maison.

Avant de partir, pour ne pas inquiéter Jean, il a demandé aux domestiques de ne rien dire.

Dans la voiture, Suzanne a enfin récupéré.

Son nez et ses yeux étaient rouges. Sa voix tremblait encore : « Fabien, merci. »

Fabien était assis à sa gauche. Il l’a regardée doucement : « Si tu veux vraiment me remercier, sois heureuse. »

« Ta joie, c’est la plus importante. »

Ces mots ont réveillé Suzanne.

Autrefois, Lucas lui disait : « Suzanne, personne ne va te supporter éternellement. Tu dois apprendre à faire des compromis, à être tolérante. Sinon on va rompre un jour. »

Suzanne a hoché la tête et s’est apaisée. Elle a compris soudain que Fabien, qu’elle craignait autrefois, valait mille fois mieux que Lucas.

...

Après le retour à la villa, Suzanne a pris une douche en premier.

Pendant que Fabien se douchait, le téléphone de Suzanne a sonné. C’était un numéro local inconnu.

Elle a décroché sans réfléchir. La voix furieuse de Lucas a résonné : « Suzanne, tu ne vas pas arrêter tes enfantillages ? »

« Tu m’as bloqué au téléphone, bloqué sur WhatsApp. Tu ne rentres même pas à la maison. Qu’est-ce que tu veux ? »

Après plusieurs jours sans contact, Suzanne détestait la voix de Lucas : « N’oublie pas qu’on a rompu. »

« Que je rentre ou pas, ça ne te regarde pas. »

Lucas est resté stupéfait. Avant, leurs brouilles ne duraient jamais plus de quelques heures. Il suffisait que Lucas fasse un pas vers elle pour que tout rentre rapidement dans l’ordre.

L’attitude de Suzanne cette fois rendait Lucas inquiet. Il a adouci le ton : « D’accord. J’admets que ne pas venir à la mairie ce jour-là, c’était excessif de ma part. »

« Je m’excuse. Arrête de faire des histoires, d’accord ? »

Suzanne a ricané : « Tu ne comprends pas le français ? On a rompu. Ne me rappelle plus. »

« Suzanne, ne pousse pas trop. »

Lucas a crié.

Suzanne n’avait pas envie de lui parler. Elle allait raccrocher.

La porte de la salle de bain s’est soudain ouverte.

Suzanne a tourné la tête au bruit.

Fabien est sorti, une simple serviette autour des hanches. Son abdomen sculpté l’a tellement captivée qu’elle a oublié de raccrocher.

« Qui t’appelle ? »

Fabien s’est approché et son sourcil s’est levé. Il a jeté un œil à l’écran, feignant l’ignorance.

Le regard de Suzanne était fixé sur ses pectoraux dessinés. Elle n’a pas réagi tout de suite.

Au téléphone, Lucas a entendu la voix masculine. Il a explosé : « Suzanne, il y a un homme avec toi ? C’est qui ? »

Fabien a pris le téléphone des mains de Suzanne. Une lueur glaciale a traversé ses yeux : « Tranquille. Tu sauras bientôt qui je suis. »
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