LOGINDe retour à 5 heures du matin après sa nuit de garde, Jane se précipita dans la chambre de son fils et lui déposa un baiser sur le front avant de regagner la sienne. Après avoir enfilé son pyjama, elle se laissa tomber dans son lit, près de son époux. Alors qu'elle s'apprêtait à sombrer dans le sommeil, elle repensa à sa discussion de la veille avec l’institutrice de Jimie et à sa recommandation de trouver une nounou.
— Une nounou ? Oui, elle me serait d’une grande utilité, surtout pour le petit, pour qu’il se sente moins seul… Mais en même temps, est-ce que je pourrais lui faire confiance ? Il en va de sa sécurité… Et si elle devenait méchante envers lui, si elle le maltraitait en notre absence ? Ah non, ça, jamais… Je ne l’accepterais pas.
Jane n’était pas convaincue à l’idée d’embaucher une nounou. Mais en même temps, son travail lui prenait tellement de temps… Jimie se retrouvait souvent seul ou chez la voisine, déjà âgée. Elle savait qu’elle devrait faire des efforts pour passer plus de temps avec son fils.
— Mais comment ? Et surtout, quand ? pensa-t-elle intérieurement.
Allongée sur le lit, elle se retourna sur sa gauche et observa son mari, profondément endormi, épuisé par sa journée de travail.
— J’espère qu’il a au moins pu voir le petit avant qu’il ne s’endorme…
Ses pensées s’effacèrent peu à peu, et elle sentit le sommeil l’envahir… Mais soudain, elle sursauta et tenta de réveiller William.
— William ?! s’écria-t-elle en le tapotant.
— William ?!!!
Son mari bâilla avant de se retourner légèrement, ouvrant à peine les yeux.
— Jane, qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il, confus et encore à moitié endormi.
— Est-ce que tu as vu le petit avant qu’il ne dorme ? Il tenait vraiment à ce que tu lui lises une histoire… L’as-tu fait ?
William bâilla à nouveau, puis répondit d’une voix fatiguée :
— J’ai fait tout mon possible pour arriver à temps, mais il s’était déjà endormi…
Et avant même que Jane ne puisse répondre, il s’était à nouveau laissé submerger par le sommeil.
— Comment ça, William ? Je t’avais pourtant prévenu ! s’exclama-t-elle, contrariée.
Mais en se retournant, elle constata qu’il dormait déjà profondément.
— Le petit a sûrement été déçu… Encore une fois, pensa-t-elle, attristée.
Fatiguée, elle finit par s’endormir à son tour.
Le lendemain matin, Jane se leva très tôt, animée par une nouvelle détermination. Elle voulait faire les choses différemment.
Elle prépara un petit déjeuner copieux, dressa la table et rangea la maison de fond en comble pour qu’elle soit impeccable.
Dans la chambre, William se réveilla quelques heures plus tard, étonné par l’absence de sa femme qui, habituellement, profitait de ses jours de repos pour dormir un peu plus longtemps.
— Étrange… Où peut-elle être ? se demanda-t-il en se levant.
Il fit rapidement sa toilette et, en sortant de la chambre, une délicieuse odeur attira son attention.
— Ça sent drôlement bon ici… Que se passe-t-il ? murmura-t-il, intrigué.
Arrivé au salon, il fut surpris par l’ordre qui régnait : tout était impeccablement rangé et nettoyé, la table était dressée, et l’odeur alléchante provenant de la cuisine l’attirait davantage.
— Mmmh… fit-il en humant l’air avant de se diriger vers la cuisine.
Là, il découvrit Jane, souriante, en train de finir d’apprêter le repas. De dos, elle ne le vit pas arriver. Il s’approcha alors doucement, l’enlaça par la taille et lui déposa un baiser sur le cou.
— Mmmh… Qui ça peut bien être ? dit-elle, agréablement surprise.
Elle se retourna pour découvrir son mari, un sourire tendre illuminant son visage.
— Chéri, tu es déjà réveillé ? J’ai passé ma matinée à vous concocter de bonnes choses… Vous êtes ce que j’ai de plus précieux dans la vie. Rien ne devrait surpasser cela, déclara-t-elle avec tendresse.
— Oui, mon amour, tu as tout à fait raison… Et ça sent tellement bon, répondit-il en la serrant un peu plus contre lui, prêt à l’embrasser langoureusement.
