Je pensais que Yulia était une piètre femme de chambre, mais c’était avant de l’avoir pour infirmière. Elle a gonflé l’oreiller sous ma tête comme si elle pétrissait une boule de pâte, m’arrachant au passage une mèche de cheveux.Lui lançant un regard empreint de rancœur, je me suis reculée pour l’éviter. « Merci, mais mon oreiller est très bien comme ça. »Elle a haussé un sourcil avant de détourner le regard avec une moue espiègle pour s’affairer autour du plateau-repas posé sur ma table de chevet.« Je n’ai pas faim », ai-je déclaré.Elle m’a ignorée et s’est appliquée, avec une certaine théâtralité, à ajouter du sucre dans mon thé. Comme si je devais un jour boire du thé à nouveau.J’étais clouée au lit depuis deux jours et, à chaque seconde qui s’écoulait, je supportais de moins en moins cette immobilité forcée. La seule chose qui me retenait là était la certitude que quelqu’un, dans cette maison, me haïssait au point de m’avoir empoisonnée. Et, par-dessus tout, une petite voix in
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