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ÉPILOGUE 5 : ROSA

مؤلف: Livi015
last update تاريخ النشر: 2026-06-15 07:33:06

(Point de vue de Rosa)

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Le jardin de sa sœur était la plus belle chose que Rosa ait vue depuis longtemps.

Ce n'était pas un grand jardin. Un petit carré de terre derrière une maison modeste du New Jersey, entouré d'une clôture blanche écaillée par les années. Mais il y avait des roses, des hortensias, un potager où poussaient des tomates et des courgettes. Il y avait trois poules qui caquetaient dans un enclos, et un chat paresseux qui dormait sur le rebord de la fenêtre, indifférent au mond
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  • ÉPOUSE-MOI, SAIGNE POUR MOI   ÉPILOGUE 6 : LE DERNIER REGARD

    (Point de vue d'Imelda)---Cinq années avaient passé depuis le mariage.Le chalet du Vermont était devenu une maison. Une vraie, avec des rires d'enfants qui résonnaient dans les couloirs, des dessins accrochés sur le réfrigérateur, des vélos abandonnés dans l'allée. Les murs de rondins s'étaient agrandis, avaient accueilli des chambres supplémentaires, un atelier pour Marcus, une bibliothèque pour Imelda. La terrasse donnait toujours sur le lac, mais la balançoire en bois qu'on y avait ajoutée grinçait doucement quand le vent soufflait.Imelda avait trente-deux ans. Ses cheveux châtains, toujours aussi indisciplinés, étaient parsemés de quelques fils plus clairs, cadeaux du soleil et du temps. Ses yeux noisette n'avaient plus ce voile de tristesse qui les assombrissait autrefois. Ils brillaient d'une lumière tranquille, celle des femmes qui ont traversé l'enfer et qui en sont revenues.Elle était assise sur la terrasse, une tasse de thé à la main, regardant Marcus jouer dans le jard

  • ÉPOUSE-MOI, SAIGNE POUR MOI   ÉPILOGUE 5 : ROSA

    (Point de vue de Rosa)---Le jardin de sa sœur était la plus belle chose que Rosa ait vue depuis longtemps.Ce n'était pas un grand jardin. Un petit carré de terre derrière une maison modeste du New Jersey, entouré d'une clôture blanche écaillée par les années. Mais il y avait des roses, des hortensias, un potager où poussaient des tomates et des courgettes. Il y avait trois poules qui caquetaient dans un enclos, et un chat paresseux qui dormait sur le rebord de la fenêtre, indifférent au monde.Rosa passait ses matinées à désherber, à arroser, à ramasser les œufs. Ses mains, qui avaient passé tant d'années à pétrir la pâte et à touiller les sauces dans la cuisine glaciale du penthouse, retrouvaient la terre, le soleil, la vie. Elle n'aurait jamais cru que cela lui manquait autant. Elle avait passé près de cinquante ans au service des autres, à cuisiner pour des gens qui ne la regardaient pas, qui ne la remerciaient pas, qui ne voyaient en elle qu'un meuble parmi d'autres.Elle ne re

  • ÉPOUSE-MOI, SAIGNE POUR MOI   ÉPILOGUE 4 : LES FANTÔMES DU PASSÉ

    (Point de vue de Celeste)---Celeste Van Doren avait fui New York comme on fuit un incendie.Après la visite de Jordan, après avoir vu dans ses yeux cette haine pure, glaciale, définitive, elle avait compris qu'il ne lui restait plus rien dans cette ville. Son nom était souillé. Sa réputation était en lambeaux. Les amis de la famille s'éloignaient un par un, comme si la disgrâce des Van Doren était contagieuse. Elle avait vendu l'appartement de l'Upper East Side, liquidé la propriété des Hamptons, et s'était exilée en Europe.Elle avait choisi la Suisse, presque par hasard. Un pays neutre, discret, où personne ne posait de questions. Elle avait acheté un chalet sur les hauteurs de Gstaad, loin des regards, loin du monde. Elle y vivait seule, sans personnel, sans amis, sans famille. Elle avait coupé les ponts avec tous ceux qu'elle connaissait. Il n'y avait plus personne. Juste elle, le silence des montagnes, et les fantômes du passé qui la visitaient chaque nuit.Elle ne parlait plus

