ELENALa nuit ne nous libère pas.Elle nous enferme.Elle referme ses mâchoires invisibles autour de nous, étouffe les issues, ralentit le temps jusqu’à le rendre poisseux. Chaque seconde s’étire, lourde de ce qui n’a pas été dit, de ce qui brûle encore sous la peau.La fenêtre est toujours là, noire, muette, témoin de notre trêve fragile. La ville n’est plus qu’un amas de lumières lointaines, indifférentes à la tempête contenue dans cette pièce. Son bras est autour de moi, solide, chaud, ancré. Et pourtant, je sens que rien n’est apaisé. L’incendie n’est pas éteint. Il a simplement cessé de rugir. Il couve. Il attend.Je me détache lentement, à regret, comme on arrache une brûlure encore vive. Le froid me mord aussitôt, brutal, presque vexé d’avoir été tenu à distance si longtemps. Je me tourne vers lui. Il ne me lâche pas du regard. Pas une seconde. Ses yeux me suivent comme s’il craignait que je me dissolve si sa vigilance faiblissait.— Tu trembles.Je baisse les yeux une fraction
Terakhir Diperbarui : 2026-01-21 Baca selengkapnya