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Chapitre 90 — Tous les jeudis

Penulis: Nad
last update Tanggal publikasi: 2026-10-12 18:00:36

Judith sortit du cabinet à dix-neuf heures trente avec la tête d'une femme qui a lu trop de pages en trop peu de temps.

La journée avait été de celles qui ne se déroulent pas mais s'effondrent — une audience reportée au dernier moment, un client qui avait changé de positi

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  • la preuve de trop   Chapitre 91 — Le sixième étage

    Judith rentra à vingt et une heures passées, monta les six étages à pied — l'ascenseur était en panne depuis 2019, c'était une constante de l'univers — et poussa la porte de son appartement avec le soulagement familier d'une femme qui retrouve le seul endroit où elle n'avait de comptes à rendre à personne.Elle posa son sac, ses clés, sa veste. Elle alluma la lampe du salon — pas le plafonnier, jamais le plafonnier, trop violent après une longue journée — et l'appartement prit sa teinte habituelle, chaude et un peu encombrée, avec les dossiers sur la table basse qu'elle n'avait pas encore rangés depuis ce matin et les livres empilés dans un ordre qui n'en était pas un mais qu'elle connais

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    Judith sortit du cabinet à dix-neuf heures trente avec la tête d'une femme qui a lu trop de pages en trop peu de temps.La journée avait été de celles qui ne se déroulent pas mais s'effondrent — une audience reportée au dernier moment, un client qui avait changé de position entre le matin et l'après-midi sans prévenir personne, et le stagiaire aux quarante pages qui avait rendu une note de synthèse corrigée de quarante-deux pages en ajoutant une table des matières. Elle avait passé vingt minutes à lui expliquer que la concision était une compétence juridique, pas une limitation de place, et il avait pris des notes — ce qui lui avait inspiré des pensées qu'elle avait gardées

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    Elle commença le lundi matin, à sept heures quarante, avant que l'étage arrive.Pas une enquête — elle n'avait pas les outils pour ça, et même si elle les avait eus, elle n'aurait pas voulu les employer. Juste ce qu'un bon juriste fait quand il cherche quelque chose sans avoir le droit d'entrer par la grande porte : il cherche par les fenêtres. Les registres publics, les bases légales, les actes notariés consultables, les mentions dans la presse locale. Ce qui existe et que n'importe qui peut trouver avec du temps et une méthode.Elle commença par le prénom. Gabriel. Pas de nom de famille — en sept ans, elle ne l'avait jamais entendu prononcer, c

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  • la preuve de trop   Chapitre 87 — Le carnet étalé

    Judith avait poussé la table basse contre le canapé et sorti le grand carnet — pas le petit de contentieux, l'autre, celui qu'elle réservait aux dossiers qui débordaient des pages normales. Elle avait aussi sorti ses lunettes, ce qui signifiait qu'on ne plaisantait pas.Élise arriva à onze heures avec des croissants qu'elles ne mangèrent pas avant midi parce qu'elles avaient oublié.— On reprend depuis les deux refus, dit Judith. Pas depuis le hall. Depuis Gabriel.Elle ouvrit le carnet et posa son stylo en travers — le geste d'avant, celui qui précédait les colonnes

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    Hubert dormait encore quand Éliane descendit.C'était devenu le rythme de la Maison depuis des semaines : elle la première, lui après, et entre les deux une heure de silence que Marguerite meublait avec le café et les volets ouverts. Une heure que la Maison gardait pour elle seule, avant que le jour officiel commence.Éliane s'installa dans le petit salon d'été avec son thé et ses mains croisées et rien d'autre — pas de journal, pas d'épreuves à corriger, pas de téléphone. Juste la lumière d'hiver sur le parc, les platanes qui avaient perdu leurs dernières feuilles, le banc de pierre où personne ne s'asseyait depui

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