MasukLe Playboy qui Oubliait Toutes ses Amantes Résumé : Chaque matin, Cayden Rhys oublie la femme avec laquelle il a passé la nuit. Une étrange malédiction efface tous ses souvenirs amoureux. Une seule femme échappe à cet oubli : Arielle Knox,une libraire qui le méprise. En cherchant la vérité, Cayden découvre que quelqu'un manipule sa mémoire depuis son enfance. Toute sa vie n'a été qu'un mensonge.
Lihat lebih banyakChapitre 1
Cayden
Je quitte la chambre en silence, mes pieds nus effleurant le parquet avec la discrétion d'un voleur, et la première chose que je perçois, c'est le vide, ce vide immense qui m'écrase la poitrine chaque matin sans exception. La femme dort encore, son corps à demi enfoui sous les draps de satin blanc, ses cheveux répandus sur l'oreiller comme une coulée d'or pâle, et je la regarde sans la reconnaître. Aucun souvenir de la nuit ne subsiste, rien, pas une image, pas un son, pas un frisson, et cette absence est une toile blanche tendue à l'intérieur de mon crâne, une toile que personne n'a jamais peinte. Derrière moi, la chambre respire dans la pénombre, les rideaux de velours laissent filtrer une aube grise et indifférente, et je reste là, debout, les bras ballants, avec cette peur ancienne qui remonte dans ma gorge comme un acide.
Je devrais me souvenir de la texture de sa peau sous mes doigts, du goût de son baiser, du timbre exact de sa voix quand elle a murmuré mon prénom, mais il n'y a que du silence là où devrait vivre une mémoire. Mes doigts se crispent sur le tissu de ma chemise que je n'ai pas encore boutonnée, et je sens mon torse se soulever par saccades, ma respiration devient courte, hachée, comme si l'air lui-même refusait d'entrer dans mes poumons. Je me tourne vers le lit, j'ouvre la bouche sans même savoir pourquoi, et je murmure dans le silence de la chambre:
— Qui es-tu ?
Les mots tombent dans le vide, personne ne répond, la femme ne bouge pas, ses cils ne frémissent même pas, et je me sens ridicule, pathétique, un homme qui parle à une inconnue endormie parce qu'il a perdu jusqu'au souvenir de son prénom. Je recule d'un pas, je heurte la table de nuit, un verre vide bascule et roule sur le tapis avec un bruit mat, et je ferme les yeux pour tenter de saisir une image, une seule, un fragment de la nuit qui vient de s'écouler. Rien. Le noir complet. Mon souffle s'accélère encore, mes tempes sont moites, et je dois poser une main sur le chambranle de la porte pour ne pas vaciller, parce que le vertige est là, toujours le même, cette sensation d'être un navire sans ancre dérivant sur un océan d'amnésie.
Je finis de m'habiller dans le couloir, mes gestes sont mécaniques et élégants, ma chemise glisse sur mes épaules avec un bruissement soyeux, mes doigts boutonnent sans hâte, et chaque mouvement est une couche de vernis que j'applique sur la fissure béante de mon âme. Le miroir en pied dans l'entrée me renvoie l'image d'un homme fait de lignes parfaites et d'assurance, une mâchoire carrée, des yeux gris acier, une bouche qui sait sourire avec l'assurance des prédateurs, et derrière ce masque il y a un homme qui a oublié chaque femme qui a tenté de l'aimer depuis qu'il est en âge d'aimer. Je murmure à mon reflet, les dents serrées:
— Combien de temps encore ?
Mon reflet ne répond pas, il se contente de me fixer avec cette arrogance que je cultive comme une armure, et je détourne le regard parce que je ne supporte plus de voir ce mensonge en costume trois pièces. La femme gémit doucement dans son sommeil, elle se retourne, ses lèvres esquissent un sourire inconscient, et ce sourire ne m'évoque absolument rien. Je ne sais pas d'où elle vient, je ne sais pas comment nous nous sommes rencontrés, je ne sais pas si elle est drôle ou intelligente ou tendre, je ne sais que son corps allongé et l'odeur de jasmin qui flotte encore dans l'air comme un fantôme de parfum. Les journaux vont encore célébrer ma dernière conquête, ils imprimeront des photos volées de nous deux à la sortie d'un restaurant, ils écriront mon nom suivi d'un adjectif triomphant, et personne ne saura que l'homme qui sourit en couverture est un homme qui ne se rappelle même pas la couleur exacte des yeux qu'il a regardés pendant des heures. La solitude est une lame froide qui s'enfonce entre mes côtes, une lame que j'ai appris à porter en moi sans jamais gémir, parce que personne ne doit savoir que Cayden Rhys, le playboy dont tout le monde envie la vie, a peur de devenir un étranger dans sa propre existence.
Je sors de la chambre sans me retourner, je longe le couloir de l'appartement, mes pas résonnent sur le marbre, et j'entre dans l'ascenseur privé qui m'avale dans son écrin de miroirs. Je me vois multiplié à l'infini, une armée de Cayden Rhys qui portent tous le même masque, et je ferme les yeux pour ne plus les voir, pour ne plus me voir. Quand les portes s'ouvrent sur le hall d'entrée, le concierge se lève précipitamment, son visage s'illumine d'une déférence excessive, et il s'exclame d'une voix trop joyeuse:
— Belle journée, monsieur Rhys ! Le soleil perce à peine, mais il est là, il est timide mais il est là !
Je hoche la tête sans répondre, mes semelles claquent sur le sol poli avec une régularité militaire, et je pousse la porte vitrée pour retrouver la rue. Dehors, le froid piquant de novembre me gifle le visage, et je respire enfin, l'air glacé emplit mes poumons, chassant pour un instant l'odeur entêtante du parfum féminin qui imprègne encore ma peau. Jackson m'attend le long du trottoir, la Bentley ronronne doucement, et il ouvre la portière arrière avec un sourire discret.