Mais à cet instant, une petite voix les interrompit.
— Maman… Papa…
Jimie, à peine réveillé, venait d’arriver dans la cuisine.
— Oh, mon bébé s’est réveillé ! s’écria Jane en s’écartant de son époux, amusée par son humeur taquine, pour rejoindre son fils.
— Tu as bien dormi, mon amour ? demanda-t-elle tendrement.
Le petit acquiesça légèrement, ses yeux encore à moitié fermés.
William s’approcha et le souleva doucement dans ses bras.
— Mon grand garçon… Tu as encore les yeux fatigués. On va un peu te débarbouiller, d’accord ?
Jimie hocha la tête. Avant de partir vers la salle de bain, William déposa un baiser sur le front de sa femme et fit répéter à son fils :
— Au revoir, maman. On revient bientôt !
Quelques minutes plus tard, ils revinrent, Jimie tout propre et frais.
— Ohlala, mon bébé est tout propre ! s’exclama Jane en souriant.
Ils s’installèrent tous les trois à table. Jane était heureuse d’avoir pris le temps d’organiser ce moment, et William, profitant de son week-end de libre, savourait chaque geste de sa femme. Mais malgré l’ambiance chaleureuse, Jimie restait silencieux, le visage fermé.
— Mon amour, vas-y, mange, murmura Jane en essayant de le nourrir.
Le petit restait impassible. Jane et William échangèrent des regards inquiets.
— Jimie, mon grand ? l’interpella son père.
L’enfant releva la tête vers lui, mais son regard restait vide.
William réfléchit un instant, puis proposa avec douceur :
— Ça te dirait qu’on aille tous ensemble au parc tout à l’heure ?
À ces mots, une lueur traversa les yeux de Jimie. Voyant cela, Jane s’approcha à son tour, émue.
— Oui, mon amour… Tu manges et ensuite, on va au parc tous ensemble, répéta-t-elle avec enthousiasme.
Jimie les observa tour à tour, comme s’il cherchait une certitude. William et Jane acquiescèrent doucement de la tête pour le rassurer.
Subitement, un petit sourire se dessina sur le visage du garçon. Puis, lentement, il se mit à manger.
William et Jane échangèrent un regard complice, conscients que leur fils avait besoin d’eux plus que jamais.
Danielle, la douce et belle Danielle lui sauvait la vie… pauvre Jane.C’est ce qu’elle pensait.Chantonnant une mélodie aussi douce que l’apparence qu’elle leur laissait voir, la nounou Danielle prenait un malin plaisir à tout faire comme la maîtresse de maison qu’elle se voyait très bientôt devenir.La maison nettoyée, la cuisine à point, le petit déjeuner dressé sur la table, tout semblait être parfait, pour la nounou « géniale » à qui toute la famille faisait confiance.L’instant d’après, la porte de la chambre de William s’ouvrit. Son regard se plissa légèrement et ses narines se tendirent légèrement vers l’avant.— Tiens donc, ça chante là en bas, et ça sent plutôt bon, déclara-t-il.Ses pas le conduisirent jusqu’en bas, et il la vit en train de terminer les derniers rangements sous une ambiance détendue et totalement sereine.Le regard de William parcourut la pièce, puis il revint se poser sur Danielle dont chaque geste témoignait de son travail fait avec application et soin. To
— J'aurais bien voulu rester toute la journée avec toi, mon amour..., soupira Jane qui, d'un revers de la main, se nettoya la larme ruisselante. Puis un sourire léger apparut comme ci elle se refusait de se laisser submerger oar ce qu'elle ressentait au fond d'elle. — Au moins Danielle est là et tu n'es plus seul... je ne la remercierai jamais assez. Et elle franchit la porte prête à affronter une nouvelle journée. — Une dure journée nous attend, ma petite Jane!! Allons-y !! s'exclama-t-elle en se remettant d'aplomb. Ce que Jane ignorait, c'était que chaque geste de la belle et douce Danielle était calculé à l'avance. Son regard se pointa sur la porte. Un sourire glaçant, presque victorieux, se dessina sur ses lèvres. Tout d'un coup, elle se leva, marchant à pas traînés. D'une légère poussée, la porte se referma sous ses mots plus que désarmants : — Mais qu'elle est bête la pauvre! Je prendrai soin de son foyer à sa place. Puis elle retrouva Jimie avec un plus grand sourire c
