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CHAPITRE 29 : L'INSTALLATION

Author: Livi015
last update publish date: 2026-05-02 08:36:07

(Point de vue d'Imelda)

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Le lendemain matin, on frappa à la porte de la chambre bleue.

Imelda savait ce qui l'attendait avant même d'ouvrir. Elle s'était réveillée tôt, le corps endolori, les draps tachés, un goût amer dans la bouche. Elle s'était levée avec des gestes lents, mécaniques, et s'était assise au bord du lit pour attendre. Elle n'avait pas pleuré. Elle n'avait plus de larmes.

Elle ouvrit la porte.

Madame Delacroix se tenait dans le couloir, le plateau à la main. Le même verre d'e
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    (Point de vue d'Imelda)---Un moi s'était écoulé depuis la nuit de noces. Un moi de silence, de nuits vides dans la chambre bleue, de plateaux apportés par Rosa, de regards fuyants du personnel. Imelda avait cessé de compter les jours. Elle survivait, c'est tout. Respirer, manger un peu, dormir mal, recommencer.Ce matin-là, on frappa à sa porte.Ce n'était pas Rosa. Le coup était sec, professionnel, dépourvu de la douceur de la vieille cuisinière. Imelda se redressa dans son lit, le cœur battant.« Entrez. »La femme au chignon strict pénétra dans la chambre bleue. Elle tenait une tablette et portait le même tailleur sombre que lors de leur première rencontre. Son visage était toujours aussi impassible.« Madame Taylor. Monsieur Taylor vous demande de l'accompagner ce soir à un dîner professionnel. La voiture viendra vous chercher à dix-neuf heures. »Imelda cligna des yeux. « Un dîner ?— Oui. Des vêtements vous seront livrés dans l'après-midi. Une coiffeuse et une maquilleuse vien

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    (Point de vue d'Imelda)---Les jours qui suivirent la révélation se fondirent en une brume indistincte.Imelda ne savait plus si c'était mardi ou vendredi, matin ou après-midi. Le temps avait perdu ses contours. Les heures coulaient, informes, et elle flottait à l'intérieur, spectatrice passive de sa propre existence.Elle passait ses journées dans la chambre bleue. Pas par obligation. Personne ne l'y enfermait. Elle aurait pu sortir, marcher dans le couloir, s'asseoir dans le salon, ouvrir la bibliothèque. Mais à quoi bon ? Chaque pièce de cet appartement était imprégnée de lui. Du canapé où ils avaient ri ensemble. De la table où il l'avait regardée manger. De la fenêtre devant laquelle il l'avait tenue, la veille du mariage, en lui murmurant qu'il ne la laisserait jamais tomber.Mensonges. Tout était mensonges.Elle s'asseyait sur le lit, adossée aux oreillers, et fixait le mur bleu sans le voir. Parfois, elle tournait la tête vers la fenêtre. La ville était toujours là, scintilla

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