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CHAPITRE 122 — La rédemption

Penulis: Déesse
last update Tanggal publikasi: 2026-05-29 02:46:27

James

L'hôpital, encore. Ces couloirs interminables, cette odeur d'antiseptique et de maladie, ces néons blafards qui effacent les ombres et creusent les visages. J'y ai passé trop de temps ces derniers mois. Et pourtant, aujourd'hui, c'est différent.

Aujourd'hui, Eleanor est assise dans son lit.

Elle est pâle, amaigrie, son bras en écharpe, des tuyaux qui sortent de sous les draps. Mais elle est vivante. Et elle sourit. Un sourire fragile, timide, presque enfantin, qui ne ressemble en rien
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  • Un mari , deux identités    CHAPITRE 123 — La vie normale

    Amelia Le restaurant s'appelle "Les Délices d'Amelia". Un nom choisi par James, qui trouvait que "Harrington & Fils" faisait trop pompeux pour un bistrot de quartier. C'est un petit établissement de cinquante couverts, niché dans une rue pavée de Knightsbridge, entre une librairie ancienne et un fleuriste. La façade est peinte en vert sauge, les fenêtres sont garnies de jardinières où poussent des herbes aromatiques, et la porte d'entrée est surmontée d'une marquise en fer forgé. C'est chez moi. Mon rêve. Mon bébé. L'inauguration a eu lieu hier soir, et c'était un triomphe. Toute la bonne société londonienne s'était déplacée, les critiques gastronomiques avaient le sourire, et mes ris de veau aux morilles ont fait l'unanimité. James avait invité la moitié de la City, Gwendoline avait convié le gratin de ses œuvres de charité, et même Eleanor, tout juste sortie de l'hôpital, était là, assise dans un coin, un châle sur les épaules, un verre de champagne à la main, à regarder la scèn

  • Un mari , deux identités    CHAPITRE 122 — La rédemption

    James L'hôpital, encore. Ces couloirs interminables, cette odeur d'antiseptique et de maladie, ces néons blafards qui effacent les ombres et creusent les visages. J'y ai passé trop de temps ces derniers mois. Et pourtant, aujourd'hui, c'est différent. Aujourd'hui, Eleanor est assise dans son lit. Elle est pâle, amaigrie, son bras en écharpe, des tuyaux qui sortent de sous les draps. Mais elle est vivante. Et elle sourit. Un sourire fragile, timide, presque enfantin, qui ne ressemble en rien à la matriarche glaciale que j'ai connue toute ma vie. — James. Sa voix est encore faible, un filet qui s'étrangle. Tu es venu. — Bien sûr que je suis venu. Je pose le bouquet de roses blanches sur la table de chevet, m'assois dans le fauteuil près du lit. Le silence s'installe, lourd de tout ce qui n'a jamais été dit entre nous. Pendant des années, des décennies, nous nous sommes parlé sans jamais nous parler vraiment. Des phrases polies, des vœux de Noël, des dîners guindés où chacun jouai

  • Un mari , deux identités    CHAPITRE 121 — La justice

    Amelia Le procès de Nathaniel s'est tenu à huis clos. Les avocats ont plaidé l'aliénation mentale, les experts psychiatres ont défilé à la barre, les mots savants ont rempli la salle d'audience. Schizophrénie paranoïde, érotomanie délirante, syndrome de persécution, dangerosité criminelle. Les mots sont des étiquettes qu'on colle sur l'incompréhensible pour tenter de le domestiquer. Le verdict est tombé comme un couperet, pourtant attendu. Perpétuité. Peine de sûreté de trente ans. Hôpital psychiatrique de haute sécurité. Il ne sortira plus. Il ne nous menacera plus. Il passera le reste de sa vie entre des murs capitonnés, à ruminer sa folie, à écrire des lettres qui ne partiront jamais, à déclamer son amour à une femme qui ne l'entendra plus. Je n'ai pas assisté au procès. James m'a proposé de m'accompagner, mais j'ai refusé. J'ai tourné la page. Voir Nathaniel menotté dans son box, entendre le récit détaillé de ses crimes, revivre chaque instant de cette journée dans le chalet,

  • Un mari , deux identités    CHAPITRE 120 — La nuit de noces

    James La chambre d'hôtel est un écrin de velours et de soie. La suite nuptiale que j'avais réservée pour nous, il y a des semaines, dans un palace londonien qui surplombe la Tamise. Nous n'y sommes arrivés qu'à l'aube, après des heures d'attente à l'hôpital. Eleanor est stable. Elle vivra. Le chirurgien a été formel : la balle a miraculeusement évité l'artère, l'os a été touché mais se réparera, elle aura besoin de rééducation, de temps, de patience, mais elle vivra. Le soulagement est une drogue puissante. Il efface la fatigue, dissout l'angoisse, exalte les sens. Quand la porte de la suite s'est refermée derrière nous, j'ai regardé Amelia, et j'ai vu dans ses yeux le même feu qui brûlait dans les miens. Nous ne nous sommes pas jetés l'un sur l'autre tout de suite. Ce n'était pas de l'urgence, pas de la frénésie. C'était autre chose. Une gravité. Une lenteur. Une certitude. Elle était debout devant la fenêtre, sa robe de mariée toujours maculée du sang d'Eleanor, et la lumière g

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  • Un mari , deux identités    CHAPITRE 118 — La fin et le commencement

    Puis c'est son tour. Elle inspire profondément, et sa voix s'élève, claire, assurée, magnifique. — James. Quand je t'ai rencontré, je ne savais pas qui tu étais. J'avais peur de toi, peur de ce mariage arrangé, peur d'une vie sans amour. Mais tu m'as surprise. Tu m'as montré que derrière ton masque froid se cachait un homme capable de tout sacrifier pour ceux qu'il aime. Elle marque une pause, et je vois l'émotion trembler dans sa voix. — Tu m'as sauvée. Pas seulement dans ce chalet, pas seulement face à la folie. Tu m'as sauvée de la solitude, de la tristesse, du vide. Tu as donné un sens à ma vie. Aujourd'hui, je te promets d'être ta force quand tu seras faible, ta lumière quand tu seras dans l'ombre, ton sourire quand tu auras mal. Je te promets de marcher à tes côtés sur tous les chemins, même les plus sombres, même les plus difficiles. Je te promets d'être ta femme, pour le meilleur et pour le pire, pour la richesse et pour la pauvreté, pour la santé et pour la maladie, jusqu'

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    AmeliaL'aube se lève à peine sur la chambre d'hôpital quand j'ouvre les yeux. Mon dos me lance trois jours dans ce fauteuil, à refuser de partir, à refuser de dormir dans le lit qu'on m'avait proposé. Je voulais être là. Je devais être là.James dort encore.Ses traits sont détendus, apaisés. Il

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    Eleanor La question me cloue sur place.— Parce que je vous connais, James. Depuis des années. Je suis votre fiancée. Je sais ce que vous aimez, ce que vous détestez, vos habitudes, vos manies...— Alors dites-moi, m'interrompt-il. Dites-moi quelque chose. Un souvenir. Pas une habitude. Un moment

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