Je ne refermai presque pas l’œil cette nuit-là. Mon corps était allongé sur le lit, mais mon esprit, lui, courait encore dans ce couloir, hors du bureau du curé, loin de ses mots, loin de sa main sur ma cuisse, loin de cette maison où j’étais entrée pleine d’hésitation et d’où j’étais ressortie avec une peur nouvelle.Le jour finit par se lever, mais moi, j’avais l’impression d’avoir vieilli de plusieurs mois en une seule nuit.Je regardais le plafond, mes yeux fatigués, et je me répétais sans cesse la même chose : je dois partir. Cette fois, ce n’était plus une menace lancée sous la colère, ni un caprice de jeune fille blessée. C’était une certitude. Un besoin. Une urgence presque.Je n’étais plus en sécurité dans cet internat.Et le pire, c’est que je n’avais même plus envie de comprendre qui était réellement contre moi, qui mentait, qui manipulait qui. Je voulais juste m’en aller.Autour de moi, les filles dormaient encore. Le dortoir était calme. J’entendais seulement les respirat
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