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Penulis: RS WILD
last update Terakhir Diperbarui: 2025-09-03 23:58:25

Tessa

Je tournai la clé dans la serrure, le cœur battant, et poussai la porte de ce qui allait devenir mon nouveau chez-moi.

Je restai plantée sur le seuil, incapable d’entrer. La valise me tirait le bras, mais ce n’était pas elle qui me paralysait. C’était l’appartement lui-même.

Une bouffée d’air frais m’accueillit, parfumée d’un mélange de bois ciré et de linge propre. Devant moi, un salon immense baignait dans une lumière dorée filtrant par de larges fenêtres. Rien que le tapis du sol valait plus cher que la moitié des meubles de ma maison familiale.

J’hésitai, comme une intruse. Paul devait être là, non ? Mais aucun bruit, aucun signe de vie. J’appelai d’une voix timide :

— … Paul ?

Silence.

Je poussai un peu plus, déposai ma valise à l’entrée, et osai faire quelques pas.

Et là, j’oubliai de respirer.

Le salon paraissait tiré d’un magazine. Canapé en cuir gris anthracite, table basse en verre trempé, écran plat démesuré accroché au mur. À gauche, une bibliothèque design avec des rangées de livres parfaitement alignés, trop parfaits pour être lus. La cuisine américaine s’ouvrait sur la pièce, marbre étincelant, électroménager dernier cri, et une odeur légère de café encore tiède.

Je m’avançai, les doigts glissant sur le plan de travail. Chez moi, la cuisine avait toujours été minuscule, avec des carreaux ébréchés et une vieille gazinière qui toussait quand on l’allumait. Ici, c’était un autre monde.

Je sortis mon téléphone d’un geste pressé et appelai Emma.

— Alors ?! s’exclama-t-elle dès qu’elle décrocha.

Je soufflai un rire nerveux.

— Emma… tu t’es fichue de moi, hein ? Cet appart, c’est le top du top. Sérieusement, comment ton frère peut se payer ça ?

J’entendis son rire clair, comme si ma réaction l’amusait d’avance.

— Ahah ! Je savais que tu allais tomber de ta chaise.

Je me laissai tomber sur le canapé, mes doigts s’enfonçant dans le cuir.

— Tomber de ma chaise ? Je suis en train de me demander si Paul n’est pas trafiquant international. Ou milliardaire caché.

— Mais non, rigola Emma. Il a eu… un coup de pouce.

— Un coup de pouce ? répétai-je, fronçant les sourcils. Emma, ce n’est pas un coup de pouce, c’est une catapulte. Je veux dire, chez moi on est cinq dans une maison qui grince de partout. Et là, j’ai l’impression de squatter chez un ministre.

— Tu exagères toujours, Tessa.

— Je n’exagère pas ! protestai-je en me levant. Attends, je vais te faire la visite : une cuisine plus grande que mon salon, un tapis qui doit coûter un bras, et oh… tiens, une terrasse !

Je poussai une baie vitrée et découvris un petit balcon surplombant la rue. Le vent frais me caressa le visage. Paris s’étendait devant moi, bruyante, grouillante, mais magnifique.

— Sérieux, Emma, dis-moi la vérité. Ton frère cache un trésor, avoue.

Elle rit encore, mais cette fois j’entendis une nuance étrange, comme si elle voulait changer de sujet.

— Disons que les Decourcel savent se débrouiller.

— Les Decourcel, marmonnai-je en revenant m’asseoir. Ouais, ben qu’ils viennent me donner des cours, parce que là je suis jalouse.

Emma éclata de rire.

— Profite, ma belle. Tu vas vivre là, c’est le plus important.

Je souris malgré moi. Elle avait raison. Pour la première fois depuis longtemps, je me sentais… privilégiée. Moi, Tessa la tornade, qui avais toujours galéré dans ma petite ville, je posais mes valises dans un palace déguisé en appartement.

Je m’adossai, soupirai, et fermai un instant les yeux.

Puis un bruit me fit sursauter.

Un cliquetis dans la serrure.

Je me redressai, le téléphone encore collé à mon oreille.

La porte d’entrée s’ouvrit brusquement dans un claquement sec.

Mon cœur bondit. Enfin ! Paul ! J’allais pouvoir le remercier, le serrer dans mes bras, lui dire combien j’étais soulagée de l’avoir comme coloc.

Je me levai, un sourire déjà accroché aux lèvres.

Sauf que ce n’était pas Paul qui franchit la porte.

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