Le lendemain matin, Nahara se réveilla avec cette sensation étrange que l’on éprouve après avoir traversé une nuit trop dense : le corps était là, fonctionnel, mais l’esprit semblait encore suspendu entre deux états. Elle resta allongée quelques minutes, les yeux ouverts, à écouter le silence de l’appartement. Il n’était pas apaisant. Il était chargé. Comme si tout ce qui n’avait pas été dit la veille s’y était accumulé. Elle se leva finalement, se prépara sans hâte. Aucun geste n’était précipité, mais aucun n’était superflu. Elle avait compris quelque chose de fondamental : ce n’était plus la vitesse qui la sauverait, mais la justesse. Lorsqu’elle entra au Moretti Palace, elle sentit immédiatement que l’atmosphère avait changé. Pas de manière spectaculaire. C’était plus subtil, plus pernicieux. Les regards ne se détournaient plus aussi vite. Certains s’attardaient, d’autres semblaient jauger, comparer, recalculer. Elle n’était plus seulement une présence compétente. Elle était deve
Last Updated : 2026-01-04 Read more