ElénaSeule.Enfin seule.Les autres sont partis, les amis de passage, les collectionneurs, les curieux. L'exposition a fermé ses portes il y a deux heures, mais je suis restée. Comme toujours. Comme à chaque vernissage. Quand les gens s'en vont, la peinture reste. Et moi avec elle.L'atelier est immense, trop grand pour une seule personne. Des toiles partout, contre les murs, empilées, accrochées, certaines encore sur les chevaux. Des couleurs violentes, des formes tordues, des corps qui s'étreignent ou se déchirent.Mon théâtre. Ma prison. Ma maison.Je me verse un verre de vin. Rouge, épais, presque noir. Je bois une longue gorgée sans goûter. Le vin n'a pas de goût depuis des semaines. Rien n'a de goût.Mes yeux tombent sur la toile commencée hier. Une ébauche, des traits, des ombres. Trois corps. Non, deux corps. Non, un corps dédoublé, déchiré, qui se cherche.Le sien.Celui que j'ai appris par cœur, centimètre par centimètre. La courbe de sa hanche, la douceur de son ventre, la
Last Updated : 2026-04-13 Read more