— Où allons-nous, monsieur ? demande-t-il de sa voix calme et mesurée.
Je reste un instant silencieux, la main posée sur la portière, et une image s'impose soudain dans mon esprit, une image qui n'a aucun sens, une librairie, une petite librairie avec une devanture en bois vert bouteille, et ce nom qui flotte à la surface de ma conscience comme une bouée dans la brume: Pages Oubliées. Je ne sais pas pourquoi cet endroit émerge de mon chaos mental, je ne sais pas ce que je vais y trouver, mais je réponds d'une voix qui me semble étrangère:
— Conduis-moi à Pages Oubliées.
Jackson marque une hésitation, son regard croise le mien dans le rétroviseur, et il répète lentement:
— Pages Oubliées, monsieur ? La librairie du vieux quartier ?
— Oui.
Il ne pose pas d'autre question, il se contente de hocher la tête et de redémarrer, et la voiture glisse sur l'asphalte humide comme une promesse silencieuse. Mon cœur bat plus vite, une accélération que je ne contrôle pas et qui me trouble, mes doigts tambourinent nerveusement sur le cuir de la banquette, et je fixe le paysage qui défile derrière la vitre teintée sans vraiment le voir. Quelque chose m'attend dans cette librairie, quelque chose ou quelqu'un, et pour la première fois depuis une éternité, je ressens une attente qui n'est pas teintée d'ennui, une curiosité brute, presque animale.
Chapitre 6ArielleLe magazine est posé sur le comptoir, ouvert à une page que je n'aurais jamais dû regarder, mais mes yeux sont attirés par la photo comme des aimants, et je reste figée, le cœur serré dans un étau que je refuse de nommer. Cayden Rhys sourit sur le papier glacé, son bras passé autour des épaules d'une femme blonde d'une beauté à couper le souffle, une de ces femmes qui semblent tout droit sorties d'un tapis rouge, avec une robe de soirée qui scintille sous les flashs et un sourire qui hurle l'adoration. Le titre est sobre, cruel dans sa simplicité : "Cayden Rhys : une nouvelle conquête à son bras". Mes doigts se crispent sur les bords du magazine, je sens mes ongles s'enfoncer dans le papier, et un rire amer m'échappe, un rire qui résonne dans la librairie vide comme une moquerie que je m'adresse à moi-même.— Bien joué, Arielle, murmuré-je en secouant la tête. Tu as failli croire qu'il était différent.Je referme le magazine d'un geste brusque, je le repousse loin d
Chapitre 5CaydenLa lumière grise de l'aube s'infiltre à travers les rideaux, et je me réveille avec cette sensation de vide qui ne me quitte jamais, ce gouffre qui s'ouvre dans ma poitrine avant même que j'aie ouvert les yeux. Le corps allongé à côté de moi est chaud, vivant, respirant, mais il m'est totalement étranger, un paysage inconnu que ma mémoire refuse de cartographier. Ses cheveux sont roux cette fois, je le remarque avec un détachement clinique, un flamboiement cuivré répandu sur l'oreiller, et je ne sais même pas comment elle s'appelle. Aucune image de la nuit ne subsiste, rien, le noir complet, l'oubli total, et cette absence est une toile blanche que personne ne peindra jamais.Je me lève lentement, mes pieds nus touchent le parquet froid, et je me dirige vers la salle de bain sans un regard en arrière. La lumière crue des spots éclaire mon visage dans le miroir, et ce que je vois me soulève le cœur. Une mâchoire carrée, des pommettes hautes, des yeux gris acier qui sa
Chapitre 4ArielleLe lendemain, la clochette de la porte tinte à nouveau, et je n'ai même pas besoin de lever les yeux pour savoir que c'est lui, parce que l'air change, l'atmosphère se charge d'une électricité que je commence à reconnaître malgré moi, et mes doigts se crispent sur le livre que je tenais. Il entre avec cette même démarche nonchalante, ce même costume parfaitement coupé, ce même regard gris qui balaie la librairie avant de se poser sur moi comme une caresse insistante, et je sens mon agacement monter d'un cran. Il s'approche du comptoir, pose ses mains sur le bois patiné, et il arbore un sourire qui se veut désarmant mais qui ne fait que renforcer ma méfiance.— J'ai trouvé le titre du livre que je cherche, annonce-t-il d'une voix légère, presque amusée.Je croise les bras, je le fixe avec toute la froideur dont je suis capable, et je réponds sans prendre la peine de masquer mon scepticisme :— Vraiment ? Et quel est ce titre mystérieux ?— "Les femmes qui détestent l
Chapitre 3CaydenEn quittant la librairie, la clochette tintant une dernière fois dans mon dos, je me retrouve sur le trottoir humide avec une sensation totalement inconnue qui pulse dans ma poitrine, une sensation que je mets plusieurs secondes à identifier comme de la curiosité pure. Cette jeune femme qui n'a montré aucune admiration à mon égard, qui m'a parlé comme on parle à un gêneur, qui a soutenu mon regard sans rougir ni baisser les yeux, cette femme occupe soudain tout l'espace de mes pensées comme une mélodie obsédante. Je m'arrête au milieu du trottoir, les passants me contournent avec des regards intrigués, et je murmure pour moi-même:— Pourquoi elle ?Je ne trouve pas de réponse, rien ne vient, seulement cette curiosité brûlante qui me dévore de l'intérieur et qui m'oblige à me retourner vers la vitrine. À travers les carreaux embués, je distingue sa silhouette qui évolue entre les étagères, une ombre gracile auréolée de lumière dorée, et je reste là, immobile, les main


















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