  • ÉPOUSE-MOI, SAIGNE POUR MOI   ÉPILOGUE 3 : LES AUTRES

    (Point de vue de Jordan)---Jordan Taylor n'était plus que l'ombre de lui-même.Le penthouse qui avait été le théâtre de sa vengeance, puis de sa déchéance, était devenu son tombeau. Il y vivait seul désormais, sans personnel, sans visiteurs, sans bruit. La femme de ménage qui venait deux fois par semaine avait fini par démissionner elle aussi, lassée de travailler dans ce silence de crypte. Il ne l'avait pas remplacée.Il passait ses journées dans son bureau, les rideaux tirés, entouré de fantômes. Le panneau coulissant était fermé à jamais. Il n'avait pas eu le courage de le rouvrir, pas eu la force d'enlever les photos, les articles, les notes qui avaient nourri sa haine pendant toutes ces années. Elles étaient toujours là, derrière le bois sombre, comme un cadavre dans un placard. Son cadavre à lui. Celui de l'homme qu'il avait été.Il ne travaillait plus. Taylor Industries tournait sans lui, pilotée par un conseil d'administration qui s'inquiétait de son absence prolongée mais n

  • ÉPOUSE-MOI, SAIGNE POUR MOI   ÉPILOGUE 2 : LE LIVRE

    (Point de vue d'Imelda)---L'automne arriva dans un flamboiement de couleurs.Les érables du Vermont se paraient d'or et de pourpre, le lac reflétait les montagnes comme un miroir, et l'air avait cette fraîcheur vive qui annonçait l'hiver. Imelda aimait cette saison par-dessus tout. Elle y voyait un symbole : les feuilles mouraient, mais c'était pour mieux renaître au printemps.Son livre sortit en octobre, sous le titre qu'elle avait choisi : Épouse-moi, saigne pour moi. La maison d'édition avait hésité, trouvant le titre trop sombre, trop provocateur. Imelda avait tenu bon. C'était son histoire. Elle la raconterait avec ses mots, pas avec ceux qu'on voulait lui imposer. Elle avait passé trop d'années à se taire, à subir les décisions des autres. Aujourd'hui, c'était elle qui décidait.Le lancement eut lieu dans une petite librairie de Burlington, loin des projecteurs de New York. Imelda avait insisté pour que l'événement reste intime. Pas de journalistes, pas de caméras. Juste des

  • ÉPOUSE-MOI, SAIGNE POUR MOI   ÉPILOGUE 1 : LA RECONSTRUCTION

    (Point de vue d'Imelda)---Le printemps arriva dans le Vermont comme une promesse tenue.Imelda regardait fondre les dernières neiges par la fenêtre du chalet, une tasse de thé fumante entre les mains. Les arbres nus se couvraient lentement de bourgeons, le lac gelé craquait et s'ouvrait par endroits, laissant apparaître une eau sombre et froide. Partout, la vie reprenait ses droits, obstinée, indomptable.Elle avait passé l'hiver à écrire, à marcher dans la neige, à apprendre le silence. Elle avait terminé son manuscrit, l'avait relu, corrigé, poli jusqu'à ce que chaque mot sonne juste. Elle l'avait envoyé à Chloé, qui l'avait envoyé à un contact dans l'édition, et les choses s'étaient enchaînées plus vite qu'elle ne l'aurait cru. Le livre sortirait à l'automne. Son histoire deviendrait publique. Cette idée lui faisait peur, mais c'était une peur qu'elle avait appris à apprivoiser.Marcus était arrivé la veille au soir, comme il le faisait un week-end sur deux. Il avait apporté des

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