— Est-ce que tout va bien ? demanda Jane lorsque Danielle descendit des minutes plus tard.— Oui Jane. Il s'est endormi. Tout va bien, répondit-elle avec ce sourire si tendre qui la caractérisait, du moins celui qu'elle tenait toujours face à eux et face à Jane en particulier.— Oh parfait ! Une soirée qui se termine encore tellement bien grâce à toi ! murmura Jane, très emballée.— Bon, je vais aller me reposer dans ma chambre, si tu me le permets, souligna Danielle.— Très bien ! Euh mais avant, je veux te signifier que demain j'ai une grosse journée au boulot, du coup je vais devoir sortir plus tôt. Je compte sur toi pour t'occuper de tout. Je serai de retour probablement avant le dîner.— C'est entendu Jane. Tu peux me faire confiance. Tout se passera bien. Tu n'as pas à t'en faire ! acquiesça-t-elle d'un air calme, le ton se voulant rassurant.— Merci, maintenant tu peux y aller. À demain Danielle.— Merci, vous également... passez mes salutations à votre époux.— Oh mais attends
Une heure plus tard,Alexia s'était installée au salon où elle feuilletait, le regard légèrement luisant et un sourire expressif à chaque fois qu'elle tombait sur une photo marquante.Au même moment, Jane descendit et vint la retrouver.— Je ne savais pas que ces photos souvenirs pouvaient avoir un tel impact sur toi, souligna-t-elle en voyant cette expression illuminée sur son visage.— Oh… t'es là. Je ne m'en suis même pas rendue compte. Je… je me souviens de pas mal d'instants de certaines photos, et il y en a d'autres où j'y étais encore toute petite avec papa… et maman, répondit-elle en le refermant.Jane vint s'asseoir près d'elle. Les deux se prirent dans les bras.— Je sais à quel point leur départ si brusque t'a affectée, déclara Jane qui la caressait tendrement.— On a dû grandir toutes seules. Et jusqu'à aujourd'hui, même si j'ai toujours agi comme si tout m'était égal, ça m'a beaucoup affectée et j'ai… j'ai même peur… avoua-t-elle.Jane la redressa instantanément. Et elle
— Ça y est ! Nous sommes arrivés ! s'exclama Alexia, plus joviale que jamais.Elle tourna la clé de la voiture et s'adossa sur le siège, portant un regard intense sur Danielle qui semblait totalement dans sa bulle avec Jimie.Soudain, Danielle leva ses yeux en direction d'Alexia.— Euh… devrions-nous attendre encore avant de sortir de la voiture ? demanda-t-elle.Alexia se redressa tout à coup et lui dit, sans son sourire :— On va y aller. Mais avant, nous devons discuter.Pendant ce temps, Jane et William restaient blottis l'un contre l'autre. Le visage plus léger, Jane semblait bien plus rassurée que ces derniers mois.William l'enveloppait de son bras ; mais sans qu'elle ne le voie, son regard était devenu assez inquiet.Bien blottie contre son torse, Jane commença à lui parler de ses journées au boulot, le sourire aux lèvres, tandis que William souriait aussi. Mais à chaque fois que leurs regards se croisaient…Soudain, Jane marqua un temps d'arrêt.Puis elle leva ses yeux vers l
— Mais oh là là ! Qu’est-ce que vous avez tous à me regarder comme ça ? s’exclama Alexia, qui avait l’air particulièrement joyeuse. — Euh… Alex, ça me surprend. Je ne m’attendais pas à ta visite. Ça me fait plaisir, répondit Jane, qui était surprise mais lui souriait tout de même. Alexia avança jusqu’à sa sœur et les deux se prirent dans les bras. Derrière le dos de Jane, elle ignorait le regard assombri de son mari envers sa petite sœur, qui ne semblait pourtant pas gênée de lui sourire avec gaieté. — Je ne m’attendais pas à ta visite d’aussitôt, et moi qui te croyais en voyage, déclara Jane une fois les deux redressées. — Bah, vous me manquiez déjà, et particulièrement mon petit bout de chou, qui me manquait terriblement, répondit-elle en se cambrant tout droit vers lui et en lui pinçant tendrement les petites joues. Elle le recouvrait de baisers à n’en plus finir. — Mon amour ! T’es content de me voir ? Tata est très contente de te voir. Le petit la regardait intensément et,







