La route de Versailles défilait sous la voiture à une vitesse qu'elle ne surveillait pas.Les mains de Vivienne effleuraient le volant. Son visage, dans le rétroviseur, était serein et impassible.Elle laissa échapper un petit rire.C'était un rire intime, bas et posé, le rire d'une femme qui, dans le calme de son for intérieur, avait pris une décision et qui l'avait trouvée éclairante.« Je ne peux pas te laisser partir, Étienne », murmura-t-elle, s'adressant au pare-brise, à la route, et à personne d'autre. « Tu es à moi. » Elle le dit avec la certitude calme et sereine de celle qui a cessé de demander la permission.---Le domaine des Beaumont, à Versailles, s'éveilla lentement.La salle à manger principale donnait sur le jardin et les rayons du matin pénétraient par les vitres, formant de longs rectangles paisibles. Geneviève était assise en bout de table, son thé à la main. Les jumeaux étaient arrivés à table en uniforme scolaire, débordant d'énergie à peine contenue, comme des e
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