CamilleSes lèvres ont le goût de la peinture et du scandale. Un goût âcre, minéral, celui de la terre retournée, des pigments broyés, des choses cachées mises à nu. Un goût de mensonge devenu vérité physique, charnelle.Je réponds. Ma bouche s’ouvre sous la sienne comme une blessure consentante. Mes mains, encore souillées, se hissent à son cou, s’accrochent à la toile rugueuse de son pull, y laissant des empreintes digitales écarlates. Des marques. Je la marque. L’idée, fugace, insensée, me traverse comme une décharge : je la possède autant qu’elle me possède.Elle gémit, un son rauque qui vient du fond de la gorge, et ses mains s’agrippent à mes hanches, me tirant du tabouret. Nous trébuchons, un ballet désaxé de corps qui s’entrechoquent, vers le canapé défait couvert de draps tachés. L’odeur ici est encore plus forte : sa sueur, son essence, l’odeur âcre du linseed oil et du sexe ancien.Nous tombons sur les draps froissés. Le choc fait jaillir un nuage de poussière de pastel. El
Última actualización : 2025-12-07 Leer más